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RDC : Fils Mukoko dans la tourmente, entre enquête judiciaire, désaveu de l’UDPS et sanction du CSAC

La situation se complique pour Fils Benoît Mukoko-Mudipanu. Figure connue de la scène politique congolaise et directeur général adjoint de la Régie des voies aériennes de Kinshasa (RASKIN), il fait face à une série de réactions institutionnelles après la diffusion d’une vidéo dans laquelle il a annoncé son intention de distribuer des armes dans des lieux publics ( églises, stades, universités, etc.) et proféré des menaces contre des ressortissants occidentaux, notamment des Belges vivant en RD Congo.

La controverse a rapidement dépassé le cadre des réseaux sociaux. En moins de 24 heures , l’affaire a suscité une réaction du ministère de la Justice, un désaveu de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et une mesure conservatoire du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC).

Le ministère de la Justice saisit la justice

Face à la gravité des propos rapportés, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a annoncé avoir instruit le procureur général près la Cour de cassation d’ouvrir une enquête judiciaire.

Pour le gouvernement, la liberté d’expression, garantie par la Constitution, ne saurait justifier les menaces, l’intimidation ou la mise en danger de la vie d’autrui. Le ministre a insisté sur la nécessité de vérifier les faits dans le respect de la loi et des droits de chaque partie.

Cette démarche ouvre ainsi la voie à un examen judiciaire des déclarations attribuées à

L’UDPS prend ses distances avec Fils Mukoko

La réaction de l’UDPS n’a pas tardé. Dans un communiqué signé par son président intérimaire, Augustin Kabuya Tshilumba, le parti a condamné sans équivoque toute initiative visant à distribuer des armes à la population en dehors du cadre légal et des institutions habilitées.

La formation politique a également tenu à clarifier sa position sur le statut de Fils Mukoko. Elle affirme que celui-ci n’occupe aucune fonction en son sein et qu’il n’est pas associé aux démarches dénoncées.

En rappelant son héritage politique fondé sur la lutte pacifique depuis sa création, le 15 février 1982, sous la conduite d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba, l’UDPS a réaffirmé son attachement à la non-violence.

Ce désaveu public marque une prise de distance nette entre le parti présidentiel et celui qui lui est associé dans le débat politique.

Le CSAC impose 88 jours d’embargo médiatique

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication a, de son côté, décidé de prendre une mesure conservatoire contre Fils Benoît Mukoko-Mudipanu.

Réuni en urgence, le bureau du régulateur des médias lui reproche d’avoir, selon ses termes, fait l’apologie du crime en appelant la jeunesse à prendre les armes pour s’attaquer aux ressortissants occidentaux, notamment aux citoyens belges établis en RDC.

Le CSAC a prononcé un embargo médiatique de 88 jours, interdisant à l’intéressé de communiquer par les médias en ligne, les réseaux sociaux et les autres moyens de communication de masse visés par sa décision.

Cette mesure ajoute un volet médiatique à un dossier déjà marqué par des implications politiques et judiciaires. Ses modalités d’application et les éventuelles voies de recours relèvent du cadre légal applicable.

Une affaire aux résonances diplomatiques

Au-delà du cas personnel de Fils Mukoko, cette controverse intervient dans un contexte de tensions entre Kinshasa et Bruxelles, sur fond de contentieux judiciaires et de débats autour des relations entre les deux pays.

Les menaces rapportées contre des ressortissants belges donnent à l’affaire une dimension diplomatique sensible, alors que la protection des personnes et le respect de l’État de droit demeurent des enjeux majeurs.

L’évolution du dossier dépendra désormais des conclusions de l’enquête judiciaire et des suites réservées à la décision du CSAC.

L’affaire pose également la question de la responsabilité des personnalités publiques dans leurs prises de parole, particulièrement lorsque celles-ci sont susceptibles d’attiser les tensions ou d’encourager le recours à la violence.

Pour Fils Mukoko, l’heure est donc aux explications et à la clarification de sa situation, sur les plans judiciaire, politique et médiatique.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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