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RDC : la notabilité du Sud-Kivu contre les messages xénophobes anti-Kasaïens

La ville de Bukavu fait face depuis la soirée du 10 avril 2020 à des messages xénophobes appelant des attaques contre des ressortissants d’origine Kasaïenne habitants Bukavu. Cette situation, convient-il de souligner, intervient après l’arrestation à Kinshasa de Vital Kamerhe, directeur de cabinet du chef de l’Etat et Président de l’Union pour la nation congolaise ( UNC), parti politique fortement implanté au Sud-Kivu.

 » Tous les Balubas( Kasaiens) qui résident à Bukavu et dans les 8 territoires sont obligés de quitter le Sud-Kivu dans 48 heures à dater de ce samedi, 11 avril 2020. Dépassé ce delai, nous procéderons à leur décapitation. A leur frères de prendre leurs responsabilités quant à ce, avant que le pire n’arrive », précisent ces tracts en circulation à Bukavu.

Révoltée par cette démarche, la notabilité de la province du Sud-Kivu a élevé la voix pour exiger la neutralisation des tireurs des ficelles de cette campagne de  » mauvais goût « .

 » Non au tribalisme! « , écrit Paulin Mulume du mouvement citoyen « Il est temps ».

 » Celui qui osera toucher à un seul Muluba aura des problèmes sérieux avec moi. Ils sont nos frères! », interpelle Zozo Sakali, président de la Société civile ville de Bukavu.

 » Bukavu n’a jamais été xénophobe. Bukavu a été toujours cosmopolite. Ne suivez pas les petits haineux morveux », renchérit Kizito Mushizi, cadre de l’UNC et député national honoraire.

 » Je me réfère à l’article 66 de la Constitution, frères et soeurs si tu vois quelqu’un qui s’attaque à l’autre, il faut le dénoncer, nous allons nous attaquer tous contre lui », insiste Ewing Ahmed Salumu.

Toutes les couches ne conjuguent pas avec cette pratique.

 » Ce message ne concerne en rien les motards. Tout celui qui va citer les noms de motards et leurs responsables seront traqués sévèrement et nous allons porter plainte contre lui », mettent en garde les responsables des motards UNC Sud-Kivu.

Pendant ce temps au Nord-Kivu, la police nationale met en garde toute personne qui sera attrapée entrain de véhiculer ce message de haine. D’ores et déjà, elle annonce des sanctions sévères.

Notons que ces tracts ont été retrouvés tôt les matins dans certains carrefours de la ville de Bukavu. Les forces de sécurité et de l’ordre sont vivement invitées à démanteler ces réseaux antipatriotiques.

Shukuru Ntwali/CONGOPROFOND.NET