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FRN de Joseph Kabila : Serge Onyumbe dénonce une « paranoïa du pouvoir » et fustige une stratégie de division des Congolais

La proclamation de Joseph Kabila à la tête du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), une nouvelle coalition politico-militaire, continue d’alimenter les controverses en RD Congo. Pour Serge Onyumbe, coordonnateur national du Mouvement JeuneZevieux, cette évolution traduit moins une stratégie politique maîtrisée qu’une réaction à des initiatives qui auraient progressivement réduit les marges de manœuvre de l’ancien chef de l’État.

Dans son analyse, il estime que Joseph Kabila se retrouve confronté à une réalité politique qu’il n’aurait pas suffisamment anticipée, notamment avec la montée des appels en faveur d’un dialogue national soutenu par plusieurs forces vives du pays.

Il souligne que cette dynamique s’accompagne de revendications visant à exclure des discussions les acteurs considérés comme impliqués dans les violences et les conflits armés.

Une reconquête du pouvoir à tout prix ?

Serge Onyumbe interprète la prise de position de l’ancien président à la tête du FRN comme le signe d’une volonté de revenir au pouvoir, quitte à accentuer les tensions nationales. « Joseph Kabila semble s’être mis en tête 2 options : soit il revient au pouvoir à tout prix, soit il sombre avec le Congo tout entier », affirme-t-il, dans une déclaration particulièrement sévère à l’égard de l’ancien dirigeant.

Le coordonnateur national du Mouvement JeuneZevieux parle ainsi d’une « paranoïa du pouvoir », estimant que cette posture risque d’aggraver les divisions politiques et de fragiliser davantage la cohésion nationale. À ses yeux, la création ou la structuration d’une coalition politico-militaire autour de l’ancien président ne saurait être dissociée du contexte sécuritaire et des ambitions qui lui sont prêtées.

Le risque d’instrumentalisation des appartenances communautaires

Au-delà de la question du pouvoir, Serge Onyumbe met en garde contre ce qu’il considère comme une possible instrumentalisation de la fibre communautaire dans le discours politique de Joseph Kabila.

Selon lui, une stratégie fondée sur la victimisation et les clivages identitaires pourrait être mobilisée pour diviser davantage les Congolais. Il estime toutefois que les conséquences de la crise dans l’Est du pays ont aussi produit un effet inverse : celui de renforcer, chez une partie de la population, le sentiment de solidarité nationale.

Les événements survenus dans des villes comme Goma et Bukavu, confrontées à une grave crise sécuritaire, n’auraient donc pas nécessairement produit les divisions communautaires que certains acteurs pourraient espérer, soutient-il. Pour le responsable de JeuneZevieux, les Congolais doivent continuer à privilégier leur appartenance nationale et à défendre la paix, indépendamment de leurs origines provinciales ou communautaires.

Des démissions au PPRD saluées

Dans cette séquence politique, Serge Onyumbe salue également les démissions de membres du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), formation politique historiquement associée à Joseph Kabila.

Il considère ces départs comme le signe d’une prise de conscience de certains cadres et militants face à une orientation politique qu’ils ne souhaiteraient plus cautionner.

Pour lui, ces démissions témoignent des interrogations que suscite la nouvelle trajectoire de l’ancien président au sein même de son propre camp.

Cette lecture traduit une fracture politique que la prise en main du FRN pourrait accentuer, alors que les débats sur les conditions d’un dialogue national et sur la responsabilité des différents acteurs dans la crise congolaise demeurent particulièrement sensibles.

Un jugement historique particulièrement sévère

Dans une conclusion qui illustre la virulence de sa réaction, Serge Onyumbe dresse un parallèle historique extrêmement controversé entre Joseph Kabila et Adolf Hitler. Il estime que les générations futures pourraient retenir de cette séquence une image profondément négative de l’ancien président, qu’il accuse de contribuer à une dynamique dangereuse pour le pays.

Cette comparaison, qui relève du jugement politique personnel de Serge Onyumbe, donne la mesure de l’hostilité que suscite chez lui l’évolution actuelle de Joseph Kabila.

Au-delà de cette sortie au ton particulièrement incisif, la prise de contrôle du FRN pose plusieurs questions fondamentales : quelle est la stratégie politique réelle de cette coalition ? Quelle place entend-elle occuper dans la recherche d’une solution à la crise sécuritaire ? Et dans quelle mesure cette initiative peut-elle peser sur les perspectives d’un dialogue national ?

Pour Serge Onyumbe, une ligne rouge demeure : aucune ambition politique ne devrait primer sur la paix, l’unité nationale et la stabilité de la RD Congo.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET 

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