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Insécurité sur le lac Édouard : les jeunes ressortissants de Vitshumbi en sit-in devant le gouvernorat
Regroupés au sein de l’Union des Jeunes pour le Développement et la Défense des Droits Humains (UJDH), les jeunes ressortissants de Vitshumbi, en territoire de Rutshuru, ont été en sit-in devant le bureau du gouverneur de province ce jeudi 25 juin Goma. C’est pour dénoncer la persistance de l’insécurité sur le lac Edouard causée par les Maï-Maï.
Cette situation d’insécurité ne facilite pas les activités de pêche dans cette pêcherie, ont-ils dit.
Portant des calicots sur lesquels, on pouvait lire : « Non à l’insécurité sur le lac Edouard causée par les inciviques Maï-Maï basés à Chanika Kakindo ». « Oui à la protection du lac Edouard et son écosystème aquatique pour une exploitation rationnelle ».
« Il y a les pêcheurs qui sont en train d’être torturés par les Maï-Maï en le faisant payer des sommes importantes. Chaque semaine, on paie 10.000 à 11.000 FC et on se demande quel est l’apport de l’Etat pour que ces Maï-Maï quitte le lac Edouard », s’est plaint Samuel Mumbere Kalyamuhuma, l’un d’eux en demandant au gouverneur de province de prendre au sérieux cette question pour arriver à sécuriser le lac Edouard et ainsi permettre aux pêcheurs d’exercer leurs activités sans inquiétude.
Ces manifestants qui ont adressé une lettre au Chef de l’exécutif provincial tenaient à ce que celui-ci les reçoivent. Leur lettre a été réceptionnée par le conseiller en matières politiques du gouverneur, Tseka Tsekanabo qui a indiqué qu’elle sera remise à qui de droit.
Insatisfaits, ces jeunes ont fait savoir qu’ils voulaient un face à face avec l’autorité provinciale pour bien parler de cette question. C’est ainsi qu’ils ont promis organiser des manifestations similaires dans les prochains jours si cette problématique de l’insécurité sur le Edouard ne trouve pas de solution.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
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» Brut » : 2 policiers condamnés pour torture, la Cour sanctionne les exécutants
Si Philémon Mambabua est reparti libre du prétoire de Ndolo, le verdict prononcé ce 4 juin 2026 n’a pas épargné les 2 policiers poursuivis. La Cour militaire, après avoir rappelé le déroulé des faits ( cette intrusion nocturne de Claudien Likulia, Christopher et Noah à une soirée pyjama non autorisée par le propriétaire des lieux ), a opéré une distinction nette entre le commandement et l’exécution. Là où le doute a profité au premier, les actes matériels atroces ont été imputés aux seconds. La Cour s’est appuyée sur les articles 48 bis et 48 ter de la loi du 9 juillet 2011 portant criminalisation de la torture, qui retiennent la qualité de l’agent, les faits matériels constitutifs de souffrances aiguës, l’élément intentionnel et l’élément moral. Les déclarations des victimes, corroborées par le témoignage décisif de Sakina ( qui a qualifié les agissements des policiers de « brut » ), ont fondé l’intime conviction des juges.

Contrairement à Philémon Mambabua, pour qui l’ordre de « maîtriser » n’a pu être requalifié en instruction de torturer, les deux agents ont été reconnus coupables d’avoir infligé des souffrances aux enfants Mushobekwa et à Noah. Le nombre de policiers impliqués, bien que flou dans certains récits, n’a pas effacé la matérialité des violences retenues par la Cour. Celle-ci a souligné que les traumatismes subis par les victimes, bien que leur récit ait pu être altéré par le choc, ne faisaient aucun doute. La Cour a donc déclaré l’infraction constituée dans le chef des 2 policiers, qui avaient la garde et l’autorité immédiate sur les enfants au moment des faits. Leur dénégation constante n’a pas résisté à la confrontation avec les éléments renseignants et les dépositions concordantes.
La sentence est tombée : 2 ans de servitude pénale, une amende de 500.000 francs congolais par condamné, et la confirmation de leur maintien en détention. Sur le plan civil, la Cour, après avoir constaté l’absence totale de pièces comptables justificatives déposées par les parties civiles, a statué en équité. Elle a ramené la demande initiale de 3,4 millions de dollars américains à une somme totale de 25.000 dollars, soit 5.000 dollars par partie civile. Une décision qui sanctionne les exécutants tout en rappelant avec force que la responsabilité pénale est individuelle.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
