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De l’ONU aux gouvernements africains : Guillaume Ngefa, Bintou Keïta et Damien Mama, 3 parcours au service de leurs pays
Après avoir exercé de hautes responsabilités au sein du système des Nations-Unies, Guillaume Ngefa, Bintou Keïta et Damien Mama mettent désormais leur expérience internationale au service de leurs pays respectifs. De Kinshasa à Conakry, jusqu’à Cotonou, ces nominations illustrent une tendance de plus en plus perceptible : la mobilisation par les États africains de compétences forgées dans les institutions multilatérales pour conduire leurs politiques publiques et renforcer leurs institutions.

Guillaume Ngefa : De l’expertise onusienne à la tête de la Justice congolaise
En RD Congo, Guillaume Ngefa incarne cette transition entre responsabilités internationales et fonctions gouvernementales. Fort de plus de 25 années d’expérience dans la promotion des droits de l’homme, l’État de droit et la gouvernance démocratique, cet ancien haut fonctionnaire des Nations-Unies a notamment occupé des fonctions de direction au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme à Genève.
Il a également exercé des responsabilités au Mali, au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), où il a dirigé les activités relatives aux droits de l’homme.
Après avoir achevé sa carrière onusienne à la fin de l’année 2024, il est nommé, en août 2025, ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux de la RDC. Une nouvelle étape professionnelle qui le place au cœur des enjeux liés à la réforme judiciaire, à la consolidation de l’État de droit et au fonctionnement des institutions.
Bintou Keïta : De la direction de la MONUSCO au défi de l’éducation en Guinée

Ancienne Sous-Secrétaire générale des Nations Unies et ancienne Représentante spéciale du Secrétaire général en RDC, elle a dirigé la MONUSCO de 2021 à 2025. Son expérience couvre plusieurs domaines stratégiques, notamment la diplomatie multilatérale, la gestion institutionnelle, la coordination internationale et la conduite de programmes complexes.
En juillet 2026, elle rejoint le gouvernement guinéen comme ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle.
Son nouveau portefeuille ministériel constitue un changement de domaine, mais mobilise des compétences acquises au fil d’une longue carrière internationale : pilotage stratégique, gestion des ressources humaines, coordination des partenaires et conduite des réformes institutionnelles. Autant d’atouts pour accompagner la transformation du système éducatif guinéen.
Damien Mama : De la coordination des Nations-Unies en RDC aux pôles territoriaux béninois

Géographe et spécialiste de l’aménagement du territoire, il cumule plus de vingt-cinq années d’expérience dans le développement international, l’action humanitaire, les opérations de paix et la coopération multilatérale.
Il a notamment été Coordonnateur résident des Nations-Unies au Togo et au Burundi, avant de devenir Représentant résident du Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD) en RDC, en mars 2023.
En juillet 2026, il accède aux fonctions de Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, à titre intérimaire, tout en assumant les responsabilités de Coordonnateur résident et de Coordonnateur humanitaire par intérim.
Il est désormais nommé ministre, Secrétaire permanent du Comité national de pilotage des pôles de développement territorial, rattaché à la Présidence de la République du Bénin. Une fonction stratégique qui l’amène à contribuer à la coordination des politiques de développement territorial et à la valorisation des potentialités économiques des différentes régions du pays.
Quand l’expérience internationale devient un atout national

Ces 3 nominations traduisent une réalité encourageante pour le continent : les compétences africaines acquises dans les grandes institutions internationales représentent un capital que les États peuvent mobiliser pour répondre à leurs propres défis.
Les Nations-Unies constituent, pour de nombreux cadres africains, un espace d’apprentissage, d’expertise et de confrontation à des environnements complexes. La gestion des crises, la coordination des acteurs institutionnels, la conduite des réformes et la négociation internationale font partie des expériences susceptibles d’enrichir l’action publique nationale.
De Kinshasa à Conakry, jusqu’à Cotonou, Guillaume Ngefa, Bintou Keïta et Damien Mama illustrent cette circulation des compétences entre les institutions multilatérales et les gouvernements africains.
Au-delà des nominations individuelles, leur parcours pose une question essentielle : comment les États africains peuvent-ils mieux reconnaître, attirer et valoriser les talents qu’ils ont eux-mêmes contribué à former ou qui ont acquis une expérience internationale au service du continent ?
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET