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Kabuya à Shadary : « Je ne peux pas permettre qu’on se joue du chef de l’Etat. Il a une base… »
Le ciel s’obscurcie tous les jours dans les relations entre l’UDPS et le PPRD, tous deux pourtant membres de la même coalition FCC-CACH.
La dernière sortie publique d’Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du parti de Joseph Kabila à Lubumbashi, n’a pas laissé indifférent le secrétaire général ai de l’UDPS, Augustin Kabuya.
Ce dimanche 27 octobre au siège du parti dans la commune de Limete, Augustin Kabuya a réagi aux propos de Ramazani Shadary lors d’une matinée politique organisée par le parti.
«Je n’accepterai jamais que quelqu’un vienne importuner l’UDPS, moins encore le Chef de l’État Félix Tshisekedi, au nom de la coalition. NON!», a-t-il dit devant les combattants de l’UDPS.
Et de poursuivre:
« Je ne peux pas permettre qu’on se joue du chef de l’Etat. Le Chef de l’Etat a une base. Il a convaincu non seulement les Congolais, mais toute la communauté internationale. Ils vous emmènent sur une mauvaise voie. Nous n’avons peur de rien. Nous sommes au courant de toutes les réunions nocturnes qu’ils organisent. Nous n’avons peur de rien. S’ils osent, seul Dieu sait ce qu’il adviendra du Congo ce jour-là. On ne va plus se laisser faire ».
Il dit, en outre, avoir pris son temps pour analyser les propos de son collègue du PPRD.
Pour le Secrétaire Général ai de l’UDPS/Tshisekedi, Augustin Kabuya, ces propos ne sont pas une attaque personnelle à l’endroit d’Emmanuel Shadary, mais il s’agit bien d’une légitime défense à ce qu’il qualifie les élucubrations du secrétaire permanent du PPRD à qui il demande de garder désormais sa langue dans la poche car, «la sortie médiatique de ce jour n’est qu’un avant-goût…».
A l’assistance, Augustin Kabuya a également fait savoir qu’il est impossible de piétiner l’UDPS et partir tranquillement.
« Qui ne dit mot consent, notre silence n’est pas un synonyme de faiblesse », a affirmé le secrétaire Général ai de l’UDPS.
Au sujet des accusations de détournement et d’impunité, Augustin Kabuya demande à Shadary d’aller consulter l’inspecteur général des finances.
« Allez dire à Shadary : l’Inspecteur général des finances avait déjà déposé son rapport auprès du Procureur général de la République. Le PGR n’est pas de l’UDPS. Il n’a pas été nommé par le président de la République. Si cela traine, cela n’est pas un problème du chef de l’Etat ou celui de l’UDPS. Un homme sérieux ne peux pas dire ce qu’il a dit », a déclaré Kabuya.
Pour ce qui concerne la gratuité de l’enseignement qui, selon Shadary, serait l’oeuvre du président honoraire Joseph Kabila, Kabuya persiste et signe que la gratuité n’a jamais été appliquée sous Kabila.
Il a donc invité le secrétaire permanent du PPRD à présenter des preuves.
« Qu’il nous dise dans son village, quels sont les enfants qui étudiaient gratuitement pendant que le sénateur Kabila était au pouvoir. Tout ce qu’ils racontent c’est parce que le secteur de l’enseignement était devenu un lieu où ils s’enrichissaient, c’était devenu leur commerce », a-t-il déclaré.
Il sied de rappeler qu’au début de la semaine passée, Emmanuel Ramazani Shadary qui présidait une activité du PPRD à Lubumbashi s’est attaqué à plusieurs sujets qui ont mis à mal la coalition mise en place fin-juillet 2019 entre le CACH et le FCC.
Il a usé des expressions et termes tels que »
-UDPS, un parti des milices;
-la gratuité de l’enseignement a été ouverte par Joseph Kabila;
-Rentrée politique de Joseph Kabila;
-Le régime de Tshisekedi est un régime d’impunités…».
Des propos qui ont lésé plusieurs militants du parti au pouvoir UDPS et ont même provoqué des échauffourées à Kasumbalesa entre les partisans de ces deux partis.
Bishop Mfundu/CONGOPROFOND.NET
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« L’Afrique ne doit pas subir les récits des grandes puissances”, (Dr Johnson Aniki, le doyen de la communauté africaine en Ukraine)
Installé en Ukraine depuis près de 40 ans, le Dr Johnson Aniki est aujourd’hui considéré comme l’une des figures historiques de la communauté africaine dans ce pays d’Europe de l’Est. Homme d’affaires d’origine nigériane et observateur attentif des relations internationales, il s’est exprimé sur la guerre russo-ukrainienne dans une interview accordée à CONGOPROFOND.NET depuis la ville de Kyev.
Pour lui, les Africains doivent analyser ce conflit avec indépendance et éviter de se laisser entraîner par les narratifs imposés par les grandes puissances mondiales.

Une lecture géopolitique fondée sur l’expérience
Témoin de plusieurs décennies d’évolution politique en Ukraine, Johnson Aniki estime que le regard africain sur la guerre diffère souvent de celui porté par l’Occident. Selon lui, de nombreux citoyens africains établissent un parallèle entre l’intervention militaire russe en Ukraine et certaines opérations occidentales menées par le passé sur le continent africain. Cette perception, explique-t-il, alimente aujourd’hui un débat profond sur la souveraineté, les intérêts stratégiques et la place de l’Afrique dans les rapports de force internationaux.
L’appel à une diplomatie africaine indépendante
À travers sa prise de parole, le Dr Johnson Aniki invite les dirigeants africains à adopter une posture davantage centrée sur les intérêts du continent. Il considère que l’Afrique doit renforcer sa capacité d’analyse géopolitique afin de ne pas devenir un simple terrain d’influence pour les puissances étrangères.
Dans un contexte mondial marqué par les rivalités entre blocs internationaux, il plaide pour une diplomatie africaine plus autonome, capable de défendre les priorités économiques, sécuritaires et politiques des peuples africains.
Une guerre qui redessine les équilibres internationaux
Pour Johnson Aniki, le conflit entre la Russie et l’Ukraine dépasse largement les frontières européennes. Cette guerre, affirme-t-il, reconfigure les alliances diplomatiques et accentue la compétition d’influence entre puissances mondiales, notamment en Afrique. Alors que Moscou, Washington, Bruxelles et Pékin multiplient les initiatives diplomatiques sur le continent, plusieurs pays africains cherchent désormais à maintenir une position équilibrée et pragmatique face aux tensions internationales.

Le Dr Johnson Aniki est un entrepreneur nigérian vivant en Ukraine depuis environ 40 ans. Considéré comme le doyen de la communauté africaine dans ce pays, il est connu pour son engagement en faveur des diasporas africaines et pour ses interventions sur les questions géopolitiques liées aux relations entre l’Afrique, l’Europe de l’Est et les grandes puissances mondiales. Grâce à son parcours universitaire et entrepreneurial en Ukraine, il est devenu une figure influente dans les débats portant sur la coopération internationale et la souveraineté africaine.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
