Santé
Santé des jeunes à Kinshasa : SANRU rapproche les services de contraception et de prévention des IST des adolescents
Faciliter l’accès des adolescents et des jeunes aux services de santé sexuelle et reproductive constitue l’un des axes d’intervention de SANRU Asbl en RD Congo. À travers plusieurs projets, l’organisation agit à la fois dans les établissements scolaires et au sein des communautés pour améliorer l’information, la prévention et l’accès aux soins.
Si Elikya ya Bilenge et PROMIS PF s’adressent principalement aux jeunes scolarisés de 15 à 19 ans, le projet UMCOR cible les adolescents et jeunes non scolarisés âgés de 15 à 24 ans. Cette complémentarité permet d’élargir les interventions à des profils différents et de tenir compte des besoins spécifiques de chaque groupe.

Des espaces adaptés aux besoins des jeunes
Dans le cadre d’UMCOR, les activités sont déployées dans les zones de santé de Matete et de Kalamu 1, à Kinshasa. Deux structures ont été ciblées : le Coin des jeunes de Matete et le Centre IST Matonge.
Les interventions sont menées directement dans la communauté, notamment à travers les visites à domicile et les causeries éducatives. Elles comprennent également l’offre de méthodes contraceptives modernes, le dépistage des infections sexuellement transmissibles et du VIH, ainsi que la prise en charge des IST.
Cette approche de proximité vise à faciliter l’accès des jeunes aux informations et aux services de santé, particulièrement pour ceux qui ne fréquentent plus le système scolaire et qui risquent d’être moins touchés par les programmes de sensibilisation en milieu éducatif.
Des prestataires formés pour un accueil sans jugement
L’amélioration de l’offre de services passe aussi par la formation du personnel des structures sanitaires. SANRU renforce les compétences des prestataires cliniques et communautaires afin qu’ils puissent fournir des services conviviaux, adaptés aux préoccupations des adolescents et des jeunes.
La formation concerne également le personnel non soignant, notamment sur l’accueil des jeunes. L’enjeu est de réduire les attitudes et les pratiques susceptibles de décourager leur recours aux services de santé sexuelle et reproductive.
Dans les structures ciblées par les projets en milieu scolaire, des mini-campagnes baptisées « Lelo ya Bilenge » sont organisées. Elles permettent aux jeunes d’accéder à des conseils et à des services adaptés. De jeunes infirmiers issus des instituts de techniques médicales, mobilisés comme distributeurs à base communautaire, contribuent à fournir des conseils et des méthodes contraceptives modernes aux jeunes sexuellement actifs qui en expriment le besoin.
Des intrants et des outils pour améliorer les prestations
Pour soutenir les activités, les coins de jeunes bénéficient de contraceptifs, d’intrants destinés à la prévention et à la prise en charge des IST, ainsi que d’outils de prestation et de gestion.
Les pairs éducateurs disposent également de supports de sensibilisation et de livrets d’informations utiles. Des jetons d’orientation facilitent leur référencement vers les espaces où les jeunes peuvent recevoir des services appropriés.
Les données collectées lors des prestations sont transmises aux zones de santé afin d’être intégrées au système national d’informations sanitaires. Ce mécanisme contribue au suivi des activités et à la documentation des services fournis.
Selon le bilan présenté par SANRU, les différents projets ont permis aux publics ciblés d’accéder à des services adaptés à leurs besoins. Toutefois, la consolidation de ces acquis reste tributaire de plusieurs facteurs.
La pérennité des interventions, un défi majeur
Les ruptures de stocks de contraceptifs et l’insuffisance de disponibilité de certains intrants figurent parmi les difficultés rencontrées. À cela s’ajoute la question du financement à long terme, essentielle pour éviter l’interruption des activités à la fin des appuis des bailleurs.
La pérennisation des coins de jeunes, le maintien des compétences acquises par les prestataires et la continuité de l’approvisionnement représentent ainsi des enjeux importants pour garantir aux adolescents et aux jeunes un accès durable aux services.
À travers ses interventions, SANRU met en avant une approche qui associe prévention, éducation, accompagnement communautaire et offre de soins. Le défi consiste désormais à renforcer la continuité de ces services afin que les jeunes, qu’ils soient scolarisés ou non, puissent continuer à bénéficier d’informations fiables et d’une prise en charge adaptée en matière de santé sexuelle et reproductive.
Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET