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Congo/Brazza : Nicolas Bissi signe son retour avec la pièce ‘’Ils m’ont salement tiré coût à coût’’
Nicolas Bissi est comédien, scénographe et metteur en scène. ‘’Ils m’ont salement tiré coût à coût’’, est l’une de ses dernières pièces qui le ramène dans le théâtre après un long temps de répit. La présentation a eu lieu à l’Institut français du Congo de Brazzaville en one man show par Fortuné Batéza.
La présentation de cette pièce qui s’est faite en présence de Bertrand Cochery, a constitué un moment fort pour le public qui était venu nombreux assister à ce spectacle. Fortuné Batéza, étudiant à Katiopa, pays qui l’a vu naître mais déchiré par des conflits interminables. Il ne comprend pas que pas que son pays soit déchiré, traversé par des tristes évènements qui freine son développement de l’indépendance à aujourd’hui. Le mensonge des hommes politiques, l’occident qui fait toujours le médecin après la mort et non la prévention, de toutes ces rébellions qui gagnent les forêts africaines causant le désastre, la désolation au sein de la population. Les viols, la corruption, l’impunité, bref, les antivaleurs gagnent les esprits devenus monnaie courante. Un pays où les élections sont régulièrement trichées par les organisateurs, en particulier les chefs d’Etat qui s’accrochent aux affaires.
« On n’organise pas les élections pour les perdre. On s’en fout de leur crédibilité. Pour le reste, on va réparer une fois qu’on revenus aux affaires », apprend-on souvent à Katiopa. Un pays qui peine à décoller malgré la richesse de son sous sol.
Cette pièce retrace alors la triste réalité que vit le pays de Katiopa qui a une superficie de 31 000 000 km², 1.500.000 000 d’habitants et 55 Etats. Une situation assimilable à l’Afrique quand on se réfère à la superficie, à la population et du nombre d’Etats que compte Katiopa.
«Mon sentiment se résume en une seule phrase. Cette pièce est le résumé de cette situation politico-militaire que l’Afrique vit de 1960 à aujourd’hui. A travers un jeu onirique, l’auteur montre la situation dramatique que l’Afrique connait et si aujourd’hui elle n’arrive pas à décoller c’est parce que le militaire ne se détache pas de la politique. Alors que ce sont deux domaines, deux champs de compétence différents. Mais le mélange de ce cocktail, l’armée plus la politique engendrent ce que l’on appelle Ils m’ont tiré salement cout à cout », a déclaré Gislain Mvoula Massamba.
Une idée partagée par Jacques Soni Rey de Tabéca qui pense que «cette pièce a été écrite en tenant compte des valeurs morales et de la dépravation des mœurs dans nos sociétés. Elle nous interpelle sur le viol, les violences faites aux femmes, la démocratie qui est mise à mal dans nos pays et ses guerres à répétition qui ne finissent pas », a indiqué Jacques Soni Rey de Tabéca, qui s’est dit satisfait de la pièce tout en souhaitant un bon retour Nicolas Bissi dans le monde théâtral.
Notons que cette pièce a été présentée le 8 avril, est aussi la date de naissance de Nicolas Bissi, comédien, scénographe et metteur en scène de ‘’Ils m’ont salement tiré coût à coût’’. Il fêtait ainsi ses 62 ans d’âge après que Fortuné Batéza venait de célébrer ses 25 ans de carrière théâtrale.
Achille Schillains, CONGOPROFOND.NET/Correspondant à Brazzaville
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« Descendez au refuge ! » : À Kyiv, j’ai vécu 2 alertes aériennes qui m’ont fait comprendre le quotidien des Ukrainiens sous les bombes (Carnet de voyage CONGOPROFOND.NET)
Pendant 3 heures d’échanges riches et passionnants avec des universitaires, des diplomates et des journalistes, nous avons eu l’opportunité exceptionnelle de découvrir les initiatives académiques et scientifiques portées par l’Ukraine en direction de l’Afrique, grâce au précieux accompagnement du Centre d’études africaines de l’Université nationale Taras Chevtchenko et de nombreux partenaires engagés.
Mais au-delà des discussions scientifiques et diplomatiques, c’est une expérience humaine forte qui marquera durablement ma mémoire.

Quand les sirènes interrompent la science
Alors que les échanges se déroulaient dans une atmosphère studieuse et conviviale, les sirènes d’alerte aérienne ont retenti à 2 reprises. À chaque fois, nous avons dû interrompre la conférence pour rejoindre en urgence un refuge anti-bombes.
Ces moments ont suscité en moi des émotions intenses. Descendre dans un abri souterrain alors que l’on participe à une conférence universitaire est une expérience qui dépasse l’imagination de ceux qui vivent loin du conflit. Cette réalité, je ne l’avais jusqu’alors observée qu’à travers les médias. La vivre personnellement m’a permis de mieux comprendre les conditions actuelles de l’Ukraine et les défis quotidiens auxquels les Ukrainiens sont confrontés depuis le début de l’agression russe.
Sur le chemin menant au refuge, une question me traversait l’esprit. J’ai alors demandé à notre hôte si les frappes russes visaient uniquement des objectifs militaires. Sa réponse fut aussi simple que percutante : « Que faut-il en penser lorsque nous sommes obligés, avec des étudiants et des chercheurs, de descendre dans un abri anti-bombes alors que nous discutons de science ? »
Cette interrogation résume à elle seule la réalité d’un pays où la guerre s’invite jusque dans les amphithéâtres, les salles de conférence et les espaces dédiés au savoir.
Le courage d’informer malgré la guerre

Cette visite a également été marquée par la présence d’une importante délégation de journalistes africains. Je tiens à saluer le courage et le professionnalisme de mes confrères venus de plusieurs pays du continent. Leur décision de se rendre en Ukraine en cette période particulièrement difficile témoigne d’un véritable engagement envers la recherche de la vérité et la compréhension des réalités du terrain.
Choisir de visiter un pays en guerre ne relève pas seulement du devoir professionnel ; cela exige aussi une part importante de courage personnel. Leur détermination à voir l’Ukraine de leurs propres yeux mérite d’être reconnue.
Cette visite m’a permis de découvrir une autre facette de l’Ukraine : celle d’un peuple qui continue d’enseigner, de rechercher, d’innover et de dialoguer avec le monde malgré les menaces permanentes. J’espère sincèrement que cette expérience contribuera à une meilleure compréhension des réalités que vivent quotidiennement les Ukrainiens et renforcera les liens entre l’Afrique et l’Ukraine dans les domaines de l’éducation, de la recherche et de la coopération internationale.
Une expérience qui rapproche l’Afrique et l’Ukraine

Au cours de cette tournée de presse, des journalistes venus du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Sénégal et du Togo ont eu l’opportunité de couvrir les activités organisées à l’Université nationale Taras-Chevtchenko de Kyiv et de découvrir de près la réalité ukrainienne. Leur présence a donné à cette mission une dimension véritablement panafricaine, favorisant les échanges d’expériences et le partage de regards sur les défis contemporains auxquels fait face l’Ukraine.
Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude à Saleck Zeid, Josiasse Assemon, Arnauld Kassouin, Aliya, Mohamed Diop, Robert Kra, Bernadette Ayelo Ablavi Ayibe, Paul Joel Kamtchang, Mor Amar, Eddy Tshiala Katala qui ont participé à cette tournée de presse en Ukraine. Leur professionnalisme, leur courage et leur volonté de témoigner des réalités du terrain ont contribué au succès de cette mission et à une meilleure compréhension mutuelle entre nos peuples. Ensemble, nous avons vécu une expérience marquante qui restera gravée dans nos mémoires bien au-delà de ce voyage.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
