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Beni : l’Asadho alerte sur le surpeuplement de la prison de Kangbayi
Dans son communiqué de presse publié le jeudi 9 juillet 2020, l’Association africaine de défense des Droits de l’Homme (Asadho) déplore le surpeuplement de la prison centrale de Kangbayi à Beni dans la province du Nord-Kivu pendant cette période de Covid19.
Cette Association alerte les autorités ayant en charge les prisons, sur les conditions de détention et la situation déplorable dans lesquelles sont placés les détenus.
Le constat est «amère» pour cette structure. Loin d’être des lieux de rééducation et de correction, s’indigne l’Asadho, les prisons en RDC sont devenues des lieux où les droits humains des détenus sont massivement «violés».
Au delà du surpeuplement vécu dans des lieux de détention et ses conséquences sur le plan sanitaire en cette période de Covid-19, les détenus n’ont pas à manger, pas des soins de santé appropriés. Aucune subvention de l’État n’est permanente aux fins d’assister les prisonniers, sur tous les plans. Et l’Asadho signale des des décès découlant de ces conditions effroyables de detenus.
L’Ond de défense des Droits de l’Homme révèle, dans son monitoring mené le 8 juillet dernier à la prison de Kangbayi, un tableau sombre de cet établissement pénitentiaire. Elle évoque des conditions très inquiétantes dans lesquelles ses locataires sont placés.
La prison de Kangbayi était construite avec une capacité d’accueil de 250 détenus. Mais actuellement, elle héberge plus de 1.483 détenus, dont 80 femmes, poursuit ce communiqué.
Le surpeuplement des détenus est dû à la non organisation des audiences par la Cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu et à l’irrégularité de la tenue des audiences au tribunal militaire de Beni-Lubero et au tribunal de grande instance, ainsi qu’au tribunal de paix de Beni, estime cette organisation.
L’Asadho note que depuis janvier 2020, les détenus de la prison de Kangbayi n’ont pas reçu une subvention de la part de l’État congolais, sauf les interventions ponctuelles du Comité International de la Croix-Rouge (Cicr), de la Monusco, des membres des familles des autres volontaires que l’Asadho,m. C’est grâce à ces aides que les détenus ont trouvé à manger en mai et juin 2020.
Depuis la suspension des messes suite à la pandémie de Covid-19, les églises qui apportaient régulièrement leur assistance en vivres ne le font plus. Et malheureusement, selon l’Asadho, les militaires et policiers commis à la garde de cette prison continuent à monnayer les visites, nonobstant l’interdiction formelle des autorités pénitentiaires.
Et l’Asadho alerte : «si rien n’est fait dans l’urgence, cette situation alarmante que mène les détenus à la prison de Kangbayi peut amener à des risques de malnutrition pouvant causer mort d’hommes, des soulèvements des détenus mécontents de cette situation pouvant causer des casses et des évasions pour aboutir aux morts d’hommes ».
Delphin Mupanda/CONGOPROFOND.NET