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Crash du Let 410 à Kenge : 2 manifestes de voyage différents sèment le doute sur les circonstances du drame
Le crash du Let 410 survenu ce vendredi 25 septembre à Kenge, chef-lieu de la province du Kwango, soulève déjà plusieurs interrogations. Alors que les circonstances exactes du drame restent à établir, les enquêteurs devront notamment déterminer s’il s’agit d’un accident ou si d’autres facteurs pourraient être à l’origine de cette catastrophe.
Parmi les documents retrouvés sur le lieu du crash et tombés entre les mains de la presse et des badauds figure le manifeste de voyage de la compagnie J.J. Airlines. Problème : 2 copies distinctes, portant la même date mais présentant des listes de passagers différentes, circulent désormais.

Un premier manifeste retrouvé à Kenge
La première copie, présentée comme un original retrouvé à Kenge et qui a relativement peu circulé, porte le numéro 1588. Elle mentionne 8 voyageurs : Nkarha, Kankolongo, Shangu, Mbawota, Bianga, Hortense, Pishandenga et Makéngo.
Ces personnes ne sont pas autrement identifiées sur le document. Aucun prénom ou postnom complet n’y apparaît, ce qui rend leur identification particulièrement difficile à ce stade.
Un second document avec plusieurs noms de la mission officielle
Le deuxième manifeste a été publié à Kinshasa par la journaliste Rachel Kitsita Ndongo, directrice du média Actu30. Portant le numéro 163, ce document renseigne, lui, 13 voyageurs.
Fait particulièrement notable, plusieurs noms correspondent à ceux repris dans l’ordre de mission du ministère de la Défense nationale, notamment Mutombo Katalay, Likulia Bakumi, Luntala Kibanzidi et Mabanzila Nzwamo.
Sur les 13 personnes figurant dans l’ordre de mission du ministère de la Défense nationale, seuls 4 apparaissent ainsi sur ce manifeste.
Le cas du sergent-major Mbumba Mikobi Jérôme, cité au numéro 11 de l’ordre de mission, semble toutefois différent. Selon les éléments disponibles, celui-ci aurait été rappelé avant le départ et n’aurait donc pas pris part au voyage. Son absence des manifestes de passagers ne serait, dans ces conditions, pas surprenante.
2 documents, 2 listes : les questions s’accumulent
La coexistence de ces 2 documents soulève néanmoins plusieurs questions auxquelles l’enquête devra apporter des réponses. J.J. Airlines a-t-elle effectivement établi 2 manifestes différents pour le même vol et à la même date ? Pourquoi les listes de passagers ne sont-elles pas identiques alors que l’espace disponible sur chacun des documents semble permettre d’inscrire davantage de noms ?
Autre élément troublant : le manifeste publié par Rachel Kitsita reprend certains noms de l’ordre de mission officiel, tandis que ceux-ci ne figurent pas sur le document retrouvé à Kenge. La différence de calligraphie laisse par ailleurs penser que les 2 documents ont été remplis par des personnes différentes.
Un bilan qui pourrait nécessiter des clarifications
Ces divergences sont également susceptibles de remettre en question le décompte des personnes présentes à bord. Si l’on s’en tient au manifeste publié par la journaliste Rachel Kitsita, 4 membres de la justice militaire figureraient parmi les passagers décédés.
Mais la prise en compte des 2 manifestes ouvre une autre hypothèse. Il faudrait alors considérer les 13 personnes du document publié à Kinshasa, les 8 noms du manifeste retrouvé à Kenge, ainsi que le pilote, le copilote et les autres membres d’équipage.
À cela s’ajoute une donnée à vérifier : selon des sources aéroportuaires, le Let 410 pourrait accueillir jusqu’à 18 personnes. Cette capacité devra être confrontée aux documents officiels du vol, aux données de l’appareil et surtout aux constatations des enquêteurs.
Pour l’heure, ces documents ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à une quelconque anomalie ou à un acte criminel. Ils soulignent toutefois la nécessité d’une enquête rigoureuse permettant d’établir avec précision l’identité de toutes les personnes qui se trouvaient effectivement à bord, ainsi que les circonstances exactes du crash.
Émile Yimbu / CONGOPROFOND.NET