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RDC : Jean-Robert Isifua dédie son prix Africa Next Awards aux femmes commerçantes
Le président de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de la République démocratique du Congo (CCIS-RDC), Jean-Robert Isifua, a officiellement dédié aux femmes commerçantes le prix d’excellence qui lui a été décerné le 3 septembre dernier à Paris, lors des Africa Next Awards 2026.
Lors d’une rencontre organisée vendredi 18 septembre 2026 à Kinshasa autour de la situation des femmes commerçantes, Jean-Robert Isifua a expliqué avoir choisi de dédier cette distinction à celles qu’il considère comme des « forces vives de la nation ».

« Mon prix, je l’ai dédié aux mamans, femmes commerçantes », a-t-il déclaré, soulignant le rôle de ces dernières dans l’approvisionnement et la distribution des produits à travers le pays.
Pour le président de la CCIS-RDC, ces femmes contribuent quotidiennement au bien-être des ménages en assurant notamment l’accès aux produits de première nécessité. Il estime ainsi que l’amélioration de leurs conditions de travail doit constituer une préoccupation majeure.
Cette vision est notamment portée par le projet « PROXIS-Marché Péné Péné », initié au sein de la CCIS-RDC. Le projet ambitionne de moderniser et de structurer la chaîne d’approvisionnement ainsi que le circuit de distribution, tout en offrant des espaces de travail adaptés aux femmes commerçantes.
La concrétisation de ce projet, estime Jean-Robert Isifua, nécessite toutefois l’implication du pouvoir public. « Ce projet de PROXIS-Marché Péné Péné ne pourra pas se faire sans l’appui de notre gouvernement », a-t-il souligné.
Présent à la rencontre, le représentant du ministre de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire a, lui aussi, mis en avant le rôle des femmes dans la chaîne d’approvisionnement.
« Pour arriver à nourrir les Congolais, il faut l’intervention des femmes commerçantes », a-t-il déclaré, évoquant notamment leur participation au transport et à la distribution des produits auprès des consommateurs.
Selon lui, les efforts consentis par ces femmes pour contribuer à l’alimentation de la population méritent d’être reconnus, mais également accompagnés.
« Cette femme qui développe autant d’efforts pour nourrir les Congolais mérite autant d’honneur. Vous méritez, en dehors de cet honneur, un soutien et un encadrement », a-t-il affirmé.
L’ambassadeur du Royaume du Maroc en RDC, Rachid Agassim a quant à lui exprimé le souhait de voir le projet PROXIS-Marché Péné Péné se concrétiser.
« Moi, en tant qu’ambassadeur, mon vœu pieux est de voir les marchés, de voir ce projet se réaliser », a-t-il déclaré.
Le diplomate a dit souhaiter voir, à terme, les femmes commerçantes travailler dans de meilleures conditions et disposer d’un espace où elles pourraient exposer leurs produits et leur savoir-faire.
« Un jour, on va aller dans ce marché voir nos mamans à l’aise à exposer leurs produits, exposer leur savoir-faire, pas seulement les produits manufacturés et transformés, mais aussi tout ce qui se fait avec leurs mains », a-t-il ajouté.
Pour Rachid Agassim, la création d’un tel espace répondrait également à une demande observée auprès des étrangers vivant à Kinshasa, à la recherche de produits locaux, notamment agricoles, alimentaires et artisanaux.
« Tous les étrangers qui résident à Kinshasa ne cessent de demander où est-ce qu’on peut aller pour trouver les produits locaux, aussi bien les produits agroalimentaires que les produits artisanaux. À ma connaissance, il n’y en a pas », a-t-il fait remarquer.
Du côté des bénéficiaires, le besoin d’espaces adaptés pour écouler les productions locales a également été évoqué.
Une entrepreneure engagée dans la transformation et la valorisation du café congolais a notamment mis en lumière les difficultés d’accès aux circuits de distribution.
« Environ 80 % du café consommé sur notre marché est importé. Cette situation n’est pas normale. Nous devons créer davantage de valeur autour de nos propres produits », a-t-elle dénoncé.
Elle estime que le projet PROXIS-Marché Péné Péné pourrait contribuer à améliorer la visibilité des productions locales, particulièrement celles portées par les femmes.
« Beaucoup de femmes transforment des produits locaux, mais ne parviennent pas à les commercialiser faute d’espaces appropriés. Un programme qui leur offrirait des lieux accessibles pour exposer et vendre leurs produits constituerait une véritable solution », a-t-elle plaidé.
À travers le projet PROXIS-Marché Péné Péné, la CCIS-RDC entend ainsi contribuer à une meilleure organisation du commerce et à l’amélioration des conditions de travail des femmes commerçantes, avec l’appui attendu des pouvoirs publics.
Dorcas Ntumba