Justice
Kongo Central : après le constat sur le terrain, Guillaume Ngefa annonce le temps du suivi
La mission d’écoute et d’évaluation du Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, dans la province du Kongo Central, s’est achevée vendredi 4 septembre 2026 avec une annonce majeure : la mise en place prochaine d’un comité de suivi réunissant le ministère de la Justice et les autorités provinciales.
Ce mécanisme devra assurer le suivi des différentes actions identifiées au cours de cette tournée effectuée notamment à Madimba, Mbanza-Ngungu, Muanda, Boma et Matadi.
C’est dans la ville de Matadi, dernière étape de sa mission, que le Garde des Sceaux a dressé le bilan de plusieurs jours d’immersion au cœur des réalités judiciaires et pénitentiaires de cette province du sud-ouest de la République démocratique du Congo.
À travers cette mission, Guillaume Ngefa Atondoko Andali voulait notamment évaluer le fonctionnement de l’appareil judiciaire, les conditions de détention, l’état des infrastructures et du patrimoine public, tout en recueillant les préoccupations des professionnels de la Justice et des citoyens.
À Matadi, le Ministre d’État a visité plusieurs services judiciaires et échangé avec les principaux acteurs de la chaîne judiciaire, notamment des magistrats, des avocats et des agents de l’administration judiciaire.
Conditions de travail, déficit en infrastructures et en équipements, archivage des dossiers, numérisation des services et situation administrative de certains agents ont constitué l’essentiel des préoccupations abordées au cours de ces échanges.
Le « phénomène casier » interpelle à la prison de Matadi
La visite de la prison de Matadi a, elle aussi, mis en lumière une réalité particulièrement préoccupante.
Sur place, le Ministre d’État a été confronté à ce que les détenus appellent le « phénomène casier », une expression utilisée pour décrire les conditions de couchage dans lesquelles plusieurs prisonniers sont contraints de dormir entassés les uns sur les autres, à l’image de casiers superposés.
Une situation qui illustre, une fois de plus, les défis liés à la surpopulation carcérale et à l’insuffisance des infrastructures pénitentiaires.
« L’objectif était d’évaluer la manière dont la Justice est distribuée dans cette province, mais aussi de recueillir la perception qu’en a la population. Nous avons l’obligation de nous assurer que la Justice rendue dans les différentes juridictions est conforme à notre Constitution et répond aux besoins de la population », a déclaré Guillaume Ngefa Atondoko Andali à l’issue de sa mission.
De Madimba à Boma, les défis passés au peigne fin
L’évaluation menée par le Ministre de la Justice ne s’est pas limitée aux cours et tribunaux.
Au cours de son périple, plusieurs problématiques ayant un impact direct sur l’administration de la Justice ont été examinées, notamment les conflits fonciers, les atteintes au patrimoine de l’État, la protection de l’environnement, les conditions de détention ainsi que la prise en charge des enfants en conflit avec la loi.
À Madimba, le Ministre d’État s’est notamment intéressé à l’ancien Établissement de garde et d’éducation des enfants en conflit avec la loi, aujourd’hui fortement dégradé. La possibilité d’une réhabilitation future d’une structure adaptée à leur encadrement, leur formation et leur réinsertion a été examinée.
À Mbanza-Ngungu, la situation de la prison centrale a retenu une attention particulière en raison de la surpopulation carcérale et de l’état des infrastructures.
À Muanda, la mission s’est penchée à la fois sur les conditions de fonctionnement des services judiciaires et sur un différend relatif à l’occupation de terrains situés dans une zone protégée des mangroves.
À Boma, Guillaume Ngefa Atondoko Andali a visité le site historique de Shinkakasa, dont la réhabilitation est envisagée en vue de son adaptation aux normes pénitentiaires modernes.
La question de l’occupation d’une partie de cette concession militaire, considérée comme stratégique pour la sécurité nationale, a également été soulevée.
« La protection du patrimoine de l’État, particulièrement lorsqu’il s’agit de sites stratégiques pour la sécurité nationale, appelle une vigilance particulière et des réponses appropriées », a souligné le Ministre d’État.
Un comité pour passer de l’évaluation à l’action
Au terme de cette tournée, Guillaume Ngefa Atondoko Andali a insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre le pouvoir central et les autorités provinciales.
Pour le Ministre d’État, plusieurs difficultés constatées sur le terrain ne pourront trouver des réponses durables qu’à travers une action concertée entre les différents niveaux de pouvoir.
« Je termine cette mission avec l’espoir que nous avons renforcé cette collaboration et cette coopération. Nous avons identifié les domaines sur lesquels nous devons travailler », a-t-il déclaré.
Le comité de suivi annoncé devra ainsi constituer un mécanisme permanent de coordination entre le ministère de la Justice et les autorités du Kongo Central.
Sur la base d’un calendrier précis, cette structure aura notamment pour mission de suivre les actions retenues, de coordonner les différentes interventions nécessaires et d’évaluer régulièrement les progrès accomplis.
Au-delà du simple constat, cette mission au Kongo Central ouvre donc la voie à une phase de suivi et de mise en œuvre des recommandations issues du terrain.
De Madimba à Matadi, en passant par Mbanza-Ngungu, Muanda et Boma, Guillaume Ngefa Atondoko Andali aura ainsi parcouru plusieurs réalités judiciaires et pénitentiaires de la province, avec pour ambition de rapprocher davantage l’action du ministère des préoccupations concrètes des citoyens et des professionnels du secteur.
La mise en place annoncée du comité de suivi devrait désormais permettre de transformer les constats effectués sur le terrain en actions concrètes, notamment dans les domaines du fonctionnement de l’appareil judiciaire, de l’amélioration des conditions de détention, de la protection du patrimoine public et du renforcement de la sécurité juridique et judiciaire.
Glody Bukasa