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Kinshasa : Fils Mukoko, le « prince de la rue » rattrapé par ses excès

Révoqué de ses fonctions à la RASKIN, frappé d’un embargo médiatique de 88 jours par le CSAC et confronté à des procédures judiciaires, Fils Mukoko traverse une zone de turbulences. Sa surenchère verbale pourrait avoir fragilisé son ascension politique.

Le « prince de la rue » connaît des heures difficiles. Figure de l’UDPS connue pour ses prises de position offensives, Fils Mukoko fait face à une série de revers administratifs, médiatiques et judiciaires.

Mercredi 21 octobre, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) lui a imposé un embargo médiatique de 88 jours, selon les informations rapportées par la presse. Cette mesure fait suite à des propos controversés, notamment des déclarations appelant à s’en prendre à des ressortissants occidentaux présents à Kinshasa. Une convocation a également été annoncée.

À ce revers s’ajoute sa révocation de la Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN), sur fond de manquements graves aux obligations professionnelles.

Icare, ou les limites de la provocation

La trajectoire de Fils Mukoko rappelle le mythe d’Icare, dont l’ambition démesurée provoqua la chute. À force de pousser la provocation, le « prince de la rue » semble avoir atteint un point de rupture.

La parole politique peut mobiliser les foules, mais lorsqu’elle est perçue comme une menace ou un appel à la violence, elle peut se retourner contre son auteur.

Ces événements surviennent dans un contexte de tensions au sein de l’UDPS, après la matinée politique animée par Augustin Kabuya. Aucun lien direct ne peut toutefois être établi entre cet épisode interne et les décisions prises à l’encontre de Fils Mukoko.

Au-delà de son cas, cette séquence pose une question essentielle : où s’arrête la liberté d’expression et où commence la responsabilité politique ? Si la première est indispensable à la démocratie, elle ne saurait justifier les menaces. De leur côté, les sanctions doivent reposer sur des faits établis et respecter les procédures légales.

Le « prince de la rue » n’a peut-être pas dit son dernier mot. Mais cette épreuve rappelle qu’en politique, la surenchère peut finir par coûter plus cher que le silence.

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