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Tribune: Démocratie comme liberté de l’homme(Régis Ngudie, étudiant en philosophie)
« La démocratie se construit sur le fondement d’une ‘liberté égale pour tous’ les citoyens. »[1]
Elle devient un sujet qui fait couler encre et salive dans la société actuelle. Cette démocratie n’a pas commencée à exister aujourd’hui mais plutôt il y a de cela des années. Elle reste toujours d’actualité et fait des débats dans la classe politique et même paysanne d’un peuple, puis qu’elle concerne tout le monde et doit s’appliquer sur tout le monde. D’où cette démocratie se veut être vécue et vivante par tous les citoyens. Tout le monde a besoin de se sentir libre, apaisé, et vivant dans un environnement sain qui lui permet de se mouvoir et de déployer ses potentialités en vue d’une émergence commune. La démocratie doit avoir pour base la liberté, une liberté qui s’étend sur tout le champ qui autorise et favorise les droits de l’homme.
Cependant, la liberté ne doit pas être entendue ici comme le droit de tout faire. Chaque homme a ses droits et ses devoirs mais aussi des limites pour les étendre. Dire qu’être dans la démocratie c’est avoir une liberté de tout faire serait aberrant. La société dans laquelle nous vivons est régit par des lois et ces lois doivent être observées pour la bonne marche de ladite société et le bien être de ceux qui y habitent. On doit donc parler de la démocratie quand tout le monde vit dans la liberté qui respecte ses limites.
La démocratie libérale, parfois appelée démocratie occidentale, est une idéologie politique et une forme de gouvernement dans laquelle la démocratie représentative fonctionne selon les principes du libéralisme, à savoir la protection des droits des minorités et, en particulier l’individu.
La liberté, qu’est-ce à dire ?
Dans un sens péjoratif, la liberté est prise aujourd’hui comme démocratie. Il suffit d’entendre dire tout simplement « Toza na démocratie » (Nous sommes dans la démocratie), pour se référer à la liberté. La liberté dans l’agir et dans la pensée. Mais dans le sens propre du terme, la liberté revêt plusieurs définitions et pourrait avoir comme synonymes : « indépendance », « libre arbitre », « souveraineté ». Elle veut donc être une opposante farouche à « esclavage », « servage », « servitude », aliénation », « enfermement ». Elle est donc un pouvoir inaliénable de l’individu, elle est le droit que ce dernier a de disposer de sa personne et de son être, elle se veut être « libre » comme le vent, c’est-à-dire sans contrainte, sans barrière. Car l’homme dès par son essence est libre, son esprit est liberté !
L’homme garant de la démocratie
La démocratie est à vivre en toute liberté, elle est devenue aujourd’hui dans plusieurs Etats, surtout africains, une simple utopie, une « hystérie collective sans vraie conséquence politique et sans signification réelle dans la vie des africains ! »[2]. Elle est recherchée par ci par là, mais ne se laisse pas trouver.
Mais quels sont les signes pouvant montrer, prouver, ou au mieux tenter de penser que dans un Etat, dans une institution voire dans un groupe donné, la présence et l’effectivité d’une vraie démocratie vécue et vivante ?
Pour parler de la démocratie, il faut parler d’un peuple. Ce peuple est constitué des hommes. Là où vivent les hommes, il ne manque pas des problèmes dit-on. Cela revient à dire que dans l’interaction ou la réciprocité humaine, des contradictions se déclenchent, des problèmes socio-économiques sont soulevés, des questions de toutes sortes sont évoquées et cela touche n’importe quelle couche de la société, qu’elle soit bourgeoise ou paysanne.
Et pour palier à tout cela, la société, dans la tradition africaine utilisait autrefois ce qu’on appelle « arbre à palabre » où on pouvait discuter, allant ainsi à contre-courant de toute violence. La démocratie « se vérifie lorsqu’on accepte d’argumenter, de coopérer, de réfléchir, et de débattre. Elle n’est pas donnée, elle est toujours à inventer ». Tel est donc le début de la vie en société : Refuser de tuer le voleur dans les quartiers, Renoncer à la torture, parce que l’autre est un homme comme moi, nous dit Xavier AKONO.
Pour penser la démocratie, il faut repenser la pensée de l’homme actuel à savoir rendre l’autre libre et ainsi être garant d’une démocratie à sa façon. Elle est dans ce cas, participative et invite chacun à faire sa part dans la construction d’une démocratie d’un peuple, d’une nation…
Le grand travail des Etats africains serait donc lutter contre les anciens systèmes politiques que l’Afrique a vécu, des systèmes où la population n’était pas représentée. On peut penser à l’époque coloniale, à l’apartheid en Afrique du sud autrefois. Cette lutte exorciserait ces Etats du démon de l’autoritarisme, car elle est la forme de vie politique la plus corrompue, par son caractère spécifique qui est le désir de vouloir gouverner er régner par la force[3].
Voici quelques régimes politiques que regorge l’autoritarisme :
Nous allons nous servir ici, du dictionnaire « LE PETIT Larousse 2003 » pour définir les quelques concepts suivants :
- Tyrannie : C’est un gouvernement autoritaire qui ne respecte pas les libertés individuelles et sur lequel le peuple n’a aucun contrôle. On peut aussi parler de la tyrannie de la mode. Dans le sens où ce sont les choses qui exercent un pouvoir sur les hommes.
- Autocratie : c’est un système politique dominé par un monarque absolu appelé Autocrate. Celui qui dirige lui-même.
- Despotisme : c’est une forme de gouvernement dans lequel une seule personne détient tous les pouvoirs, c’est une forme d’autorité tyrannique. Mais on parlait aussi de despotisme éclairé au XVIIIeS où il y avait une forme de volonté d’assurer le progrès de la société par le gouvernement.
- Bonapartisme : C’est un attachement à la dynastie de Napoléon Bonaparte, une forme de gouvernement autoritaire et plébiscitaire, ratifiée par le suffrage universel.
- Absolutisme : Régime politique dans lequel tous les pouvoirs sont sous l’autorité du seul chef de l’Etat.
- Dictature : magistrature extraordinaire exercée par le dictateur ; régime politique instauré par un dictateur ; pouvoir absolu exercé par quelqu’un par un groupe. Ça peut aller dans le même sens que la tyrannie.
- Oligarchie : c’est un régime politique où l’autorité est entre les mains de quelques personnes ou de quelques familles puissantes ; ensemble de ces personnes, de ces familles
- Théocratie : Régime politique dans lequel le pouvoir est considéré comme venant directement de Dieu, et exercé par ceux qui sont investis de l’autorité religieuse.
- Monopartisme : système politique fondé sur l’existence d’un parti unique
- Fascisme : Régime établi en Italie de 1922 à 1945, instauré par Mussolini et fondé sur la dictature d’un parti unique, l’exaltation nationaliste et le corporatisme. C’est une doctrine et une pratique visant à établir un régime comparable, à des degrés divers, ai fascisme italien.
- Nazisme : National-Socialisme, désigné couramment sous le nom ou l’abréviation Nazisme est une idéologie politique d’extrême droite fondée en 1920 qui était dirigée par Joseph Hitler. L’idéologie consistait à considérer la race aryenne de supérieur au détriment des races : slaves, juives, tziganes qui étaient comme formant la classe des sous-hommes.
- Junte : Gouvernement à caractère autoritaire, le plus souvent militaire, issu d’un coup d’Etat.
Tous ces termes évoqués ci-haut expliquent mieux l’autoritarisme ; et l’Afrique aujourd’hui vit encore ces formes de régimes même sous des formes cachées, ce qu’on peut appeler autoritarisme voilé.
L’autoritarisme est le contraire de la démocratie. C’est un système qui renferme le pouvoir entre les mains d’un individu ou encore entre les mains d’un groupe de gens. Ici, le peuple n’a aucun mot à dire. C’est-à-dire que c’est un système où le peuple ne peut pas détenir le pouvoir ni choisir ses dirigeants. Ce qui est même le contraire de la démocratie qui est, selon Abraham Lincoln, Le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple.
Régis NGUDIE/CONGOPROFOND.NET
[1] W. OKEY Mukolmen CP , Action politique et banalité du mal. Actualité de la pensée politique de Hannah Arendt, Thèse de doctorat, Rome, 2007, p.262. Inédit.
[2] W. OKEY MUKOLMEN, op.cit p.355
3X. AKONO Sj, “Les piliers de la démocratie chez Eboussi Boulaga », in Congo-Afrique, n504 p.262-264, Kinshasa, Médiaspaul, (2016), p.263.
4 KIMPIANGA Mahaniah, Autoritarisme et démocratie, Kinshasa, centre de vulgarisation agricole, 1994, p. 17.
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Joseph Kabila : « Il faut balayer le système actuel et renouveler la classe politique congolaise »
L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a livré une rare prise de parole publique dans une déclaration rendue publique ce jeudi 11 juin. Au cœur de son message : une critique sévère de la gouvernance actuelle et un appel à une profonde transformation du paysage politique congolais.

Un plaidoyer pour un changement radical
Selon Joseph Kabila, la crise multidimensionnelle que traverse la RDC est avant tout le résultat d’un problème de gouvernance. L’ancien chef de l’État estime qu’un simple changement de dirigeants ne suffirait pas à redresser le pays.
« Il faut balayer ce système », affirme-t-il, plaidant pour une refonte de la classe politique congolaise afin de permettre l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants.
Une nouvelle classe politique pour la RDC
Pour l’ancien président, les mécanismes traditionnels de renouvellement politique n’ont pas produit les résultats escomptés. Il suggère ainsi d’explorer d’autres voies, notamment l’organisation de primaires, afin de favoriser une compétition politique plus ouverte et plus représentative.
Joseph Kabila considère que le système actuel ne permet pas d’apporter les changements profonds dont le pays a besoin et qu’une participation accrue des citoyens sera indispensable dans ce processus.
Le rôle central des citoyens
Au-delà des réformes institutionnelles, l’ancien président insiste sur la nécessité de renforcer le sens civique de la population. Selon lui, la transformation de la RDC ne pourra se réaliser que grâce à une implication active des Congolais dans la vie publique et dans la défense des valeurs démocratiques.
Il prévient toutefois qu’un tel chantier demandera du temps et ne pourra être mené à bien « ni en quelques semaines, ni en quelques mois ».
Une vision pour l’avenir du pays
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu en RDC. À travers ses déclarations, Joseph Kabila appelle à une réflexion de fond sur l’avenir du pays, estimant que les défis actuels nécessitent des réponses structurelles plutôt que des solutions ponctuelles.
L’ancien président défend ainsi l’idée d’un renouvellement du système politique et d’une mobilisation citoyenne capable d’accompagner les réformes qu’il juge indispensables pour la stabilité et le développement de la République démocratique du Congo.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET
