Médias
Médias au Congo : Entre l’héritage des pionniers et le défi de l’IA, le Premier ministre fixe le cap au SICOM 2026
Clôturant la série d’allocutions de la cérémonie d’ouverture du premier Salon de l’Information, de la Communication et des Médias (SICOM), le Premier Ministre de la République du Congo, Anatole Collinet Makosso, a délivré un message aux professionnels des médias, mêlant devoir de mémoire, exigences de modernité et promesses gouvernementales.
Prenant la parole après le ministre de la Communication, le Chef du gouvernement a tenu à rendre un hommage appuyé aux pionniers de la presse congolaise. De la parution du premier numéro de La Semaine Africaine (alors La Semaine de l’AEF) le 4 septembre 1952, à la création de l’Agence Congolaise d’Information en 1961, jusqu’aux figures emblématiques de l’audiovisuel telles que Jean Légal ou le duo Jean-Paul Kakou et Joseph Bitala, Anatole Collinet Makosso a célébré ces professionnels qui ont « rythmé notre vie » et préservé la mémoire collective.
Le Premier Ministre a également profité de cette tribune pour faire le point sur le cadre juridique congolais, célébrant les 25 ans de la « révolutionnaire » loi de 2001 sur la liberté de l’information, qui a dépénalisé les délits de presse. Face à l’émergence des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle, il a toutefois reconnu, rejoignant le diagnostic du ministre Moungalla, que ce texte nécessitait une actualisation urgente pour encadrer la nouvelle économie de l’information. Citant l’ouvrage
Le Virus invisible de la journaliste Dominique Dalla, il a rappelé que « la vitesse de diffusion ne peut remplacer la vérification » et que l’IA ne se substituera jamais au jugement critique du journaliste.
Sur le terrain des attentes syndicales, le Chef du gouvernement a répondu publiquement aux sollicitations de son ministre de tutelle. Outre l’opérationnalisation imminente du fonds d’aide à la presse, Anatole Collinet Makosso a engagé la responsabilité de son gouvernement concernant l’aboutissement du très attendu statut particulier des journalistes, soulignant la pression « forte et récurrente » exercée par le ministre Moungalla sur ce dossier.
La cérémonie s’est achevée par la remise d’un prix spécial de la liberté de la presse décerné au Président de la République, Denis Sassou N’Guesso. En réceptionnant cette distinction au nom du Chef de l’État, le Premier Ministre a salué un « acte de reconnaissance », affirmant que c’est sous cette gouvernance que la liberté de la presse congolaise est passée « du formalisme à l’effectivité ». C’est sur ces mots que les travaux de cette première édition du SICOM ont été officiellement déclarés ouverts.
Dorcas Mwavita/Congoprofond.net