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Affaire » 15 millions USD » : Fayulu défie le Procureur général Kabange Numbi
En marge du meeting de l’Ecidé tenu ce dimanche 21 septembre 2019 à la place Elengesa dans la commune de Makala à Kinshasa, le président national de ce parti et leader de la Dynamique pour la vérité des urnes,
Martin Fayulu, est monté au créneau pour exiger du procureur général de la République toute la lumière sur l’affaire de détournement de 15 millions USD du Trésor public.
» Le Procureur général près la cour de cassation nous impose le silence dans l’affaire dite de 15 millions de dollars. Le peuple est souverain et j’exige du PG toute la vérité sur le déroulement des enquêtes de cette affaire des ennemis du peuple, les responsables doivent être frappés par la loi et sans exception », a-t-il martelé.
Faisant donc fi à l’appel du Procureur demandant « aux uns et aux autres de s’abstenir d’interférer par des actes, des propos et des déclarations intempestifs et inopportuns de nature à porter gravement préjudice aux investigations que ses services mènent actuellement », Martin Fayulu a élevé la voix en réclamant toute la vérité sur le déroulement des investigations, alors que le procureur indique que ces enquêtent doivent être menées en toute « sérénité ».
Rappelons que c’est depuis le mardi 17 septembre 2019 que Procureur général près la Cour de cassation s’est prononcé sur cette affaire qui défraye la chronique. Flory Kabange Numbi s’est dit « saisi » sur une éventuelle disparition d’une somme de 15 millions de dollars provenant de la décote du montant dû par le gouvernement congolais aux sociétés pétrolières en RDC.
Toujours dans ce registre, le président national de l’Ecide a fait savoir que le député provincial Mike Mukebayi est victime de » la dictature et de l’acharnement des ennemis de la vérité ».
» Les vérités de votre représentant à l’Assemblée provinciale de Kinshasa dérangent, ils ont tenté acheter son silence, mais sans succès, rassurez-vous l’honorable Mike est un homme de conviction et adepte de la vérité, même la prison ne va pas réduire ses valeurs de sincérité », a expliqué Martin Fayulu.
Notons qu’au cours de ce meeting dit de rédynamisation de l’Ecide dans le district de la Funa, Martin Fayulu Madidi a appelé les habitants de la commune de Makala à la protection de la nature. » Je vous soumets à un exercice très pratique et salutaire pour la survie de notre planète. Chaque habitant de Makala doit planter un arbre, tout arbre planté doit porter un nom, la première plante s’appellera ‘MAFA 1’, la deuxième portera le nom de ‘MAFA 2’ et ainsi de suite », a exhorté le numéro 1 de l’Ecide aux militants et sympathisants de son parti politique.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
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Procès “des Enfants chillers” : Marie-Ange Mushobekwa réclame 3,4 millions de dollars !
Et si le mobile n’était pas seulement la justice ? La plaidoirie de la partie civile, ce jeudi 30 Avril 2026 aura duré une heure. Elle aura aussi produit un chiffre qui a fait réagir l’assistance jusqu’aux bancs de la presse : 3.400.000 dollars américains. Un million de dollars par enfant et 200.000 dollars pour chaque mère soit 7.898.200.000 CDF (taux de 2 323 CDF) c’est-à-dire sept milliards huit cent quatre-vingt-dix-huit millions deux cent mille francs congolais.
Un montant colossal, présenté comme la juste réparation de “douleurs et souffrances aiguës intentionnellement infligées”, selon les mots du conseil de Madame Marie-Ange Mushobekwa parlant au nom de toutes les parties civiles. Mais au-delà de l’effet d’annonce, ce quantum interroge. Et ouvre une brèche que les prochaines audiences ne pourront ignorer. Car le décalage est troublant. D’un côté, un récit d’horreur : torture, détention illégale, séquestration, cages à chiens.
De l’autre, un dossier médical qui, de l’aveu même du médecin traitant Docteur Yenga Mbuta Dosh Junior, ne révèle aucun traumatisme interne, aucune fracture, aucune lésion grave. Les vidéos projetées montrent des enfants certes éprouvés, mais que l’on voit debout, capables de se mouvoir, sans trace visible de saignement (alors même que la plaignante Marie-Ange Mushobekwa affirmait que ses fils saignaient). L’écart entre la gravité alléguée et les constatations objectives interroge nécessairement la proportionnalité de la demande indemnitaire.
Quatre mois de procès, et ce constat implacable : personne n’a pu désigner Philemon Mambabwa comme le véritable architecte des violences, rien ne documente un ordre explicite sorti de sa bouche, et son récit, livré avec constance depuis le premier jour, demeure à ce jour sans contradiction. Dès lors, une question s’invite dans les couloirs du prétoire : ce procès était-il mû par la seule quête de justice, ou ce chiffre de 3,4 millions de dollars soit 7.898.200.000 Francs Congolais, trahit-il un objectif plus lucratif ?
Les parties civiles ont le droit de solliciter réparation. Mais lorsque la somme réclamée semble décorrélée de la matérialité des faits établie à l’audience, c’est la crédibilité même de la démarche qui est en jeu. La défense, qui se dit prête à plaider, ne manquera certainement pas de le relever.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR
