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Le français en Ouganda : Un voisin qui s’ouvre, et des opportunités pour les Congolais
Et si l’avenir professionnel de certains jeunes Congolais se jouait aussi à Kampala ? À l’heure où l’Ouganda investit dans l’apprentissage du français, la question mérite d’être posée.
Samedi 24 octobre, à Kitante Hill School, un programme de deux ans destiné à renforcer le français dans les écoles secondaires ougandaises est arrivé à son terme. Onze établissements ont été distingués au terme d’une évaluation nationale, pour la qualité de leur pédagogie et l’implication de leurs équipes.

Porté par l’Alliance française de Kampala, l’Association des professeurs de français en Ouganda (APFO) et l’ambassade de France, avec l’appui du Fonds de solidarité pour les projets innovants (FSPI), le projet a touché 230 enseignants sur les 250 visés, ainsi que 1 500 élèves. Son ambition : uniformiser les méthodes de travail et encourager l’innovation en classe.
Les organisateurs ne comptent pas en rester là. « Le projet FEF ne s’arrête pas aujourd’hui. Il va se poursuivre dans l’intérêt de tous », a assuré l’ambassadrice de France, Virginie Leroy. Pour Loïc Bovin, de l’Alliance française, la réussite tient à la mobilisation collective : « Le projet FEF a été un succès parce qu’on a pu réunir l’ensemble des acteurs du français. Et grâce aux directeurs d’écoles, aux professeurs de français et à tous les jeunes, on va pouvoir faire un projet qui va de l’avant. »
Pour Goma, Bukavu ou Lubumbashi, l’enjeu dépasse la simple coopération éducative. Plus il y aura d’Ougandais capables de s’exprimer en français, plus les échanges avec le voisin congolais seront fluides : commerce transfrontalier, formations, partenariats culturels et universitaires.
Cette évolution pourrait aussi créer des débouchés concrets pour les francophones congolais installés ou désireux de s’installer en Ouganda : enseignement du français, formation, interprétariat, traduction. Tout dépendra toutefois de la demande réelle du marché ougandais, qui reste à confirmer dans la durée.
En renforçant le français, l’Ouganda se rapproche un peu plus de l’espace francophone, dont la RDC constitue l’un des piliers en Afrique. Entre l’Afrique de l’Est anglophone et l’Afrique centrale francophone, ce rapprochement pourrait bénéficier aux deux rives de la frontière.
Franck T.