Connect with us

À la Une

Jean-Serge Onyumbe Wedi, un parcours pluriel avec la communication comme fil rouge

Il y a des parcours que l’on résume en quelques lignes. Et puis il y a ceux qui résistent aux biographies trop bien rangées. Celui de Jean-Serge ONYUMBE WEDI, souvent désigné par ses initiales JSOW, appartient à cette seconde catégorie.

Journalisme, communication, banque, ressources humaines, santé, enseignement, recherche, engagement associatif et réflexion politique : à première vue, le personnage semble avoir changé plusieurs fois de métier. À y regarder de plus près, il n’a peut-être jamais véritablement changé de terrain.

Son fil conducteur est ailleurs : la communication.

Comprendre les mots. Décoder les discours. Construire une image. Relier une organisation à ses publics. Observer la société. Et, progressivement, chercher à intervenir dans le débat public.

C’est cette trajectoire, faite de détours et de bifurcations, qui permet de mieux comprendre l’homme derrière les multiples casquettes.

La radio avant les grandes ambitions

Avant les titres de consultant, de chercheur ou d’expert en communication, il y a eu un jeune étudiant de l’UNISIC, alors IFASIC, attiré par le journalisme.

En 2005, Jean-Serge ONYUMBE WEDI effectue un stage à Radio Liberté Kinshasa sous l’encadrement de Serge KABONGO. Une expérience courte, mais suffisamment marquante pour laisser une impression durable à celui qui l’accompagne.

On le retrouve ensuite à Mirador FM, à la présentation du journal parlé, sous l’encadrement de Hubert TEMINA.

Puis vient la télévision, avec BRT Africa. Il y côtoie notamment Thierry MONSENEPWO, Paulette KIMUNTU, Patient LIGODI et Paul DIKASA, aujourd’hui disparu.

La presse écrite complète cette première formation. Au journal « La République« , il signe ses premiers articles sous l’encadrement de Rombeau KASONGO MABIA et sous l’œil du professeur BUDIM’BANI.

Le hasard, parfois, écrit de curieuses boucles.

Des années plus tard, BUDIM’BANI deviendra son promoteur de recherche lors de son mémoire de troisième cycle en communication à l’UNISIC.

Le jeune journaliste aura donc quitté les salles de rédaction, mais pas véritablement le monde de la communication.

Il en aura simplement changé d’échelle.

De la salle de rédaction au monde impitoyable de l’entreprise

La presse ne sera finalement qu’une première école.

Jean-Serge ONYUMBE WEDI va ensuite découvrir un autre univers : celui de l’entreprise, avec ses objectifs, ses procédures, ses performances et ses rapports de force.

Une première expérience dans les télécommunications, notamment chez Celtel, précède son entrée dans le secteur bancaire.

Il rejoint ProCredit Bank, alors en plein développement en RDC.

C’est là que commence une autre étape importante de son parcours.

La communication cesse d’être uniquement une pratique journalistique. Elle devient une fonction stratégique.

Au fil des années, il progresse dans l’organisation jusqu’à prendre en charge des responsabilités liées à la communication. En 2015, il rejoint la Banque Commerciale du Congo, la BCDC, autre grande institution du paysage bancaire congolais.

Le changement d’environnement ne modifie pas fondamentalement son terrain de jeu.

Il continue à travailler sur ce qu’il connaît le mieux : les messages, les organisations, les publics et la manière de créer une relation entre eux.

Quand le communicant s’intéresse aux hommes

Après la banque, nouveau virage.

Jean-Serge ONYUMBE WEDI rejoint Zenith Services RDC dans les ressources humaines et le recrutement, avec des responsabilités à la fois en communication et dans le domaine commercial.

Le centre de gravité se déplace.

Il ne s’agit plus seulement de promouvoir une institution ou de construire son image. Il faut désormais comprendre les profils, les compétences, les besoins des entreprises et les mécanismes d’insertion professionnelle.

Puis vient Bethel PMSE, active dans la planification et le maintien de la santé en entreprise.

Il y découvre notamment les questions liées à l’ergonomie et au bien-être des travailleurs.

Une expérience qui nourrit aussi sa conception du management : une organisation ne fonctionne pas uniquement avec des procédures ; elle fonctionne avec des hommes.

Cette expérience le conduit ensuite au Fonds de Promotion de la Santé, où il met son expertise communicationnelle au service d’un établissement public lié à la mise en œuvre de la couverture santé universelle.

Une nouvelle fois, le décor change.

Le personnage, beaucoup moins.

Jeune Ze Vieux : le moment où les idées deviennent concrètes

Mais c’est dans le champ associatif que son parcours prend une autre dimension.

Avec Jeune Ze Vieux, Jean-Serge ONYUMBE WEDI s’attaque à une question qui dépasse largement la communication : la transmission entre générations.

Le concept est simple, mais politiquement et socialement chargé : pourquoi faudrait-il opposer systématiquement les jeunes aux anciens ?

Pour JSOW, l’expérience des aînés peut constituer une ressource pour une jeunesse appelée à prendre progressivement le relais.

L’association veut donc créer des passerelles entre les générations.

Mais le projet ne s’arrête pas aux discours.

En 2019, Jeune Ze Vieux met en place à Kinshasa une école primaire privée fonctionnant sur le principe de la scolarisation gratuite pour des enfants défavorisés.

L’initiative prend alors une dimension très concrète.

Selon Business et Finances, l’établissement accueille 600 enfants au cours de sa première année.

C’est probablement ici que se trouve l’un des marqueurs les plus intéressants du parcours de Jean-Serge ONYUMBE WEDI : le passage du commentaire à l’expérimentation.

Parler de la société, oui.

Mais tenter également de construire, à petite échelle, ce que l’on défend dans le discours.

De l’association à la politique

La politique n’arrive donc pas totalement par surprise.

Elle semble plutôt s’inscrire dans le prolongement d’un cheminement déjà ancien.

Dans ses prises de position publiques, notamment en 2016, Jean-Serge ONYUMBE WEDI aborde plusieurs questions qui traversent alors la vie politique congolaise : dialogue, élections, Constitution, alternance, intégrité territoriale, participation citoyenne et renouvellement de la classe politique.

Il défend notamment l’idée d’un engagement citoyen qui ne soit pas exclusivement prisonnier des structures partisanes.

Le concept de « Collectif des indépendants » traduit cette volonté de faire exister, dans l’espace politique, des citoyens qui ne se reconnaissent pas nécessairement dans les appareils traditionnels.

Une idée qui rejoint finalement la philosophie de Jeune Ze Vieux : faire participer ceux qui, pour diverses raisons, restent à distance des espaces classiques de décision.

Le dialogue plutôt que la rupture

En 2016, au cœur de la crise politique congolaise, son discours s’inscrit également autour du dialogue et du compromis.

Il présente alors le dialogue comme un moyen de rechercher une sortie pacifique de la crise, tout en rappelant la nécessité de préserver le cadre constitutionnel.

Sur la limitation des mandats présidentiels, son positionnement de l’époque se veut attaché au respect de la Constitution et à la possibilité d’une alternance pacifique.

Sur la question de la « balkanisation », il place la défense de l’intégrité territoriale au-dessus des appartenances politiques.

Ces prises de position dessinent progressivement les contours d’une pensée politique : participation citoyenne, renouvellement générationnel, dialogue, institutions, Constitution et défense de l’intégrité territoriale.

La politique comme prolongement de la communication ?

C’est peut-être là que le parcours de Jean-Serge ONYUMBE WEDI devient le plus intéressant.

Car son entrée dans le débat politique ne signifie pas nécessairement l’abandon de son métier de communicant.

Elle peut aussi être l’extension de celui-ci.

Le communicant observe les sociétés à travers leurs discours. Le politique tente de transformer ces discours en projets collectifs.

Le chercheur, lui, cherche à comprendre pourquoi certains discours convainquent, mobilisent ou divisent.

Chez ONYUMBE WEDI, ces 3 dimensions semblent progressivement se rejoindre.

Son intérêt pour la sémiotique, l’analyse des identités et des pratiques discursives donne d’ailleurs une dimension académique à une interrogation présente depuis ses débuts : que disent les acteurs, comment le disent-ils et surtout, qu’est-ce que leurs discours produisent dans la société ?

Le chercheur derrière l’homme de terrain

Aujourd’hui, son profil public s’est encore enrichi.

Expert en communication, sémioticien, consultant, chercheur et doctorant, Jean-Serge ONYUMBE WEDI évolue désormais à la frontière de plusieurs mondes : l’entreprise, l’université, la communication institutionnelle et la réflexion politique.

Ses travaux prolongent ainsi une expérience professionnelle revendiquée de plusieurs années dans la communication des secteurs privé et public.

Il ne s’agit plus seulement de communiquer.

Il s’agit désormais de penser la communication.

Et peut-être même de comprendre comment elle contribue à construire les représentations que les Congolais ont de leurs institutions, de leurs dirigeants et d’eux-mêmes.

Bumbu, Kinshasa et la suite de l’histoire

Il y a enfin le point de départ géographique : Bumbu.

C’est dans cette commune populaire de Kinshasa que s’enracine l’histoire personnelle de celui qui, au fil des années, s’est retrouvé dans des environnements professionnels et intellectuels très différents.

Mais le parcours de Jean-Serge ONYUMBE WEDI n’est pas encore une histoire achevée.

Il continue de naviguer entre expertise professionnelle, recherche, action sociale et engagement public.

Son parcours ne permet pas de le réduire à une seule étiquette.

Journaliste ? Il l’a été.

Communicant ? Il l’est toujours.

Homme d’entreprise ? Son parcours le confirme.

Acteur associatif ? Jeune Ze Vieux en porte la trace.

Chercheur ? Ses travaux l’attestent.

Acteur politique ? Ses prises de position publiques et son engagement dans le débat citoyen l’inscrivent désormais dans cet espace.

Mais derrière toutes ces définitions demeure une même constante.

Les mots.

Les mots pour informer.

Les mots pour convaincre.

Les mots pour organiser.

Les mots pour transmettre.

Les mots pour analyser.

Et, désormais, les mots pour tenter de peser sur la marche de la société.

C’est peut-être là le véritable fil rouge de Jean-Serge ONYUMBE WEDI : un homme qui a changé plusieurs fois de terrain sans jamais vraiment changer de langage.

Et si son parcours continue de surprendre, c’est précisément parce qu’il reste difficile de savoir quelle sera la prochaine casquette.

Une chose paraît toutefois plus constante : l’envie de comprendre la société congolaise, d’en décrypter les codes et, d’une manière ou d’une autre, d’y prendre part.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET