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Justice

Réformes Judiciaires : Guillaume Ngefa ouvre un nouveau front de coopération avec l’UE

La République démocratique du Congo veut renforcer son partenariat avec l’Union européenne dans le secteur de la justice. Cette volonté a été exprimée mercredi 23 septembre 2026 à Kinshasa lors d’un échange entre le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, et l’ambassadeur et chef de la délégation de l’Union européenne en RDC, Douglas Carpenter.

Au centre des discussions : l’accompagnement des principales réformes judiciaires engagées par le gouvernement congolais, notamment l’opérationnalisation du Tribunal pénal économique et financier (TPEF), le renforcement de la lutte contre la corruption, la modernisation des infrastructures pénitentiaires et la transformation numérique de la justice.

Le TPEF et la modernisation de la justice au cœur des échanges

Guillaume Ngefa a présenté à son interlocuteur les différents chantiers engagés par son ministère. L’opérationnalisation du TPEF figure parmi les priorités, aux côtés du renforcement des mécanismes de lutte contre la corruption et de l’opérationnalisation de la profession du notariat.

Ces réformes visent notamment à consolider l’État de droit, renforcer la sécurité juridique et contribuer à l’amélioration du climat des affaires.

La transformation numérique du secteur judiciaire a également été évoquée comme l’un des leviers de modernisation de l’administration de la justice et d’amélioration des services rendus aux justiciables.

Un établissement pénitentiaire moderne à Mbandaka

Les conditions de détention ont également occupé une place importante dans les échanges. Le Ministre d’État a rappelé l’appui déjà apporté par l’Union européenne à la réhabilitation de la prison de Bunia, avant de solliciter un accompagnement accru pour le projet de construction d’un établissement pénitentiaire moderne à Mbandaka.

La future infrastructure devrait être conçue pour répondre aux besoins actuels, mais également anticiper les besoins futurs en matière de capacité et de conditions de détention.

Cette demande intervient dans un contexte marqué par les contraintes budgétaires du ministère de la Justice. Selon les éléments présentés lors de la rencontre, son enveloppe annuelle est estimée à environ 50 millions de dollars.

Vers une mobilisation des partenaires techniques et financiers

Face à ces contraintes, Guillaume Ngefa a proposé la mise en place d’une concertation avec les partenaires techniques et financiers afin d’identifier des ressources supplémentaires susceptibles de soutenir les réformes considérées comme prioritaires.

De son côté, l’ambassadeur Douglas Carpenter a exprimé la disponibilité de l’Union européenne à poursuivre le dialogue avec le ministère de la Justice et à faciliter les échanges avec les partenaires pouvant contribuer au financement des projets identifiés.

Les infrastructures pénitentiaires et la transformation numérique de la justice ont notamment retenu l’attention de la délégation européenne.

Justice internationale et récupération des avoirs

Les échanges ont également porté sur la coopération judiciaire internationale et la lutte contre l’impunité. Le Ministre d’État a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération internationale afin de documenter les crimes internationaux, notamment ceux commis dans l’Est de la RDC.

La question de la récupération des avoirs issus de la corruption a également été abordée. Il s’agit notamment de renforcer les mécanismes permettant, dans le respect du droit applicable, l’identification, le gel, la saisie, la confiscation et, le cas échéant, la restitution des avoirs d’origine illicite.

Les droits humains, les libertés publiques et les enjeux liés à l’espace numérique ont enfin figuré parmi les sujets abordés, avec un accent mis sur le dialogue, la protection des droits fondamentaux et le respect de l’État de droit.

À l’issue de la rencontre, Douglas Carpenter a réaffirmé la disponibilité de l’Union européenne à poursuivre les échanges avec le ministère de la Justice et à examiner les possibilités d’accompagnement des réformes prioritaires du secteur.

Glody Bukasa