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États-Unis–RDC : Minerais stratégiques, Grand Inga, corridor de Lobito… Washington et Kinshasa accélèrent leur partenariat à Paris
Les États-Unis et la RD Congo entendent donner un nouvel élan à leur coopération stratégique. C’est dans cette perspective que s’est tenue, le 5 novembre 2026 à Paris, en France, la 2ème réunion du Comité de pilotage conjoint (CPC), chargée de suivre l’application de l’Accord de partenariat stratégique conclu entre les 2 pays le 4 décembre 2025.
Dans une déclaration conjointe publiée à l’issue des travaux, les deux gouvernements ont réaffirmé leur ambition de bâtir un partenariat pragmatique, axé sur des résultats mesurables, autour de la paix et de la sécurité, de la croissance économique, des investissements responsables et du développement des infrastructures.

Minerais critiques : Washington et Kinshasa misent sur la transformation locale
L’objectif affiché est de dépasser le modèle traditionnel fondé sur l’extraction et l’exportation des matières premières. Les États-Unis et la RDC souhaitent encourager les investissements permettant de développer la transformation locale, le raffinage, la fabrication avancée, le transfert de technologies et la formation de la main-d’œuvre congolaise.
Les discussions ont également porté sur le cadre opérationnel de la Réserve d’actifs stratégiques (Strategic Asset Reserve – SAR). Les 2 gouvernements ont notamment examiné les procédures d’identification et de désignation des actifs éligibles, ainsi que les mécanismes permettant leur évaluation, leur hiérarchisation et leur mise en œuvre.
Cette démarche devrait faciliter la mobilisation d’investisseurs américains qualifiés, dans le respect des lois et réglementations en vigueur.
Corridor de Lobito et Grand Inga au centre des ambitions économiques
Une attention particulière a été accordée au corridor de Sakania-Lobito, considéré comme un levier important pour les investissements et le développement des échanges dans la région.
Le projet hydroélectrique Grand Inga a également occupé une place importante dans les échanges. Les deux parties reconnaissent son potentiel pour renforcer la production d’électricité, soutenir l’industrialisation, développer l’agro-industrie et favoriser l’intégration énergétique régionale.
Elles ont convenu de poursuivre les travaux techniques, financiers et institutionnels nécessaires à la préparation du projet, notamment l’actualisation des études de faisabilité, la mobilisation des financements publics et privés ainsi que la concertation avec les institutions financières de développement et les banques multilatérales.
Les discussions ont aussi porté sur la gouvernance du projet et la création de centres d’excellence destinés à soutenir son développement à long terme.
Paix dans l’Est : Les accords de Washington considérés comme une condition essentielle
Le volet sécuritaire demeure indissociable des ambitions économiques des 2 pays. Dans leur déclaration, les États-Unis et la RDC ont insisté sur la nécessité d’une mise en œuvre intégrale, vérifiable et durable des Accords de paix de Washington.
Ils ont réaffirmé leur attachement au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC, ainsi qu’à la protection des populations civiles.
Pour les 2 gouvernements, la restauration de la paix et de la sécurité dans l’Est congolais et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs constitue une condition essentielle à l’investissement durable, à l’intégration régionale et à la prospérité économique.
La déclaration souligne également l’importance de créer les conditions favorables au retour sûr et volontaire des personnes déplacées.
Le secteur privé appelé à jouer un rôle déterminant
Les 2 parties ont notamment évoqué la nécessité de structurer les échanges entre les investisseurs américains éligibles, les institutions financières, les institutions de financement du développement et les entreprises congolaises.
Cette mobilisation devra favoriser la création de valeur ajoutée sur le territoire national, le transfert de technologies, le développement des compétences et la création d’emplois de qualité.
Les 2 gouvernements ont, par ailleurs, insisté sur le respect de normes élevées en matière de transparence, de bonne gouvernance, de protection de l’environnement et de responsabilité sociale.
La participation effective des communautés locales, des entreprises et des travailleurs congolais figure également parmi les conditions mises en avant pour garantir des retombées durables et mutuellement bénéfiques.
Un mécanisme de suivi pour transformer les engagements en réalisations
Pour assurer la concrétisation de ces ambitions, les deux gouvernements ont convenu de renforcer la coordination entre leurs ministères, administrations, agences et institutions techniques. Ils ont également salué la tenue, le 26 octobre 2026, de la réunion inaugurale du Comité de coordination et de gouvernance du projet Grand Inga.
Parmi les prochaines étapes identifiées figurent notamment :
– L’identification des actions prioritaires en matière d’infrastructures et d’investissements liés au corridor de Sakania-Lobito ;
– La poursuite de l’élaboration du cadre opérationnel de la Réserve d’actifs stratégiques, notamment les procédures de désignation des actifs et de mobilisation des investisseurs ;
– La poursuite des travaux techniques et institutionnels relatifs au projet Grand Inga ;
L’organisation de rencontres ciblées avec les investisseurs américains, les institutions financières et les partenaires du secteur privé ;
– La désignation de points focaux institutionnels et l’établissement d’un calendrier de suivi dans le cadre du Mémorandum d’entente sur la paix et la sécurité.
Les parties souhaitent également définir clairement les institutions responsables, les échéances, les résultats attendus et les modalités de compte rendu pour chaque domaine prioritaire.
Vers une nouvelle étape des relations entre Washington et Kinshasa
A l’issue de cette deuxième réunion, les États-Unis et la RDC ont exprimé leur satisfaction quant à l’esprit constructif des échanges et réaffirmé leur engagement à poursuivre leur coopération dans le cadre du Comité de pilotage conjoint.
Les 2 gouvernements entendent ainsi faire évoluer leur partenariat vers une phase davantage opérationnelle, dans laquelle les engagements stratégiques devront se traduire par des investissements, des infrastructures, des emplois et des opportunités économiques concrètes.
Ils rappellent toutefois que le succès de cet accord ne devra pas uniquement être apprécié à travers le volume des investissements mobilisés, mais également au regard de sa contribution à la stabilité, au développement durable, à la formation du capital humain et à la prospérité partagée des populations congolaise et américaine.
La 2ème réunion du CPC marque ainsi une nouvelle étape dans le rapprochement entre Washington et Kinshasa, avec un défi majeur : faire des ressources naturelles et du potentiel économique de la RDC de véritables leviers de transformation et de développement pour le pays.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET