Connect with us

Infrastructures

Haut-Katanga – Kambove : le BCeCo relance 21 chantiers du PDL-145T et teste sa stratégie de redressement

Après plusieurs mois d’interruption, vingt-et-une infrastructures du Programme de Développement Local des 145 Territoires reprennent vie à Kambove et Sakania.

Au terme d’une mission de sept jours dans le Haut-Katanga, le Directeur général a.i. du Bureau Central de Coordination (BCeCo), le Prof. Dr. Sylvain Alongo Longomba, mise sur une nouvelle méthode pour accélérer l’achèvement des ouvrages abandonnés. Kambove devient ainsi le terrain pilote d’une stratégie appelée à s’étendre aux autres provinces d’intervention de l’institution.

À Kambove, à environ 150 kilomètres au nord-ouest de Lubumbashi, les chantiers du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T) retrouvent progressivement leurs ouvriers. Après de longs mois d’interruption, plusieurs infrastructures, dont l’école primaire Hekima, le centre de santé Kiwewe 2 et des bâtiments administratifs, renouent avec les travaux. À Sakania, près de la frontière zambienne, cinq autres ouvrages connaissent le même redémarrage.

C’est l’un des principaux résultats de la mission conduite du 11 au 17 octobre par le Prof. Dr. Sylvain Alongo Longomba, Directeur général a.i. du Bureau Central de Coordination. À travers cette tournée, le BCeCo entend donner une nouvelle impulsion à des projets dont les retards ont longtemps pesé sur les communautés bénéficiaires.

Mais au-delà de la reprise de vingt-et-un chantiers, l’enjeu est plus large : éprouver, dans le Haut-Katanga, une méthode de redressement susceptible de servir de référence aux autres provinces où intervient l’institution.

Kambove, laboratoire d’une nouvelle stratégie

Le choix de Kambove comme site pilote n’est pas anodin. À son arrivée à la tête du BCeCo, Sylvain Alongo Longomba a fait procéder à un état des lieux des infrastructures du PDL-145T. Le constat a révélé un nombre important d’ouvrages inachevés ou à l’arrêt dans plusieurs des neuf provinces couvertes par l’institution.

Écoles sans toiture, centres de santé privés de finitions, bâtiments administratifs immobilisés au stade du gros œuvre : derrière ces chantiers figés, des populations attendent toujours des équipements essentiels à leur quotidien.

Dans le Haut-Katanga, plusieurs projets ont été affectés par les défaillances de prestataires dont les contrats ont depuis été résiliés. Pour sortir de cette impasse, le BCeCo a élaboré une stratégie axée sur trois priorités : réattribuer les chantiers abandonnés à de nouveaux prestataires jugés performants, achever en régie directe les ouvrages presque terminés et procéder à la réception des infrastructures prêtes à être remises aux bénéficiaires.
« Pour achever, il fallait un plan de relance, parce que nous avons résilié les contrats des prestataires non performants », explique le Directeur général a.i.

Cette approche vise à éviter que les retards accumulés ne se prolongent davantage et à replacer l’achèvement des infrastructures au centre de l’action du BCeCo.

Vingt-et-un chantiers remis en mouvement

Sur le terrain, la stratégie se traduit par la reprise des travaux de seize infrastructures à Kambove et de cinq autres à Sakania. La mission a notamment donné lieu à la signature de procès-verbaux avec les nouveaux prestataires, à la notification des ordres de service de reprise et à la transmission des calendriers d’achèvement.

« Nous relançons les travaux avec de nouveaux prestataires qui ont été identifiés dans la région comme étant performants », souligne Sylvain Alongo Longomba.

Ces engagements marquent une nouvelle étape dans le suivi des projets. La reprise des travaux devra désormais être suivie d’une exécution effective, dans le respect des calendriers annoncés, afin que les infrastructures puissent être achevées et mises à la disposition des populations.

Les chiffres du Haut-Katanga donnent la mesure du défi. Sur les 88 infrastructures socio-économiques de base prévues dans le cadre du PDL-145T, 57 ont déjà été réceptionnées. Les ouvrages restants constituent ainsi une cible importante de la stratégie de redressement engagée par le BCeCo.

À Kipushi, l’épreuve de l’utilité publique
La mission ne s’est pas limitée aux chantiers à l’arrêt. À Kipushi, le Directeur général a.i. s’est également intéressé aux infrastructures déjà remises aux populations et appelées à faire l’objet de réceptions définitives.

L’objectif est de vérifier leur fonctionnalité réelle. Les écoles accueillent-elles effectivement des élèves ? Les centres de santé reçoivent-ils des patients ? Le mobilier et les équipements nécessaires sont-ils disponibles ?
Derrière ces questions se dessine une exigence : ne plus mesurer la performance d’un programme uniquement au nombre de bâtiments livrés, mais aussi à leur capacité à répondre aux besoins pour lesquels ils ont été construits.

Les constats effectués à Kipushi doivent contribuer aux réceptions définitives et permettre, si nécessaire, d’exiger des corrections auprès des entreprises concernées avant la levée de leurs garanties.

Le BCeCo et le Haut-Katanga vers un partenariat formalisé

À Lubumbashi, la mission a également ouvert un volet institutionnel. Le 12 octobre, Sylvain Alongo Longomba a été reçu en audience par le Gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe Shula. Les échanges ont notamment porté sur la formalisation des relations entre le BCeCo et le gouvernement provincial.

À l’issue de cette rencontre, le Directeur général a.i. a relevé l’absence d’un protocole d’accord de collaboration entre les deux institutions, malgré les vingt-cinq années d’existence du BCeCo.

« Il se fait qu’aujourd’hui, en vingt-cinq ans d’existence du BCeCo, il n’y a jamais eu de protocole d’accord de collaboration avec la Province du Haut-Katanga », a-t-il déclaré.

La conclusion d’un tel accord est envisagée prochainement. Elle devrait permettre de consolider le cadre de coopération entre les deux parties et de faciliter la mise en œuvre des projets de développement dans la province.

Un test grandeur nature pour le PDL-145T

Lancé par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Programme de Développement Local des 145 Territoires ambitionne de rapprocher les services de base des populations à travers la construction d’écoles, de centres de santé et de bâtiments administratifs. Le BCeCo assure l’exécution du programme dans neuf provinces.

Toutefois, les retards enregistrés sur certains sites ont fragilisé les attentes des communautés bénéficiaires. La mission du Haut-Katanga intervient dans ce contexte, avec l’objectif de favoriser le rattrapage des travaux et de renforcer le suivi des infrastructures.

Pour Sylvain Alongo Longomba, il s’agit notamment de partager avec les autorités provinciales une vision axée sur le parachèvement et l’achèvement des ouvrages existants.
Si l’expérience menée à Kambove atteint ses objectifs, elle pourrait inspirer les interventions du BCeCo dans les huit autres provinces où il accompagne la mise en œuvre du programme.

À Kambove comme à Sakania, la reprise des travaux constitue donc une première étape. Le véritable rendez-vous reste celui de l’achèvement des infrastructures et de leur mise en service. Pour les populations, l’essentiel ne sera pas seulement de voir les chantiers rouvrir, mais de pouvoir enfin utiliser les écoles, les centres de santé et les bâtiments publics attendus depuis des mois.

Barca Horly Fibilulu Mpia 

Copyright © 2025 Congoprofond.net