Actualité
Sele Yalaghuli : « Pourquoi bloquerais-je le président et pour en obtenir quoi ? »
Face aux allégations de l’UDPS, à travers son secrétaire général Augustin Kabuya, et celles du conseiller de chef de l’État, Marcelin Bilomba ainsi que d’autres bouches, l’accusant de bloquer le président de la République, le ministre des Finances, Sele Yalaghuli, est sorti de son silence pour éclairer l’opinion. C’était au cours d’une émission débat sur la radio Top Congo FM ce vendredi 13 novembre 2020.
De dépassements budgétaires à la présidence au blocage du dossier passeport, ainsi que du traitement du président de la République honoraire, Sele Yalaghuli a balayé toutes ces questions. La rédaction de CONGOPROFOND.NET vous en propose quelques extraits.
« La reddition des comptes fait partie des prérogatives constitionnelles du ministre des Finances… Les équipes du ministère se sont déployées au mois de mars. Le document a été transmis à la Cour des comptes le 2 novembre… »
« Les discussions techniques sur la reddition des comptes se tiennent à la Commission Ecofin de l’Assemblée nationale. C’est à ce niveau que la Cour des comptes donnera ses avis et ceux qui ont des choses à contester pourront le faire à ce niveau ».
« Le ministre des Finances rend compte aux deux chambres du Parlement, qui est l’autorité budgétaire. Elle vise à évaluer les dépenses et corriger éventuellement certaines choses avant l’adoption de la prochaine loi de Finances. Il faut lire les textes… »
*Traitement du président de la République honoraire* : « Ce n’est pas l’affaire du ministre des Finances. C’est une prévision faite par le ministère du Budget et votée dans la Loi de Finances par le Parlement »
« L’exercice de reddition des comptes c’est un exercice de rétablissement de la vérité. Il ne s’agit pas d’accuser les gens d’avoir fait les dépassements. Le document a été déposé le 2 novembre à la Cour des comptes et le même jour à la Présidence ».
« La Cour des comptes a fourni des avis. Elle a été bel et bien saisie. Elle dit attendre de verser ses avis techniques et faire la certification lors des travaux en commission au Parlement ».
Rémunérations : « Toutes les dépenses contraignantes sont bel et bien rencontrées même si ça se fait parfois avec un certains décalages ».
« Pourquoi je bloquerais le Président et pour en obtenir quoi? J’en ai parlé avec le Président à plusieurs reprises. Je n’ai pas reçu mandat de mon parti de bloquer le Président de la République. Je joue mon rôle constitutionnel… »
« J’ai fait ma part dans le dossier de passeport, il y a trop longtemps. J’ai reçu le document un jeudi et j’ai signé un lundi ».
« Les militaires sont payés en priorité depuis que je suis là, ensuite la police, les enseignants, les médecins et à la fin les membres des cabinets ».
« Au moment où je vous parle en tant que ministre des Finances, je n’ai jamais reçu le rapport de l’IGF sur les exonérations illégales. Comment je dois annuler les exonérations illégales ? »
« Le salaire de Joseph Kabila doit être autour de 400 millions de francs congolais le mois, le chiffre de 680 mille dollars américains est archifaux ».
« Les anciens Premiers ministres touchent l’équivalent d’environ 10 000 dollars. Je ne peux être de mauvaise foi, Je n’ai pas reçu mandat du parti ou de mon regroupement pour bloquer l’action du Chef de l’Etat ».
Jolga Luvundisakio/CONGOPROFOND.NET
Politique
RDC : Andy Bemba évoque « La formation plus rapide du gouvernement et la réduction de sa taille » comme l’une des raisons principales de la réforme constitutionnelle
Le débat sur la révision constitutionnelle rebondit dans le paysage politique congolais. Pour Andy Bemba, président national du parti Nouvelle Pensée(NP), la question ne se limite pas à des ajustements techniques : il s’agit de repenser l’efficacité de l’État face aux urgences du pays.
« L’une des raisons pour lesquelles il nous faut revoir notre Constitution, c’est la nécessité d’une formation rapide du gouvernement et d’une réduction de sa taille », déclare-t-il. Selon lui, l’architecture actuelle ralentit la mise en place des équipes gouvernementales et alourdit le fonctionnement de l’exécutif.
Andy Bemba défend l’idée d’un « État plus léger, plus efficace et moins coûteux ». Dans sa logique, une équipe gouvernementale resserrée permettrait de réduire les dépenses de fonctionnement tout en accélérant la prise de décision. « Cela permettrait une meilleure gouvernance et des décisions plus rapides face aux défis du pays », insiste-t-il.
Le leader de Nouvelle Pensée pointe un problème récurrent : les longs délais de formation des gouvernements après les élections ou les remaniements. Ces périodes de transition, dit-il, bloquent l’action publique alors que les besoins en matière d’infrastructures, de sécurité, d’éducation et de santé restent urgents. Un exécutif plus restreint, avec des portefeuilles clairement définis, éviterait selon lui les chevauchements de compétences et les blocages politiques.
Au-delà de la taille, c’est la logique de gestion de l’État qui est visée. Andy Bemba estime qu’un gouvernement pléthorique génère des coûts inutiles qui pèsent sur le budget national sans garantir de meilleurs résultats. « Moins coûteux » ne signifie pas moins ambitieux, précise-t-il, mais plus rationnel dans l’allocation des ressources humaines et financières.
Cette position s’inscrit dans un débat plus large sur la réforme des institutions. Plusieurs acteurs politiques et de la société civile réclament depuis des années une rationalisation de l’appareil d’État pour le rendre plus réactif. Pour Andy Bemba, la Constitution doit encadrer ces changements afin d’éviter que la formation du gouvernement ne devienne un marchandage politique au détriment de l’intérêt général.
L’enjeu, conclut-il, est de donner au pays un exécutif capable d’agir vite et bien selon les besoins de la population. Dans un contexte où les défis économiques et sécuritaires s’accumulent, « La rapidité et l’efficacité ne sont plus un luxe, mais une nécessité ».
La proposition relance la question : la révision constitutionnelle doit-elle se limiter à des aspects politiques ou intégrer une réforme profonde du fonctionnement de l’État?
Blaise ABITA ETAMBE
