Société
RDC : TRANSCO dotée d’un 2ème lot de 110 bus
Le ministre des Transports et voies de communication, Didier Mazengu, a remis lundi 30 décembre 2020 au directeur général de l’entreprise TRANSCO, un deuxième lot de 110 bus, lors d’une cérémonie officielle au port de Boma en présence du gouverneur de province, Atou Matubuana Nkuluki, et des agents de cette entreprise de l’Etat.
Le ministre Didier Mazengu cité dans une dépêche de l’Agence Congolaise de Presse, a profité de cette occasion pour remercier le Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour avoir décrété 2020 année d’actions par la concrétisation de ce qui était considéré comme un rêve, devenu aujourd’hui une réalité.
Sur 440 bus acquis par le gouvernement pour l’entreprise TRANSCO afin de répondre efficacement au besoin de mobilité de la population congolaise en général et kinoise en particulier, 220 sont déjà à la disposition de cette entreprise, a-t-il souligné, ajoutant qu’un autre lot de 110 bus pourra arriver le 27 décembre 2020, pour compléter le reste le 27 janvier 2021. Aussi, a-t-il rassuré que ces bus ne vont pas servir uniquement la ville-province de Kinshasa mais également les autres provinces.
Il a demandé à la direction de TRANSCO de gérer ce patrimoine avec un sens de responsabilité et d’efficacité afin de pérenniser cette entreprise de l’Etat.
Le Dg Blackson Bongi de TRANSCO, dans la même dépêche de l’ACP, a exprimé sa gratitude au Chef de l’Etat ainsi qu’au gouvernement pour cette acquisition qui relève cette entreprise de la situation difficile dans laquelle elle se trouvait.
Ces bus de marque Volvo B270F sont dotés d’un système de comptabilisation des passagers et d’un système de renouvellement d’air avancé. Par ce fait, ces véhicules vont contribuer à maximiser les recettes et répondre aux exigences sanitaires de l’heure.
MUAMBA MULEMBUE CLÉMENT/CONGOPROFOND.NET
Société
Entrepreneuriat féminin en RDC : Grâce Shako appelle les femmes à « oser agir sans attendre les conditions parfaites »
Grâce Shako Kibushi, coordonnatrice de l’ONG Leadership de la Femme des Médias (LFM) et coach en leadership stratégique, a accordé, samedi 2 mai 2026, à Kinshasa, une interview à CONGOPROFOND.NET, autour du thème : « Comment l’entrepreneuriat contribue à l’émancipation économique des femmes ». Elle a appelé les femmes à prendre leur place sans demander la permission, les encourageant à oser entreprendre, à croire en elles et à ne plus attendre les conditions parfaites pour agir.
Journaliste de formation à l’UNISIC ex IFASIC, Grâce Shako Kibushi est également conférencière et consultante engagée en République démocratique du Congo. Depuis 2022, elle travaille dans les médias (radio et télévision) à Kinshasa et intervient comme conférencière sur le leadership féminin, les médias et l’engagement citoyen. Elle accompagne plusieurs organisations dans la gestion des projets liés aux droits des femmes et coordonne l’ONG Leadership de la Femme des Médias (LFM), qui promeut un journalisme sensible au genre.

Son engagement pour l’autonomisation des femmes et la justice sociale lui a valu, en 2023, le prix Mwasi Motomboli Mboka, d’où sa devise « le leadership n’est pas qu’une question de positionnement, mais d’influence. »
CONGOPROFOND : Est-ce que l’entrepreneuriat renforce la place des femmes dans la société ?
Grâce Shako : Franchement oui. Je ne parle pas de manière théorique. Je le vois tous les jours.
Une femme qui commence à entreprendre, même petit… déjà dans sa tête, il y a quelque chose qui change. Elle ne se voit plus de la même manière. Elle commence à prendre des décisions, à gérer, à négocier… et ça, ça change tout.
Et puis en RDC surtout, soyons honnêtes, quand une femme a de l’argent ou une activité qui tourne, son entourage ne la regarde plus pareil. Elle est plus écoutée. Même dans la famille.
Moi j’aime bien dire que l’entrepreneuriat, ce n’est pas seulement gagner de l’argent… c’est aussi prendre sa place sans demander la permission.
CONGOPROFOND : Quelles qualités une femme doit avoir pour entreprendre ?
Grâce Shako : il y en a beaucoup. Mais si je dois parler simplement…Déjà, il faut être forte mentalement. Parce que ce n’est pas facile. Il y a des jours où rien ne marche.
Il faut aussi accepter d’apprendre. Beaucoup de femmes pensent qu’elles doivent déjà tout savoir avant de commencer… alors que non. Tu apprends en avançant. Et puis franchement… la confiance en soi. Ça, c’est un gros problème chez nous. Il y a des femmes très capables, mais elles doutent tellement qu’elles n’osent même pas se lancer.
Et aussi, il faut savoir demander de l’aide. Aller vers les aînés, vers celles et ceux qui ont déjà de l’expérience, qui ont déjà fait le chemin… chercher des conseils, des retours, même des corrections. Ça fait gagner du temps et ça évite beaucoup d’erreurs.
Et un point que moi je défends beaucoup, surtout avec mon ong LFM : savoir parler de ce que tu fais. Parce que tu peux avoir un bon projet… si personne ne sait que tu existes, ça ne sert à rien.
CONGOPROFOND : partant de votre expérience, quels peuvent être des obstacles en RDC ?
Grâce Shako : Il y en a beaucoup. Déjà, l’argent. Ça c’est clair. Accéder au financement, c’est compliqué. Mais moi je vais être honnête… ce n’est pas seulement ça le problème.
Il y a aussi le regard des autres. Une femme qui entreprend, on va toujours trouver quelque chose à dire : “elle est trop visible”, “elle néglige ceci”, “elle fait trop, elle se prends la tête, ce n’est pas la place d’une femme, elle dirige les hommes, etc… ce genre de stéréotypes
Et puis il y a le manque de réseau. Beaucoup de femmes sont seules dans leur coin. C’est pour ça que moi je crois beaucoup aux communautés. Quand tu es entourée, tu avances différemment. Tu as des infos, des opportunités, du soutien. Parce que seule… tu peux tenir un moment, mais tu t’épuises vite.
Propos recueillis par Suzanne Ngulandjoko
