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Lubero : À Mighobwe, la culture du café, un héritage agricole qui nourrit des générations

Dans la chefferie des Batangi, au territoire de Lubero, au Nord-Kivu, la culture du café demeure une activité agricole profondément ancrée dans les habitudes de la population. Depuis les années 1975, cette filière contribue à l’économie locale et au financement de la scolarité de nombreux enfants.

Une tradition caféière qui remonte aux années 1975

Dans le village de Mighobwe, situé dans la chefferie des Batangi, la culture du café remonte à plusieurs décennies. Selon les témoignages recueillis auprès des anciens cultivateurs, cette pratique aurait pris son essor vers 1975, sous l’impulsion d’un expatrié qui avait initié les habitants à la plantation des caféiers.

À cette époque, la population était encore peu nombreuse et les plantations commençaient progressivement à transformer le paysage du village. Au fil des années, les champs de café se sont multipliés, accompagnant le développement de Mighobwe et contribuant à l’installation durable de cette activité dans la vie des habitants.

Un héritage transmis de génération en génération

Aujourd’hui encore, cette tradition agricole se perpétue dans plusieurs localités du Sud-Lubero, notamment à Mighobwe, Hutwe, Kikuvo et Vutegha. Les descendants des premiers cultivateurs ont repris le flambeau, faisant de la culture du café une activité familiale transmise de génération en génération.

Pour de nombreuses familles, cette production représente bien plus qu’une simple activité champêtre. Elle constitue une source de revenus et un moyen de subsistance, tout en participant au maintien des activités économiques rurales.

Le café, un soutien à l’éducation des enfants

Au-delà de son importance économique, la culture du café a également joué un rôle dans l’accès à l’éducation. Plusieurs anciens cultivateurs soulignent que les revenus issus de la vente des récoltes ont permis à de nombreuses familles de financer les études de leurs enfants.

La rentabilité de cette culture, particulièrement appréciée dans certaines zones du Sud-Lubero, explique en partie l’attachement des producteurs à cette filière. Malgré les difficultés auxquelles les agriculteurs peuvent être confrontés, le café continue ainsi d’occuper une place importante dans les exploitations familiales.

Le quinquina, puis le cacao : des cultures concurrentes

Toutefois, la prédominance du café n’a pas toujours été constante. Vers 2004, la culture du quinquina a gagné du terrain dans plusieurs localités environnantes, notamment à Karambi, Bingi, Bukomerwa et Kasugho. Cette évolution a progressivement modifié les choix agricoles de certains producteurs du territoire de Lubero.

Malgré cette concurrence, les cultivateurs de café restent attachés à cette production, héritée de leurs parents et grands-parents. Par ailleurs, la culture du cacao commence également à apparaître dans certaines parties du territoire, témoignant de la diversification progressive des activités agricoles.

Préserver un patrimoine agricole local

Pour les grands cultivateurs de la région, la pérennité de la caféiculture constitue un enjeu important pour les communautés rurales. Au-delà des revenus qu’elle génère, cette activité représente un patrimoine agricole et culturel qui a accompagné plusieurs générations.

L’expérience de Mighobwe et des localités voisines illustre ainsi la place qu’occupe le café dans l’histoire économique du Sud-Lubero. La transmission des connaissances agricoles et la valorisation de cette production demeurent essentielles pour permettre aux générations actuelles et futures de tirer profit de cet héritage.

Sadrack Bihamba/CONGOPROFOND.NET 

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