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Congo/Brazza: le FMI alloue 780 milliards FCFA pour la relance de l’économie
Le Premier ministre Clément Mouamba a indiqué, lors de la conférence de presse animée à Brazzaville sur les retombées de l’accord avec le Fonds Monétaire International (FMI), que le Congo bénéficiera d’un montant de 780 milliards de FCFA dans le cadre du programme conclu avec cette institution de Breton wood.
L’enveloppe annoncée sera versée au Congo en trois (3) ans par la Bad 262 milliards ; le FMI 259 milliards ; La Banque mondiale 171 milliards et la France 89 milliards.
« Cette aide soutiendra de manière décisive les efforts conduits par le Congo pour rétablir les équilibres macroéconomiques, assainir les finances publiques et reconstituer le niveau de nos réserves de change au niveau de la Banque centrale », a indiqué le Premier ministre.
La mise en œuvre du programme avec le FMI permettra, dans les tout prochaines années, de retrouver une économie forte et des finances publiques solides au bénéfice de l’ensemble de la population.
L’assainissement des finances publiques se repose sur une meilleure mobilisation des ressources fiscales et une maîtrise des dépenses, dans la continuité des mesures déjà mises en œuvre dans le cadre des budgets des exercices 2018-2019.
Le rétablissement de ces finances publiques permettra au Congo de réaménager en même temps sa dette publique.
« Nous avons signé avec la Chine un accord de rééchelonnement de la dette qui continue à rétablir la viabilité de la dette publique à long terme », a déclaré Clément Mouamba.
Cependant, il a souligné que le plus dur reste dans l’application des réformes de sortie de crise retenue dans l’accord.
« L’aprobation de ce programme par le conseil d’administration du FMI marque l’aboutissement d’un long processus de négociation. Sa réussite repose sur la poursuite des efforts déjà consentis par tous les Congolais », à reprécisé l’orateur.
À propos de ces réformes engagées, le programme renforcera la capacité du gouvernement à investir dans les infrastructures et le social. Pour cela, une bonne partie du premier décaissement (80%) devrait être allouée au financement des hôpitaux, des écoles, à l’accès à l’eau et l’électricité, y compris les programmes des filets sociaux »Lisungui ».
Clément Mouamba a également évoqué la gestion de la dette extérieure et intérieure chiffrée actuellement à 5580 milliards de francs CFA. Le montant de la dette intérieure des opérateurs économiques est estimée à 1700 milliards FCFA et celle de l’extérieur avec les traders à 965 milliards.
Le Congo a pu trouver des compromis avec certains créanciers sur le rééchelonnement de la dette avec la Chine, le traitement de la dette intérieure et celle envers des traders n’est pas encore conclu. Le gouvernement envisage ainsi reprendre les discussions à ce sujet avec les traders avant la fin de l’année.
Sur le terrain, ces derniers tirent une quantité importante du pétrole brut pour se faire rembourser. Une modalité de paiement que le gouvernement Mouamba souhaite changer à l’issue du round des négociations. À ce sujet, il demande des discussions de bonne foi avec les traders.
« C’est un point majeur pour que l’accord s’exécute normalement », a rappelé Clément Mouamba.
Notons que cette conférence de presse a été animée en présence de quelques membres du gouvernement.
Achille Schillains, CONGOPROFOND/ Correspondant à Brazzaville.
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Révision constitutionnelle en RDC : Ferdinand Lokunda plaide pour une refondation institutionnelle
Le débat sur une éventuelle révision ou réforme constitutionnelle en RD Congo continue d’alimenter la scène politique et citoyenne. Parmi les voix qui se font entendre figure celle de Ferdinand Lokunda Dasilva, président de l’Association des Métis au Congo (ASMECO), une structure de la société civile engagée notamment dans la lutte contre la discrimination raciale, la marginalisation et la défense des droits des enfants sans distinction d’origine.
À travers une série de propositions rendues publiques, Ferdinand Lokunda, à titre personnel, appelle à une « nouvelle Constitution » qu’il juge plus adaptée aux réalités politiques, sécuritaires et institutionnelles de la RDC. Ses desiderata touchent aussi bien à la nationalité, à l’organisation des institutions qu’au mode de gouvernance du pays.

La double nationalité au cœur des propositions
Parmi les réformes majeures défendues par Ferdinand Lokunda figure la reconnaissance de la double nationalité pour les Congolais. Selon lui, tout citoyen devrait avoir le droit d’acquérir une autre nationalité sans perdre celle de la RDC. Une question qui revient régulièrement dans le débat national, notamment au regard de l’importante diaspora congolaise installée en Europe, en Amérique ou ailleurs en Afrique.
L’activiste estime que cette ouverture pourrait renforcer l’apport économique et intellectuel de la diaspora dans le développement du pays, tout en modernisant le cadre juridique actuel.
Un mandat présidentiel plus long
Autre proposition phare : la modification de la durée du mandat présidentiel. Ferdinand Lokunda suggère soit un mandat de 7 ans renouvelable une seule fois, soit un mandat unique de dix ans non renouvelable. Pour lui, cette réforme permettrait au chef de l’État de disposer du temps nécessaire pour exécuter ses projets de société et garantir une certaine stabilité institutionnelle.
La proposition intervient dans un contexte où la question des institutions et de leur efficacité reste largement débattue au sein de l’opinion congolaise.
Les fonctions de souveraineté et la question identitaire
Le président de l’ASMECO propose également un durcissement des conditions d’éligibilité aux fonctions dites de souveraineté. Selon sa vision, tout Congolais ayant des « affiliations » ou des « cordons ombilicaux » avec un pays voisin ne devrait pas accéder à certaines hautes fonctions de l’État.
Une position qui s’inscrit dans un climat politique marqué depuis plusieurs années par les débats autour de la nationalité, de l’identité et des questions sécuritaires dans la région des Grands Lacs.
Vers un Parlement monocaméral ?
Dans ses propositions, Ferdinand Lokunda défend aussi l’idée d’un Parlement à chambre unique composé de 800 députés, estimant que cette formule serait plus adaptée à l’immensité géographique de la RDC. Il plaide en outre pour des élections présidentielles organisées à deux tours afin de renforcer la légitimité populaire du président élu.
Enfin, il souhaite que les gouverneurs des provinces, les responsables territoriaux ainsi que le Premier ministre soient nommés par le président de la République lorsqu’ils ne sont pas originaires des entités concernées.
Rappelons que l’activiste Ferdinand Lokunda développe depuis plusieurs années un discours axé sur la cohésion nationale, la lutte contre les discriminations et la protection des droits des personnes marginalisées. Ses nouvelles propositions constitutionnelles viennent ainsi élargir le champ d’intervention de ce citoyen qui entend désormais peser dans le débat public sur l’avenir institutionnel de la RDC.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
