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RDC : Le SGNC lance le projet de cartographie aéroportée et géologique pour mieux connaître le sous-sol national
Le service Géologique national du Congo (SGNC) a officiellement lancé, ce lundi 5 octobre 2026 à l’aéroport national de Ndolo, à Kinshasa, le projet de cartographie aéroportée et géologique de la République démocratique du Congo, dénommé « PC2G-RDC ». Le programme vise à renforcer la connaissance scientifique du sous-sol congolais grâce à des données géophysiques à haute résolution et à des travaux géologiques complémentaires.
Prenant la parole à cette occasion, le Directeur général du SGNC, Raoul Wazenga Vitima, a présenté ce projet comme un instrument stratégique devant permettre à l’État congolais de mieux connaître, maîtriser et valoriser son potentiel minier.
Pour le responsable du SGNC, l’enjeu dépasse la seule recherche de nouveaux gisements. Il s’agit également de renforcer la maîtrise nationale des informations relatives au sous-sol et de disposer de données scientifiques fiables avant toute éventuelle décision concernant les ressources minières.
« La souveraineté ne commence pas au moment où le minerai est extrait. Elle commence lorsque l’État connaît son territoire, possède ses propres cartes, maîtrise ses données, conserve ses échantillons, développe ses laboratoires et forme les experts capables d’interpréter ses informations », a déclaré Raoul Wazenga Vitima.

Des données géoscientifiques à haute résolution
Le projet PC2G-RDC prévoit notamment le recours à des technologies embarquées sur des aéronefs spécialisés afin de réaliser des levés géophysiques à haute résolution. Ces opérations devront permettre de détecter et de mieux caractériser certaines structures géologiques, y compris dans des zones difficiles d’accès ou couvertes par une végétation dense.
Selon le Directeur général du SGNC, ces données devront contribuer à améliorer la couverture géoscientifique du territoire et à moderniser les informations actuellement disponibles.
L’objectif du projet est également d’identifier de nouvelles zones présentant un potentiel en ressources minérales, particulièrement pour les substances considérées comme critiques ou stratégiques. Les informations produites doivent, par ailleurs, permettre de mieux orienter les travaux d’exploration et de réduire les risques géologiques pour les investissements.
« Avant de négocier, la science doit parler »
Raoul Wazenga Vitima a particulièrement insisté sur la nécessité de disposer d’une connaissance scientifique solide du sous-sol avant toute décision stratégique ou économique concernant les ressources naturelles.
« Avant de négocier, la science doit parler. Avant la valorisation économique, la connaissance doit être établie. Et avant toute décision stratégique, l’État doit disposer de l’information nécessaire », a-t-il martelé.
Cette approche visé notamment permettre à l’État de disposer d’une base scientifique pour planifier ses priorités minières, négocier et organiser la valorisation de ses ressources.
Le programme prévoit également de produire des données utiles à la planification territoriale et à une meilleure connaissance des aléas géologiques.
Renforcer les capacités au-delà des cartes
Pour le SGNC, le principal enjeu du PC2G-RDC ne réside toutefois pas uniquement dans l’acquisition de nouvelles cartes. Le projet doit également contribuer à développer durablement les capacités nationales dans le domaine géoscientifique.
Le partenariat avec l’entreprise XCalibur Smart Mapping est ainsi appelé à favoriser le transfert de compétences, de technologies et de méthodes de travail vers les cadres et agents congolais du secteur.
« Notre objectif est clair : le Congo ne doit pas seulement être mieux cartographié, il doit être de plus en plus capable de se cartographier lui-même », a affirmé le Directeur général du SGNC.
Cette orientation implique, selon lui, la mise en place et le renforcement d’infrastructures nationales capables de conserver et d’exploiter les informations produites. Dans son discours, il a cité notamment une banque de données géoscientifiques nationale sécurisée et numérisée, des laboratoires performants, des capacités modernes de cartographie et de traitement des données, ainsi que des centres d’archives pour les échantillons.
Le responsable du SGNC plaide également pour un programme permanent de formation et de relève scientifique afin que les compétences acquises puissent être maintenues et développées sur le long terme.
Avec le PC2G-RDC, le SGNC entend ainsi inscrire la connaissance du sous-sol dans une démarche durable, fondée sur la production de données scientifiques, leur conservation et leur utilisation dans la prise de décision publique.
Blaise ABITA/CONGOPROFOND.NET