À la Une
Nord-Kivu : Répression des manifestations, rappel à l’ordre du général Philémon Yav
Interdiction formelle à la police d’utiliser les armes létales au cours des manifestations pacifiques publiques. Instruction donnée aux policiers, ce mercredi 03 juillet à Goma, par le commissaire supérieur général adjoint chargé de l’administration de la police lors de la parade qu’il a présidée à l’intention des hommes en tenue blue.
Pour Philémon Yav, il est inconcevable que la police use des armes à feu contre les manifestants non armés qui ne sont pas là pour renverser le régime, mais qui réclament quelque chose. La police doit être là pour encadrer ces manifestants, a-t-il dit, avant d’émettre le vœu de voir zéro mort pendant les manifestations populaires et ces dernières doivent se clôturer dans un climat bon enfant entre la police et ceux qui manifestent, car, s’est-il justifié, ils ne sont pas des ennemis, plutôt des adversaires.
« Nous sommes venus rappeler à la troupe du Nord-Kivu que les manifestants ne sont pas les adversaires de la police. Ils ne sont pas leurs ennemis et ne viennent pas renverser le régime en place, ne sont pas porteurs d’armes. Les manifestants viennent exprimer leur mécontentement suite à une situation quelconque. Voilà pourquoi, la police a intérêt de traiter les manifestants comme adversaires et nous devons les encadrer tenant compte des directives de l’autorité provinciale. Les Encadrer soit les disperser, nous devons utiliser les armes non létales, les armes qui ne tuent pas, qui ne blessent pas », a instrui cette autorité policière.
Pour rappel, dimanche 30 juin dernier à Goma, la police a réprimé une marche pacifique des jeunes de la coalition politique Lamuka, en tirant des gaz lacrymogènes et des balles réelles. Un d’entre eux avait été touché par balle et dépêché à l’hôpital pour les soins médicaux. Il a rendu l’âme l’après-midi du mardi 02 juillet. La police avait même indiqué que parmi les manifestants, il y avait ceux qui détenaient des armes à feu. Ce que ces derniers ont toujours nié.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET
À la Une
Rapport de monitoring de l’action publique : à peine 25% des décisions prises par le gouvernement sont finalisées, 45% en progression et 30% à documenter (CEPAS)
Le Centre d’Études Pour l’Action Sociale (CEPAS) a présenté ce mardi 2 juin 2026, le rapport de monitoring de l’action publique en République demormcratique du Congo (RDC), démontrant qu’à peine 25% des décisions prises par le gouvernement ont été finalisés, 45% sont en progression et une grande partie d’autres décisions, dont une trentaine restent encore à documenter.

Présentant ce document, devant la presse à Kinshasa, Christian Ndombo Moleka, consultant en CEPAS et président de la dynamique des politologues du Congo a inventorié et déploré que sur les 139 décisions prises au niveau des Conseils des ministres, seule, une vingtaine a été réalisée, reconnaissant que « la volonté d’orienter l’action stratégique est là » mais le défi reste dans la mise en œuvre et la continuité de l’action gouvernementale.
« Ce rapport, pratiquement de trois ou quatre trimestres, soit d’avril en décembre 2025 permet de mesurer l’action publique, la redevabilité du gouvernement et de renforcer l’efficacité de l’action publique », a expliqué Christian Moleka, précisant qu’il « mesure également le niveau réel de transformation de la prise de décision en action publique, identifie les contraintes structurelles et propose une cartographie des activités qui participent au monitoring. »

De son côté, le Père Alain Nzadi, directeur du CEPAS a précisé les objectifs assignés derrière cette initiative. « Notre ambition est que cette analyse contribue au débat public de manière sereine, constructive et utile. Nous espérons qu’elle permettra d’alimenter la réflexion collective sur les moyens de rendre l’action publique plus efficace, plus transparente et davantage orientée vers des résultats concrets », a-t-il déclaré.

Et de poursuivre : « les recommandations formulées dans cette étude s’inscrivent dans cette perspective. Elles visent notamment à promouvoir une culture de résultats, à renforcer les difficultés… des dispositifs de monitoring gouvernemental, à améliorer la coordination interinstitutionnelle et à développer des outils de redevabilité permettant un meilleur suivi de l’exécution des engagements publics. »

À en croire les conférenciers, « au fond, la question centrale qui traverse ce travail est simple : comment faire en sorte que chaque décision publique produise efficacement la valeur attendue pour les citoyens ? », se sont-ils interrogés, souhaitant que cette réflexion pousse le gouvernement à une mise en œuvre rapide de l’action publique au profit des intérêts de la population congolaise.
Exaucé Kaya
