Santé
Butembo : un psychologue du CEPIMA cite Ebola parmi les facteurs pouvant favoriser les troubles mentaux
La maladie à virus Ebola figure parmi les facteurs pouvant favoriser les troubles mentaux. C’est ce qu’a affirmé Kasereka Mulavi Bénédicte, psychologue au Centre de protection des indigents et malades mentaux (CEPIMA), un centre neuropsychiatrique situé à Butembo, dans le Nord-Kivu. Il l’a déclaré ce samedi 10 octobre, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée chaque 10 octobre.
Selon ce psychologue, la maladie à virus Ebola peut notamment affecter la santé mentale en raison du déni ou des interrogations persistantes autour de son existence. Il estime que certaines personnes continuent à se demander si cette maladie existe réellement et si elle peut entraîner des troubles mentaux, d’où l’importance de la sensibilisation.
« La maladie à virus Ebola est l’un des facteurs favorisant les troubles mentaux. Tout part de l’acceptation. La communauté n’accepte pas que cette maladie existe et cela peut créer des troubles mentaux. Les gens se posent la question sur l’existence de cette maladie. Alors, c’est à nous, les psychologues, de faire comprendre aux gens qu’elle existe réellement, en les sensibilisant », a-t-il affirmé.
Le CEPIMA renforce son dispositif de prise en charge
Dans le contexte épidémiologique actuel, le CEPIMA a également adapté son dispositif de prise en charge des patients présentant des troubles mentaux. Un service de triage a ainsi été intégré au sein de la structure sanitaire.
Avant toute prise en charge, les patients présentant des troubles mentaux sont examinés afin de vérifier s’ils ne présentent pas également des signes compatibles avec la maladie à virus Ebola. En cas de suspicion, ils sont orientés vers une structure spécialisée dans la prise en charge des cas d’Ebola.
« Ici au CEPIMA, nous sommes en train de nous protéger et, pour cela, nous avons déjà ajouté un service de triage. Lorsqu’une personne arrive, nous devons d’abord rechercher les signes du virus Ebola pour savoir si elle présente réellement des troubles mentaux ou des signes d’Ebola. Si elle présente des signes d’Ebola, nous sommes obligés de la transférer dans une structure spécialisée de traitement d’Ebola », a fait savoir le psychologue.
La Journée mondiale de la santé mentale a été célébrée cette année sous le thème national : « La voix, un changement pour une bonne santé mentale ». À Butembo, le CEPIMA a organisé plusieurs activités, notamment une célébration eucharistique ainsi que des activités de détraumatisation destinées aux personnes présentant des troubles mentaux.
Dalmond Ndungo/CONGOPROFOND.NET