Actualité
Limogé de la BBC, Jacques Matand : «Ils m’ont ravi la nourriture, mais ne m’ont pas coupé l’appétit…»
Jacques Matand, journaliste congolais licencié par la BBC Afrique dans l’affaire de l’interview réalisée avec le Franco-Camerounais Charles Onana sur son livre polémique qui tacle le président rwandais à propos du Génocide des Tutsi, a tenu un point de presse ce mercredi 26 août 2020 au siège de l’UNPC.
Au cours de ce point de presse, l’ancien journaliste de la chaîne britannique BBC Afrique a rendu ses vibrants remerciements à la presse congolaise pour le soutien lui apporté durant la triste période de son licenciement arbitraire.
« C’est dans les moments difficiles qu’on reconnaît des vrais amis, c’est encore plus vrai dans une corporation comme la nôtre où nous connaissons parfois des moments assez douloureux et qu’il est toujours réconfortant de savoir que les vôtres vous soutiennent », a d’entrée de jeu indiqué Jacques Matand lors de sa prise de parole.
Devant les cadres de l’Union Nationale de la Presse Congolaise, dont le Vice-président de la commission de la Carte, Richard Kamunga, ainsi que le secrétaire général de ladite commission, Jean-Marie Basa, le journaliste limogé par BBC est revenu, par litote, sur les conditions « brusques » qui ont provoqué son départ de la BBC.
« … Quand quelque chose arrive de manière inattendue, il faut prendre le temps de digérer pour ne pas tomber dans le déni». Et de poursuivre: « du jour au lendemain, vous venez au travail, on vous dit que votre travail est fini, prenez vos affaires et partez ! ».
Pour des raisons judiciaires, Jacques Matand a esquivé d’aborder les questions relatives à son limogeage car, dit-il, que l’affaire est sous instruction suivie par son avocat au Sénégal.
« Les raisons sont telles qu’abordées par mon employeur (BBC) même si la plainte rwandaise est inexistante. Allez-y comprendre en tant qu’analystes et journalistes, mais pour l’instant, je ne peux rien dire de plus. »
En attendant l’épilogue de cette affaire, Jacques Matand annonce le lancement officiel, pour très bientôt, d’un site d’informations et communications ainsi que plusieurs projets dans le domaine des sciences de l’information et de la communication.
Notons que la BBC reproche à Matand le non-respect de la politique éditoriale de la chaîne en abordant un sujet de controverse sans impartialité. C’est ainsi que BBC limogea Matand le 07 février 2020 alors que l’interview avait été réalisée et publiée le 20 novembre 2019.
Pour la rédactrice en chef de BBC Afrique, cette sanction disciplinaire résulte d’une plainte des autorités rwandaises à l’encontre de la chaîne pour avoir été « injuste, biaisée, et inexacte » dans les faits.
Par contre, Jeune Afrique, après avoir mené les investigations auprès du gouvernement rwandais, renseigne qu’aucune plainte n’avait été articulée à l’endroit de BBC qui aurait simplement lâché son employé sous des manœuvres d’une main noire.
Sain Jean-Eude’s Miense/CONGOPROFOND.NET
Politique
DPS Kwango : Jean Dilonga affirme avoir refusé des tentatives de corruption liées à un dossier de détournement
Le dossier de détournement et malversations au sein de la Division provinciale de la Santé qui a secoué notamment des responsables des Programmes spécialisés de santé publique a risqué de s’enterrer et d’être classé « sans suite ». Cette situation est monnaie courante au Kwango, où certains médecins érigés en chefs coutumiers à la tête de certains programmes ont eu l’habitude de corrompre les autorités pour garder les postes et même monter en grade au grand dam des faits parfois tangibles.
Les gris-gris de Kimafu n’ont pas fonctionné cette fois
Quatre médecins chefs de programmes ont été mis en cause : Dr Deo Lulengwa, coordonnateur du Programme National pour la santé sexuelle et de la reproduction (PNSR), est accusé d’avoir détourné une importante somme d’argent et des matériels (ordinateurs, médicaments, etc). Il a détourné 19.000 ampoules de Carbétocine, une molécule destinée aux femmes. Dr Lulengwa, en lieu et place d’utiliser le médicament dans le cadre du programme, a choisi de le vendre et se faire de l’argent.
Il n’a organisé aucune activité de supervision des activités de son programme alors qu’il est financé par les partenaires ; Dr Serge Kandi (coordonnateur provincial du Programme National de Lutte contre les Maladies Tropicales Négligées à Chimiothérapie Préventive MTN-CTP) a été audité autour d’une fuite d’information sur l’utilisation des fonds du partenaire End-Fund Ufar.
L’audit a donc révélé un vol de 18.000 $ destinés à la formation de formateurs ; Dr Théo Kulonda (coordinateur du Programme National de Transfusion Sanguine, PNTS) est reproché de mégestion et de détournement des fonds. Selon l’inspecteur provincial de la santé, son programme ne fonctionne pas. Il est inexistant. Pas d’activités, il s’est transformé en commerçant des poches de sang et se fait du fric.
Il y a aussi Dr Abbé Marc Lukanzu, médecin et prêtre du diocèse de Kenge qui a reçu la charge de conduire la coordination provinciale du programme national de santé de l’adolescent (PNSA). Il lui est reproché des erreurs minimes d’administration. Il a été recadré et orienté. Il reste le seul jugé clean parmi les médecins audités.
Dr Lulengwa, Kandi et Kulonda ont écopé d’une suspension et sommés de restituer les sommes et les matériels détournés avant d’espérer la réintégration. Les autorités provinciales sont déterminées à piocher jusqu’au dernier voleur de la DPS pour éradiquer le mal dans la système de santé au Kwango dont la qualité de soins de santé ne bouge jamais d’un iota malgré l’implication des pouvoirs publics et des partenaires techniques et financiers, à cause des détournements protégés des complices et des marabouts. C’est un empire qui s’effondre !
Selon des informations à notre possession, les médecins visés par l’audit de l’inspection provinciale de la santé du Kwango sont revenus à la charge. Des sommes d’argent ont circulé pour convaincre certaines autorités à taire le dossier. Le chef de l’Inspection provinciale de la santé du Kwango, M. Jean Dilonga, a confié à CONGOPROFOND.NET que certaines personnes l’ont contacté avec des enveloppes à la clé pour obtenir l’enterrement du dossier.
« J’ai refusé tous les avantages en nature comme en argent qui m’ont été présentés par ces médecins qui sont venus me corrompre », a-t-il dit. M. Dilonga a révélé qu’il a été plusieurs fois contacté au téléphone et reçu des visites à sa résidence pour effacer le dossier.
« L’impunité ne régnera pas toujours », a-t-il pensé, renvoyant « les corrupteurs les mains vides. » En l’en croire, il faut que cet empire de voleurs s’effondre.
Émile Yimbu
