Félix Tshisekedi est proclamé vainqueur du scrutin présidentiel 2018. Il est le nouveau président élu de la RDC et succède donc à Joseph kabila. Il obtient plus de 7 millions de voix, contre 4 millions de voix pour Shadary et 6 millions sur Martin Fayulu.
Il s’agit de la première alternance politique de la République Démocratique du Congo après 17 ans de règne de Joseph Kabila, élu en 2006 et réélu en 2011 face à l’opposant historique Etienne Tshisekedi, père de Felix Tshisekedi.
Après une longue attente, la CENI vient de publier officiellement les résultats provisoires du scrutin de décembre 2018 dernier. Le candidat du Cap pour le Changement est proclamé vainqueur dudit scrutin.
Reste maintenant à mettre en œuvre son projet politique commun UDPS-UNC qui constitue l’accord de Nairobi signé entre lui et le candidat de l’UNC Vital Kamerhe. Ce dernier a donné naissance au CACH. Selon cet accord si Félix Tshisekedi est élu, il cédera la primature et d’autres ministères stratégiques à l’UNC.
Qui est Félix Tshisekedi ?
Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi, fils d’ Étienne Tshisekedi, est un homme politique Congolais né en 1963 à Kinshasa.
Il effectue ses études secondaires et humanitaires à Kinshasa puis travaille dans des entreprises qu’il a co-fondé.
Il rejoint les rangs de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), parti dirigé par son père, puis en devient l’un des cadres. Fin 2008, il est nommé secrétaire national de l’UDPS chargé de l’extérieur.
En novembre 2011, il est élu député national à Mbuji-Mayi, il est ensuite nommé secrétaire général adjoint de l’UDPS en 2016.
La volonté de Joseph Kabila de repousser indéfiniment l’élection présidentielle et de prolonger son mandat créé une situation tendue en RDC. L’opposition réunie au sein du Rassemblement de l’ Opposition (dont l’UDPS fait partie) négocie avec Kabila pour la tenue des élections. Étienne Tshisekedi dirige les négociations pour le Rassemblement et son fils fait partie de la délégation qui négocie. Les négociations aboutissent aux accords de la Saint-Sylvestre signés le 31 décembre 2016. À l’issue de ces accords, l’opposition doit proposer un candidat au poste de Premier ministre. Le nom de Félix Tshisekedi est souvent mentionné.
En mars 2017, Pierre Lumbi est nommé président du Conseil des Sages du Rassemblement de l’opposition, il est co-président du Rassemblement avec Félix Tshisekedi.
Le 7 avril 2017, c’est finalement Bruno Tshibala qui est nommé Premier ministre de la République démocratique du Congo, faisant perdurer les divisions au sein de l’opposition.
Fin mars 2018, il est élu à la présidence de l’UDPS. Il est aussi choisi candidat du parti pour la prochaine élection présidentielle, prévue pour décembre 2018. En août, la Commission Electorale Nationale Indépendante valide la candidature de Felix Tshisekedi à l’élection présidentielle.
Sera-t-il le candidat de la revanche ou de la vengeance ?
La question reste posée quand on sait que l’UDPS a subi plusieurs humiliations tout au long de son combat politique. Félix lui-même a été relégué avec son père dans leur village natal par Kabila le père. L’UDPS a aussi perdu plusieurs militants, beaucoup ont aussi été emprisonné.
Le candidat Félix Tshisekedi a promis de ne pas faire la chasse aux sorcières une fois élu. Mais entre dire et faire, il y a autant d’étapes à franchir. Est-il que selon les informations à notre possession, le CACH et le FCC seraient en négociation pour un atterrissage en douceur du processus électoral. Un autre fait et non le moindre est le rapport entre CACH et la coalition LAMUKA à l’issue de cette proclamation.
Les deux frères ennemis : Fayulu et Félix qui tout au long de la campagne ont fait preuve d’un combat rude et acharné se rapprochent sur plusieurs points de vue. D’ailleurs, plusieurs membres de LAMUKA entretiennent de bons rapports avec Félix Tshisekedi dont Moise Katumbi, Martin Fayulu, Pierre Lumbi, Kyungu Wa Kumwanza, Claudel Lubaya, etc.
La plus grande priorité du nouveau président est la lutte contre la pauvreté. Lors de sa campagne, le président élu a promis de l’éradiquer et de créer une classe moyenne.
En attendant, la population reste branchée sur la décision finale de la cour constitutionnelle, la seule habilitée à proclamer les résultats définitifs.
TMB/CONGOPROFOND.NET