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Criminalité à Uvira: l’Ong « CIRESKI » tire la sonnette d’alarme !

Après une séance de plaidoyer organisée par le Centre Indépendant de Recherche et d’Etudes Stratégiques au Kivu (CIRESKI) sur la criminalité urbaine, Juvenal Twaibu, chercheur et défenseur des droits de l’homme a répondu aux questions du reporter de congoprofond à Uvira. Reportage.

Congoprofond : Bonjour M. le directeur du CIRESKI. Qu’elle est la situation des droits de l’homme et la protection des civils dans la ville d’Uvira?

Juvenal Twaibu: Bonjour M. le journaliste. La situation des droits de l’homme et la protection des civils est émaillée de beaucoup d’embûches; elle émane de la criminalité urbaine enregistrée dans la ville d’Uvira où il y a des morts d’hommes, des blessures, assassinats, kidnappings, enlèvements, vols avec usage d’armes et autres graves crimes commis contre la population civile.

Qu’est-ce qui est le plus inquiétant parmi tous ces abus?

Le comble, c’est de voir que les assaillants œuvrent en toute quiétude, si pas parler de l’oisiveté des forces de sécurité, mais ils échappent quelque part au contrôle de notre force de sécurité où, au départ, il y a eu un vide sécuritaire. Mais avant les élections, on avait déployé 300 éléments de la police dans la ville qui, malheureusement, ne parviennent pas à assurer la sécurité comme nous le voulons, surtout dans des quartiers les plus touchés comme Kasenga, Kibondwe, Songo, Rugenge, Kabindula. Les bourreaux sont sous le versant de la montagne où on suppose, d’ailleurs, habiter les acteurs armés qui font des incursions.

Peut-on confirmer que les agents de l’ordre qui a extorquen la population, c’est le fait de la pauvreté, de la misère ou d’une solde insuffisante?

La réponse à cette question peut avoir 3 à 4 aspects : pas de bon traitement de rang dans les forces de sécurité, c’est normal avec le minimum de solde qu’ils reçoivent, ils payent le loyer, la scolarité des enfants, mais aussi nourrissent leurs familles. Si dans les armées professionnelles il y a tout un processus : camp, cantine, des soins médicaux, la prise en charge équitable, mais chez nous, c’est encore à pas de tâtons, ça ne marche pas du tout. Mais aussi, le comportement de ses insatisfaits depuis leur famille, mais qu’ils soient inscrits dans l’armée, ils ont des comportements de violence et c’est la population qui en est victime, car il y a des heures où on ne doit pas se promener bien qu’il n’ait pas de couvre-feu.

Les femmes uviroises sont aussi impliquées dans l’instabilité. En tant qu défenseur des droits de l’homme, que comptez-vous faire pour les impliquer dans le processus de recherche de la paix?

L’approche genre est transversale dans notre travail. Dans tout ce que nous faisons, dans le plaidoyer, la femme ne doit pas être exclue, mais en pratique, il est claire dans la dynamique de la criminalité urbaine ici à Uvira que la femme joue un rôle. Il y a des coins où se passent des réunions des bourreaux dans des maisons des femmes dans lesquelley ils déposent leurs colis, leurs munitions. Donc, il faut impliquer la femme positivement, en la sortant dans la dynamique des violences pour l’amener vraiment à dénoncer. Au départ, elle était vulnérable même si le check point doit être méchant envers les hommes, quand il y a même certaines légèretés envers elle, ce n’est pas une personne à négliger dans la construction de la résolution de la paix durable.

Enfin, voudriez-vous adresser un message à la population afin qu’elle puisse contribuer vraiment à sa protection et à la défense de ses droits?

Mon message à la population, c’est celui de la protection. D’abord, elle doit commencer pour soi-même du fait que, on est utile vivant que mort, dit-on. Si on amene la population à jouer son rôle, elle va bien s’assurer parceque quand on dénonce, on collabore avec les forces de sécurité et on va aboutir au résultat escompté.

CLEOPHAS BUMBA babu / Congoprofond.net/ Uvira