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Culture en RDC : Yolande Elebe ma Ndembo mise sur les réformes, le patrimoine et le soft power pour faire rayonner le Congo

Une année après l’installation du Gouvernement Suminwa II, la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe ma Ndembo, met en avant un bilan marqué par des réformes structurantes, la protection du patrimoine national et une diplomatie culturelle destinée à renforcer le rayonnement international de la République démocratique du Congo. Une orientation qui s’inscrit dans la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et se développe également en synergie avec le ministère des Sports et Loisirs.

Pour Yolande Elebe ma Ndembo, la culture ne saurait être réduite au seul domaine du divertissement. Elle constitue, selon elle, un socle de l’identité nationale, un instrument de cohésion sociale et un levier stratégique de développement économique et d’influence internationale.

C’est dans cette perspective que son ministère a engagé plusieurs chantiers visant à transformer progressivement le secteur culturel congolais en une véritable industrie créative, mieux organisée, professionnalisée et capable de contribuer au développement du pays.

Une Politique culturelle nationale pour structurer le secteur

L’une des principales avancées mises en avant au cours de cette première année est l’adoption de la première Politique culturelle nationale de la RDC.

Cette réforme constitue une étape importante dans la structuration d’un secteur longtemps confronté à l’absence d’un cadre stratégique global. Elle doit notamment permettre de mieux organiser les interventions publiques, de professionnaliser les acteurs et de créer les conditions favorables au développement des industries culturelles et créatives.

Cette nouvelle politique ouvre également la voie à la mise en œuvre du Statut de l’artiste, appelé à renforcer la reconnaissance et la protection des professionnels du secteur.

Dans le même temps, le ministère poursuit l’identification des artistes et acteurs culturels à travers le pays. L’objectif est de disposer d’une meilleure cartographie de l’écosystème culturel national afin d’adapter les politiques publiques aux réalités des différentes provinces.

Cette démarche doit également faciliter la planification des futures infrastructures culturelles, notamment les Maisons de la culture envisagées dans plusieurs provinces.

Patrimoine : protéger la mémoire et les symboles du Congo

La protection du patrimoine figure également parmi les priorités affichées par le ministère.

Plusieurs mesures ont ainsi été prises pour préserver des éléments emblématiques de l’identité culturelle congolaise. C’est notamment le cas de l’arrêté portant protection du tissu Kuba, considéré comme l’un des marqueurs majeurs du patrimoine culturel de la RDC.

Autre chantier important : la création du Centre national du cinéma, appelé à accompagner la structuration et le développement de l’industrie cinématographique congolaise.

Le patrimoine immatériel bénéficie également d’une attention particulière avec l’ouverture du Musée de la Rumba congolaise, installé dans l’ancienne résidence de l’illustre artiste Papa Wemba.

Ce lieu de mémoire se veut un espace de conservation et de transmission de l’histoire de la rumba congolaise, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Des objets, archives et témoignages confiés progressivement par des artistes et leurs familles viennent ainsi contribuer à la constitution de cette mémoire collective.

La diplomatie culturelle comme arme du soft power congolais

L’un des axes forts de l’action de Yolande Elebe ma Ndembo demeure la diplomatie culturelle.

La RDC entend désormais davantage utiliser ses artistes, son patrimoine et sa créativité comme instruments d’influence et de rayonnement international.

Dans cette dynamique, le pays a notamment présenté sa nouvelle Politique culturelle lors de Mondiacult Afrique, suscitant un accueil favorable. Le ministère travaille également à la relance des démarches liées au Centre international des civilisations bantoues (CICIBA).

Sur la scène artistique internationale, la présence congolaise s’est également renforcée. La RDC participe notamment à la Biennale de Venise, avec un pavillon consacré aux artistes plasticiens congolais, tandis qu’elle a été choisie comme pays d’honneur à la Biennale de Dakar.

Pour la ministre, ces rendez-vous internationaux constituent bien plus que de simples vitrines artistiques. Ils permettent de présenter une autre image de la RDC et de mettre en avant son potentiel créatif, son histoire et la richesse de sa diversité culturelle.

Culture et sport : 2 leviers pour l’image de la RDC

Cette stratégie de rayonnement ne se limite pas au secteur culturel. Elle s’inscrit également dans une collaboration avec le ministère des Sports et Loisirs.

L’idée est de faire de la culture et du sport deux composantes complémentaires d’une même stratégie d’influence. Les performances des athlètes, tout comme la créativité des artistes, peuvent contribuer à porter l’image de la RDC au-delà de ses frontières.

La volonté de distinguer prochainement plusieurs grandes figures congolaises de la musique, des arts et du sport s’inscrit dans cette logique. Ces personnalités sont appelées à devenir de véritables ambassadeurs du talent et du savoir-faire congolais.

Cette convergence entre culture et sport vise ainsi à renforcer la cohésion nationale, valoriser les talents et accroître l’attractivité de la RDC sur les scènes africaine et internationale.

Faire de la culture une véritable économie

Derrière cette politique de rayonnement se trouve également une ambition économique.

Le ministère veut faire des industries culturelles et créatives un secteur capable de générer des emplois, d’attirer des investissements et de créer de nouvelles sources de revenus pour les artistes et professionnels congolais.

La professionnalisation et la formalisation des acteurs figurent ainsi parmi les chantiers prioritaires, avec l’objectif de faciliter leur accès aux marchés et aux opportunités économiques.

Dans le même registre, une réforme de la législation sur les droits d’auteur est envisagée afin de tenir compte des transformations liées au numérique et de rapprocher le cadre juridique congolais des standards internationaux.

Une ambition : faire de la culture un outil de puissance

Au terme de cette première année, Yolande Elebe ma Ndembo défend donc une vision de la culture qui dépasse la seule promotion des arts.

Structurer, protéger, professionnaliser et exporter la créativité congolaise : telle apparaît comme la ligne directrice de son action.

À travers la Politique culturelle nationale, la valorisation du patrimoine, la diplomatie culturelle, la promotion des artistes et le développement des industries créatives, le ministère entend faire de la culture un véritable instrument d’identité, de développement et d’influence.

Une ambition qui rejoint la stratégie de soft power portée par les autorités congolaises : faire du talent, du patrimoine et de la créativité des atouts capables de contribuer au rayonnement durable de la République démocratique du Congo dans le concert des nations.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET