Culture
Fernando Césaire, du ghetto à la reconnaissance populaire : Richard Ali, le pygmalion du nouveau roi du punchline
Porté par son célèbre juron « Nazanga nionso mais Pushline te », Fernando Césaire s’impose comme l’une des révélations actuelles du slam congolais. Étudiant en art dramatique à l’Institut national des arts (INA), cet ancien membre du collectif Tetra doit également une partie de sa visibilité au regard précoce de Richard Ali, directeur de la bibliothèque du Centre Wallonie-Bruxelles.
Son nom circule désormais dans les milieux culturels kinois. Fernando Kusenza, alias Fernando Césaire, fait parler de lui par ses textes incisifs, ses punchlines percutantes et son aisance à manier le lingala. Sa formule « Nazanga nionso mais Pushline te » est devenue virale, révélant un artiste dont la parole traduit aussi les frustrations d’une jeunesse confrontée aux réalités socio-économiques du pays.
Son parcours s’est notamment construit sur différentes scènes culturelles, dont celles de l’Institut français et du Centre Wallonie-Bruxelles. Dans cette émergence, Richard Ali, aux côtés de Benjamin Masiya et d’Obed Bossa, a contribué à mettre en lumière ce talent.
« Parfois, c’était une blague quand j’avais cru aux talents de ces jeunes. Aujourd’hui, il est devenu crack », aurait-il confié.
Aujourd’hui, Fernando Césaire franchit une nouvelle étape avec sa qualification parmi les sept finalistes du Heshima Battle, dont la finale est prévue ce samedi 7 novembre à La Clé de Château.
Face à un jury comprenant notamment Jean-Goubald Kalala et le rappeur Zozo Machine, le slameur défend une expression où la force du texte prime sur les codes classiques du rap.
Dans un message de reconnaissance, l’artiste a résumé son ambition : « Je ne cherche pas seulement à faire entendre ma voix, je veux laisser une empreinte dans les esprits. »
Au-delà de son succès, cette ascension remet en lumière une discipline qui mérite davantage de visibilité en RDC. Aux côtés de figures comme Yekima, Yves Ponzo, Negue Fly, Obed Bossa, Benjamin Masiya et d’autres voix du mouvement, Fernando Césaire contribue au renouvellement du slam congolais.
Du collectif Tetra aux projecteurs du Heshima Battle, le jeune artiste poursuit son ascension. Le roi du punchline est peut-être en train de conquérir bien plus qu’une scène : une place durable dans le paysage culturel kinois.
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