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Beni : 12.400 familles d’agriculteurs reprennent petit à petit leurs champs dans le Mayangose après la chute de plusieurs bastions ADF

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Abandonnée depuis environ 5 ans à la suite des tueries menées par des hommes armés dans la région de Beni, la zone de Mayangose, située à l’extrémité du parc national de Virunga dans la province du Nord-Kivu, commence petit à petit à renaitre. Les forces armées de la RDC y ont mené des vastes opérations contre le groupe armé de l’Alliance forces démocratique (ADF), ayant abouti à la reconquête de plusieurs campements notamment La Haye, Kididiwe et Mwalika. Ce, après que ces derniers se retranchent dans la foret du parc de Virunga.

L’unité de génie militaire d’appui aux opérations a tracé une route de desserte agricole menant de Kasinga vers Kididiwe, tronçon de plus ou moins 12 kilomètres déjà praticables, bien que non encore ouvert aux civils.

Un des principaux greniers du Nord-Kivu abandonné

Bien que l’armée dit avoir le contrôle total de cette zone, il y a encore de l’incertitude qui pèse au sujet de ces agriculteurs. D’où l’accès n’est pas total dans tous les villages de Mayangose.

Les agriculteurs ont repris leurs activités à partir de Malolu 46 jusqu’à Mwalika dans la chefferie de Bashu, mais hésitent encore de les reprendre à Mabambila, Kadou, Kause, Bamale, Vemba 1 et 2 jusqu’à Masulukwede, où les effectifs des militaires semblent être réduits, a indiqué Nestor Basihanirya, président des agriculteurs de Mayangose.

Ce dernier demande aux autorités de renforcer les troupes les militaires dans toute cette zone en vue d’empêcher l’ennemi de se reconstituer et  permettre aux populations ayant abandonné leurs champs d’y revenir sans inquiétude.

Plusieurs plantes, convient-il de rappeler, étaient cultivées dans la zone de Mayangose, principalement le café, le cacao, la papaye, le riz, les bananes, le haricot, maïs, arachides,…

Mayangose est l’un des principaux greniers de la province du Nord-Kivu du fait que les produits y récoltés font vivre les familles de la ville et territoire de Beni, de la ville de Butembo et parfois même la ville de Goma, chef-lieu de la province.

En outre, le bourgmestre de la commune de Ruwenzori, Mbwarara Kanume Aloyse, se félicite des efforts de l’armée dans la restauration progressive de l’autorité de l’Etat et le retour de la population dans leurs champs. Il témoigne des exploits de l’armée congolaise depuis le lancement des opérations de « grande envergure » depuis le 30 octobre 2019.

Une économie ruinée par ce conflit armé

Les cultivateurs ont commencé à abandonner leurs champs dans la zone de Mayangose depuis les premières tueries de la population dans le quartier Ngadi et Nzuma en ville de Beni (dont les grands espaces sont occupés par des champs) le 15 octobre 2014, lorsque 33 personnes étaient exécutées par armes blanches. Terribles actes attribués au groupe armé ADF par les autorités.

Malgré les efforts consentis par les autorités militaires pour stopper cette menace des groupes armés, les violences se sont enchainées dans toutes cette zone où on dénombre actuellement près de 325 morts depuis le 15 octobre 2014 jusqu’au 22 septembre 2019. Ceci sans compter des disparus qu’on ne sait pas compter parmi les morts ou les vivants.

Quelques mois après la reprise des zones comme Kididiwe, Mwalika et La Haye par l’armée nationale, des civils s’empressent pour relancer les activités champêtres dans des zones non encore autorisées officiellement d’y accéder, tout en espérant de relever leur économie tombée en faillite suite à ce conflit armé.

Le panier de la ménagère souffre encore dans cette région. Plus de 74 400 personnes, reparties en 12 400 familles en moyenne de 6 membres par ménage, vivaient dans le Mayangose.

Il s’agit des familles habitants la ville et territoire de Beni qui s’y rendaient le matin pour les activités de champs et retourner en ville le soir. Environs 30% de ces gens venaient déjà de déménager vers cette zone. Il s’agit en majorité des gens venues de l’extérieur de la ville de Beni ou alors ceux qui ont beaucoup des travaux à réaliser urgemment dans des champs au cours d’une période bien déterminée selon chacun.

Delphin Mupanda

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« Descendez au refuge ! » : À Kyiv, j’ai vécu 2 alertes aériennes qui m’ont fait comprendre le quotidien des Ukrainiens sous les bombes (Carnet de voyage CONGOPROFOND.NET)

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Pendant 3 heures d’échanges riches et passionnants avec des universitaires, des diplomates et des journalistes, nous avons eu l’opportunité exceptionnelle de découvrir les initiatives académiques et scientifiques portées par l’Ukraine en direction de l’Afrique, grâce au précieux accompagnement du Centre d’études africaines de l’Université nationale Taras Chevtchenko et de nombreux partenaires engagés.

Mais au-delà des discussions scientifiques et diplomatiques, c’est une expérience humaine forte qui marquera durablement ma mémoire.

Quand les sirènes interrompent la science

Alors que les échanges se déroulaient dans une atmosphère studieuse et conviviale, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 2 reprises. À chaque fois, nous avons dû interrompre la conférence pour rejoindre en urgence un refuge anti-bombes.

Ces moments ont suscité en moi des émotions intenses. Descendre dans un abri souterrain alors que l’on participe à une conférence universitaire est une expérience qui dépasse l’imagination de ceux qui vivent loin du conflit. Cette réalité, je ne l’avais jusqu’alors observée qu’à travers les médias. La vivre personnellement m’a permis de mieux comprendre les conditions actuelles de l’Ukraine et les défis quotidiens auxquels les Ukrainiens sont confrontés depuis le début de l’agression russe.

Sur le chemin menant au refuge, une question me traversait l’esprit. J’ai alors demandé à notre hôte si les frappes russes visaient uniquement des objectifs militaires. Sa réponse fut aussi simple que percutante : « Que faut-il en penser lorsque nous sommes obligés, avec des étudiants et des chercheurs, de descendre dans un abri anti-bombes alors que nous discutons de science ? »

Cette interrogation résume à elle seule la réalité d’un pays où la guerre s’invite jusque dans les amphithéâtres, les salles de conférence et les espaces dédiés au savoir.

Le courage d’informer malgré la guerre

 

Cette visite a également été marquée par la présence d’une importante délégation de journalistes africains. Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de mes confrères venus de plusieurs pays du continent. Leur décision de se rendre en Ukraine en cette période particulièrement difficile témoigne d’un véritable engagement envers la recherche de la vérité et la compréhension des réalités du terrain.

Choisir de visiter un pays en guerre ne relève pas seulement du devoir professionnel ; cela exige aussi une part importante de courage personnel. Leur détermination à voir l’Ukraine de leurs propres yeux mérite d’être reconnue.

Cette visite m’a permis de découvrir une autre facette de l’Ukraine : celle d’un peuple qui continue d’enseigner, de rechercher, d’innover et de dialoguer avec le monde malgré les menaces permanentes. J’espère sincèrement que cette expérience contribuera à une meilleure compréhension des réalités que vivent quotidiennement les Ukrainiens et renforcera les liens entre l’Afrique et l’Ukraine dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la coopération internationale.

Une expérience qui rapproche l’Afrique et l’Ukraine

Au cours de cette tournée de presse, des journalistes venus du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont eu l’opportunité de couvrir les activités organisées à l’Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv et de découvrir de près la réalité ukrainienne. Leur présence a donné à cette mission une dimension véritablement panafricaine, favorisant les échanges d’expériences et le partage de regards sur les défis contemporains auxquels fait face l’Ukraine.

Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Saleck Zeid, Josiasse Assemon, Arnauld Kassouin, Aliya, Mohamed Diop, Robert Kra, Bernadette Ayelo Ablavi Ayibe, Paul Joel Kamtchang, Mor Amar, Eddy Tshiala Katala qui ont participé à cette tournée de presse en Ukraine. Leur professionnalisme, leur courage et leur volonté de témoigner des réalités du terrain ont contribué au succès de cette mission et à une meilleure compréhension mutuelle entre nos peuples. Ensemble, nous avons vécu une expérience marquante qui restera gravée dans nos mémoires bien au-delà de ce voyage.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET

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