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Société

La RDC brûle à répétition : ce que révèle une étude scientifique sur les causes des incendies

Depuis l’incendie meurtrier survenu dans la nuit du 4 au 5 septembre 2026 à la salle des fêtes Panacée, à Lingwala, les incendies enregistrés dans différents quartiers de Kinshasa et provinces du pays ravivent les inquiétudes sur la sécurité des habitants et la capacité de la capitale à prévenir et maîtriser les sinistres. Pourtant, ces interrogations ne sont pas entièrement nouvelles. En février 2024, des chercheurs avaient déjà consacré une étude aux incendies à Kinshasa, en analysant leurs principales causes et leurs conséquences. Que disait cette étude ? Et que peut-elle nous apprendre aujourd’hui, alors que la capitale fait face à une nouvelle succession de sinistres ?

Des incendies qui ne datent pas d’aujourd’hui

Les images d’habitations, de commerces ou encore d’espaces accueillant du public ravagés par les flammes sont devenues récurrentes dans la capitale congolaise. La succession récente de sinistres a une nouvelle fois placé la question de la prévention des incendies au centre des préoccupations.

Après le drame survenu à la salle des fêtes Panacée, les autorités ont notamment annoncé des mesures visant à examiner les conditions de sécurité de certains établissements recevant du public.

Mais au-delà de l’émotion provoquée par chaque incendie, une question demeure : pourquoi ces sinistres se produisent-ils et pourquoi certains deviennent-ils aussi difficiles à maîtriser ?

Une partie des réponses se trouve peut-être dans un document scientifique encore peu connu du grand public.

En 2024, des chercheurs se penchaient déjà sur le phénomène

Intitulée « Note préliminaire sur l’incendie, ses causes et conséquences à Kinshasa », l’étude a été publiée en février 2024 dans l’International Journal of Innovation and Applied Studies.

Elle a été réalisée par des chercheurs affiliés notamment au Centre de Recherches Géologiques et Minières (CRGM) et à l’Université de Kinshasa.

Pour parvenir à leurs conclusions, les chercheurs ont notamment exploité les statistiques du Corps des sapeurs-pompiers de Kinshasa, réalisé des observations, effectué des recherches documentaires et recueilli des informations auprès de victimes d’incendies.

L’objectif était notamment de mieux comprendre les causes des incendies enregistrés dans la capitale et leurs conséquences sur les populations.

L’électricité parmi les principales causes identifiées

L’une des conclusions importantes de l’étude concerne les anomalies dans l’utilisation du courant électrique.

Installations électriques défaillantes, mauvaises manipulations ou problèmes liés à l’utilisation de l’électricité peuvent ainsi constituer des facteurs de déclenchement des incendies.

Cette question mérite une attention particulière dans une ville où l’électricité fait partie du quotidien de millions de ménages, commerces et établissements.

Mais l’électricité n’est pas le seul facteur relevé par les chercheurs.

Bougies, produits inflammables et équipements dangereux

L’étude pointe également la mauvaise manipulation ou le mauvais usage de certains produits et équipements dangereux.

Les chercheurs citent notamment les bougies et les produits inflammables parmi les éléments pouvant contribuer au déclenchement ou à la propagation des incendies.

Autrement dit, derrière certaines catastrophes peuvent se trouver des gestes du quotidien qui paraissent anodins, mais qui deviennent particulièrement dangereux lorsqu’ils sont associés à des conditions de sécurité insuffisantes.

Quand les moyens d’intervention deviennent eux-mêmes un problème

L’autre élément particulièrement important relevé dans l’étude concerne les défaillances matérielles du dispositif de lutte contre les incendies.

Car identifier l’origine d’un incendie ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir intervenir rapidement et disposer des moyens nécessaires pour empêcher les flammes de se propager.

Cette dimension donne une autre profondeur aux incendies qui surviennent aujourd’hui à Kinshasa : la question n’est pas seulement de savoir « comment le feu a commencé ? », mais également « dans quelles conditions les secours peuvent-ils intervenir ? »

Des conséquences qui dépassent largement les dégâts matériels

Pour les chercheurs, les incendies ne se résument évidemment pas aux bâtiments détruits.

L’étude fait état de pertes matérielles, de décès, de blessures graves et de brûlures parmi les conséquences observées.

Chaque incendie peut donc produire des effets durables sur les familles touchées : perte du logement, destruction des biens, interruption des activités économiques et, dans les cas les plus graves, perte d’une vie humaine.

Dorcas Mwavita/Congoprofond.net