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Politique

Ebola en RDC : Jean-Jacques Mbungani appelle à transformer les 267 millions USD américains en vies sauvées

Alors que la République démocratique du Congo fait face à sa 17ᵉ épidémie d’Ebola, le soutien financier annoncé par les États-Unis place la gestion de la riposte au centre des préoccupations. Dans une tribune faite à Washington ce 25 septembre 2026, le Dr Jean-Jacques Mbungani, ancien ministre de la Santé publique, Hygiène et prévention et député national élu du territoire de Budjala, dans la province du Sud-Ubangi, salue l’engagement de Washington tout en appelant à une utilisation rigoureuse des ressources mobilisées.

Le Département d’État américain a annoncé, le 23 septembre 2026 à New York, une enveloppe supplémentaire de 267 millions de dollars américains destinée à soutenir la réponse à l’épidémie. Selon les éléments rapportés dans la tribune, cette contribution porte notamment sur les unités de traitement Ebola, les équipements de protection individuelle, la surveillance épidémiologique, le traçage des contacts ainsi que les opérations d’inhumation dignes et sécurisées.

Pour Jean-Jacques Mbungani, cet appui constitue un signal important de solidarité entre les deux pays.

« Au nom du peuple congolais et particulièrement des populations de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Haut-Uélé, du Bas-Uélé, de la Tshopo et du Sud-Ubangi, je dis : Merci au Gouvernement et au peuple américain », a-t-il affirmé.

Mais au-delà de la gratitude, l’ancien ministre insiste sur une question centrale : comment garantir que les ressources annoncées atteignent effectivement les structures et les équipes qui interviennent dans les zones affectées ?

Il évoque notamment des difficultés signalées dans certaines opérations de riposte, citant le manque d’équipements de protection et des situations dans lesquelles des vaccinateurs auraient travaillé sans gants. Pour lui, ces insuffisances posent un problème de sécurité pour les agents de santé comme pour les personnes prises en charge.

« L’aide la plus généreuse échoue si le dernier kilomètre est en rupture », a-t-il déclaré.

Cette formule résume l’essentiel de son interpellation. Dans une riposte épidémique, les financements ne produisent leur plein effet que lorsqu’ils se traduisent par des équipements disponibles, des médicaments et produits sanitaires accessibles, des moyens logistiques opérationnels et un accompagnement effectif du personnel engagé sur le terrain.

L’élu de Budjala appelle ainsi à renforcer la traçabilité des 267 millions de dollars supplémentaires, avec une attention particulière portée aux équipements de protection, aux vaccins et aux primes de risque destinées aux équipes engagées dans la riposte.

Par ailleurs, il demande également un suivi régulier des stocks afin d’éviter les ruptures d’intrants essentiels. Dans sa proposition, il plaide que les livraisons devraient faire l’objet d’un suivi permettant de savoir ce qui est disponible dans les différentes zones de santé.

« Zéro rupture d’intrants : la coordination de la riposte doit suivre en temps réel les stocks de gants, combinaisons, tentes », préconise-t-il.

L’ancien ministre souhaite enfin que les Divisions provinciales de la Santé et les équipes opérationnelles soient davantage associées au suivi des besoins. Ces structures, estime-t-il, sont les mieux placées pour signaler les difficultés rencontrées au quotidien.

Son propos ne remet donc pas en cause l’importance du soutien américain. Il pose plutôt la question de son efficacité concrète. Selon les chiffres avancés dans sa tribune, l’aide américaine cumulée atteindrait désormais 887 millions de dollars, tandis que les États-Unis ont notamment apporté un appui en fournitures, dépistage, prévention et fonctionnement des structures de traitement.

Pour Jean-Jacques Mbungani, l’enjeu de cette nouvelle contribution dépasse ainsi la seule mobilisation financière. Il s’agit de faire en sorte que chaque dollar consacré à la riposte puisse être associé à une action concrète de protection et de prise en charge.

« L’histoire jugera cette 17ème épidémie non pas sur les montants reçus, mais sur le nombre de vies sauvées parce que chaque dollar est devenu un gant, un lit, un vaccin, un enterrement digne et sécurisé », a-t-il conclu.

À travers cette tribune, l’ancien ministre transforme donc le remerciement adressé à Washington en un appel à la responsabilité. Pour lui, l’arrivée de nouveaux financements doit surtout se mesurer à leur impact dans les centres de traitement, les zones de santé et auprès des agents engagés dans la lutte contre Ebola.

Blaise ABITA/CONGOPROFOND.NET