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L’appel de Filimbi :  » N’abandonnons pas nos frères et soeurs d’Uvira et de Djugu « 

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Nous suivons avec beaucoup d’inquiétude l’évolution de la situation à Uvira (Province du Sud Kivu) ainsi qu’à Djugu (Province de l’Ituri).

Depuis plusieurs semaines, en effet, ces deux territoires de notre pays sont confrontés, le premier à une catastrophe humanitaire sans précédent, et le second à une recrudescence de l’insécurité due à des activités belliqueuses.

Pour rappel, le 17 avril 2020, pendant près de dix heures, de fortes pluies se sont abattues à Uvira. Elles ont causé d’énormes dégâts humains et matériels: 40 morts selon les chiffres avancés par le maire-adjoint d’Uvira. Plusieurs personnes ont été portées disparues, des maisons ont été détruites et d’autres emportées par les courants d’eau. Les autorités municipales et sanitaires ont estimé qu’environ 78 000 personnes ont été directement affectées par cette catastrophe.

Les pluies qui ont suivi ont également occasionné plusieurs dégâts et ont entrainé la montée des eaux du Lac Tanganyka : plusieurs quartiers d’Uvira ont été dévastés. L’usine de traitement d’eau de la Regideso a été durement touchée lors de la pluie diluvienne au point qu’il y a risque de rupture de fourniture d’eau, ce qui pourrait entrainer la recrudescence des maladies comme le choléra.

L’accès par la route à Uvira à partir de la ville de Bukavu est aussi interrompu sur près de 90 kilomètre, créant ainsi des difficultés importantes pour l’acheminement de l’aide d’urgence dans cette contrée. De même, les ponts reliant Uvira à Runinga et Sange sur la Route Nationale numéro 5 sont coupés.

Les autorités locales n’ont pas la capacité de répondre aux besoins urgents de la population sinistrée : l’accès à la nourriture, à l’eau potable, aux articles ménagers essentiels, aux abris, à la protection et aux soins de santé.

La plupart des sans-abri ont pris d’assaut les écoles pour se réfugier.

Les capacités de réponse sur place en santé sont aussi affectées. Aucune assistance n’est disponible à Uvira.

La soudaine survenue des inondations risque de compliquer la lutte contre la pandémie de COVID-19, bien que cette partie du pays n’ait pas encore été atteinte.

De 1999 à 2003, la Province de l’Ituri a connu une guerre intertribale qui a fait des dizaines de milliers de morts. 17 ans après la fin de ces hostilités, cette partie du pays n’a toujours pas retrouvé la paix. Massacre des civils à la manchette, pillage et incendie des villages sont devenus le quotidien des habitants de cette province de notre pays.

Le CODECO, une branche des ADF, sème la terreur à Djugu. Depuis le début de l’année, selon plusieurs forces vives de l’Ituri et organisations de la société civile, une centaine de personnes sont mortes dans les différentes attaques perpétrées par les miliciens de CODECO.

Le 02 Mai 2020, les médias locaux et nations ont annoncé que plus de 40 personnes dont les corps étaient déjà en décomposition ont été retrouvées dans les villages de la chefferie de Panduru et Anghal 2. Nul doute qu’elles ont été massacrées. Cette milice n’est, malheureusement pas la seule à opérer dans cette province. Deux jours plus tard, le 04 Mai 2020, le village de Marabo, a été attaqué par la FPIC, une milice plus connue sous le nom de « Chini Ya Kilima » : 12 personnes ont été tuées d’après le Porte-parole des FARDC en Ituri.

Le 4 mai 2020, Olivier Ngabu Songambele, Général auto-proclamé et seigneur de guerre de la milice CODECO a été arrêté.

Malheureusement, malgré sa reddition sa milice demeure toujours active dans la région. De plus, certains notables craignent l’embrasement de la situation et indexent les Forces Armées de la République Démocratique du Congo qui seraient, selon eux, infiltrées par des forces négatives.

Face à la situation que vivent nos frères et sœurs d’Uvira et de Djugu, nous ne pouvons rester insensibles.

La faible mobilisation du gouvernement central à ce sujet est regrettable.
Nous tenons à exprimer notre solidarité à tous ces compatriotes traversant des moments douloureux et pénibles.

En effet, ces différentes crises, sanitaires et sécuritaires, engendrent au sein de la population de ces deux territoires des situations aux conséquences alarmantes:
L’Etat a les prérogatives de sécuriser les populations et leurs biens. Il ne doit, sous aucun prétexte, abandonner nos compatriotes d’Uvira et de Djugu car la sécurité et la paix n’ont aucun prix. C’est ainsi que nous lançons ce cris d’alerte et faisons les propositions urgentes suivantes pour venir en aide aux populations vivant dans ces deux contrées.

1. Concernant la crise consécutive à la catastrophe naturelle à Uvira

• Relocaliser les populations privées de logement par les inondations et exposées à diverses infections et maladies
Mobiliser les ressources financières nécessaires à une réponse multisectorielle urgente aux sinistrés des fortes pluies à Uvira

• Rendre disponible l’eau potable (le plus rapidement que possible) pour éviter la résurgence des maladies hydriques comme le choléra

• Réhabiliter en urgence les ponts et les routes endommagés

• Identifier les structures de prise en charge médicale gratuite, les renforcer en intrants et sensibiliser/orienter les sinistrés pour fréquenter ces structures

• Assister en vivres et en non vivres les sinistrés en particulier et à toute la population d’Uvira en général.

2. Concernant la crise sécuritaire à Djugu

• Faire le toilettage dans nos services de sécurité afin de répertorier et d’extirper les éléments nuisibles

• Mobiliser les ressources militaires et logistiques nécessaires afin de rétablir au plus vite la paix dans cette partie du pays

• Mobiliser et mettre en place les ressources nécessaires pour la prise en charge des déplacés, souvent abandonnés tristement à leur propre sort sans aide et sans aucune assistance de l’Etat

• Multiplier les initiatives pouvant mener au rétablissement total de la paix en Ituri tout en n’encourageant pas l’impunité.
Les victimes des inondations d’Uvira et des tueries ignobles en Ituri ne sont pas seulement des chiffres pour une comptabilité macabre. Ce sont des citoyens congolais qui laissent des familles endeuillées.

Nous en appelons encore une fois à la solidarité nationale et internationale vis-à-vis de nos compatriotes et nous exhortons nos autorités à assumer pleinement les responsabilités qui sont les leurs pour l’intérêt de la nation.

Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo notre copropriété.

Carbone BENI / Chargé du Réseau & Déploiement

Floribert ANZULUNI
/Coordonnateur

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ARSP : Ted Beleshayi prend les commandes, l’heure du renouveau et des réformes ambitieuses a sonné

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Le vent du renouveau souffle sur l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP). Par une série d’ordonnances présidentielles lues ce jeudi à la télévision nationale, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a procédé à un important réajustement stratégique en confiant la direction générale de cette institution clé à Ted Beleshayi. Il sera épaulé par Felly Samuna, nommé Directeur général adjoint.

Cette décision met fin au mandat de Miguel Kashal Katemb et ouvre un nouveau chapitre pour une institution appelée à jouer un rôle déterminant dans la promotion de l’entrepreneuriat national et l’émergence d’une véritable classe moyenne congolaise.

Le couronnement d’un parcours d’excellence

La nomination de Ted Beleshayi est largement perçue comme l’aboutissement d’un parcours marqué par la compétence, la discipline et la fidélité aux idéaux de son engagement politique.

Jeune cadre de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) et figure influente de la jeunesse du parti, le nouveau Directeur général incarne cette génération de dirigeants sur laquelle le Chef de l’État mise pour concrétiser sa vision de développement de la République démocratique du Congo.

Homme de terrain et de conviction, il s’est illustré par son attachement aux valeurs républicaines, à la justice sociale et à la bonne gouvernance. Son accession à la tête de l’ARSP apparaît comme un signal fort en faveur du renouvellement des élites et de la promotion des compétences nationales.

Un expert de la gouvernance financière à la tête de l’ARSP

Expert-comptable et auditeur chevronné, Ted Beleshayi présente un profil alliant expérience du secteur privé et maîtrise des rouages de l’administration publique.

Ancien cadre du cabinet KPMG entre 2011 et 2020, il a supervisé la certification des comptes de multinationales actives dans les secteurs minier, énergétique et des télécommunications. Il a également travaillé avec d’importants bailleurs internationaux, notamment la Banque mondiale et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), tout en participant à plusieurs missions d’audit stratégique pour l’État congolais.

Fondateur de BelkasGroup SAS et parfaitement anglophone, il s’est spécialisé dans la gouvernance financière, l’audit et la gestion des risques avant d’exercer comme haut fonctionnaire au sein d’un organe supérieur de contrôle rattaché à la Présidence de la République.

Le choix d’un technicien face aux défis de la régulation

Dans un contexte où la régulation économique exige davantage de rigueur et de transparence, le choix du Chef de l’État s’est porté sur un profil résolument technique.

Inspecteur des finances de formation, Ted Beleshayi apporte à l’ARSP une expertise forgée au sein des institutions de contrôle les plus exigeantes du pays. Sa maîtrise des mécanismes d’audit et de gestion des risques constitue un atout majeur pour renforcer la crédibilité de l’institution.

L’opinion publique attend désormais une gouvernance davantage orientée vers les résultats, la transparence et l’orthodoxie financière. L’ARSP dispose ainsi d’un dirigeant capable de rassurer les investisseurs tout en veillant à la protection des intérêts des entreprises congolaises.

Les grands chantiers de la nouvelle équipe

Si l’administration précédente a contribué à populariser la loi sur la sous-traitance, sa mise en œuvre a parfois été critiquée pour certaines lourdeurs administratives, un déficit de lisibilité et des tensions récurrentes avec les opérateurs économiques.

Pour réussir son mandat, la nouvelle équipe dirigeante devra relever plusieurs défis majeurs.

Le premier consistera à rationaliser les mécanismes de contrôle en privilégiant une approche fondée sur des audits systématiques, transparents et impartiaux.

La poursuite de la digitalisation des procédures devra également permettre de simplifier l’obtention des attestations d’enregistrement et de réduire les contraintes administratives qui pèsent sur les PME.

Réconcilier l’ARSP avec le secteur privé

L’une des priorités du nouveau management sera également de restaurer un dialogue constructif avec les acteurs économiques.

Dans cette perspective, un rapprochement avec la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) pourrait favoriser une application plus harmonieuse du cadre réglementaire de la sous-traitance.

L’objectif sera de privilégier la concertation et la confiance plutôt que les rapports de confrontation.

Par ailleurs, la réussite de la politique de sous-traitance ne devrait plus être mesurée uniquement à travers le volume financier des contrats attribués aux entreprises locales, mais également par le nombre d’emplois créés, la qualité de ces emplois et l’efficacité du transfert des compétences au profit des Congolais.

Enfin, l’opérationnalisation des mécanismes de financement entre les PME, les banques et le Fonds de Garantie de l’Entrepreneuriat au Congo (FOGEC) demeure un enjeu essentiel pour permettre aux entreprises nationales d’exécuter efficacement les marchés qui leur sont confiés.

Une nouvelle ère pour la sous-traitance en RDC

L’ARSP entre aujourd’hui dans une nouvelle phase de son histoire. Porté par la dynamique de la jeunesse, fort de son expérience en audit et en gouvernance financière, Ted Beleshayi dispose des atouts nécessaires pour impulser une nouvelle vision de la régulation de la sous-traitance.

Son mandat sera jugé à l’aune de sa capacité à transformer cette institution en un véritable levier de création de richesses, d’emplois et d’opportunités pour les entrepreneurs congolais, faisant ainsi de la sous-traitance un moteur durable de l’émergence économique de la République démocratique du Congo.

A.B.

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