Justice
Kongo Central : 427 détenus pour 150 places, Guillaume Ngefa face à l’urgence carcérale de Mbanza-Ngungu
Conçue pour accueillir 150 pensionnaires, la prison centrale de Mbanza-Ngungu compte aujourd’hui 427 détenus. Surpopulation, manque de lits, un seul repas par jour, difficultés sanitaires et absence de subventions depuis plusieurs mois : le Ministre d’État Guillaume Ngefa Atondoko Andali a été confronté, mardi 2 septembre, à l’une des réalités les plus préoccupantes du système pénitentiaire dans le Kongo Central.
La surpopulation carcérale reste l’un des défis majeurs auxquels fait face la justice congolaise. À Mbanza-Ngungu, dans la province du Kongo Central, cette réalité se traduit par des chiffres particulièrement préoccupants.
En mission officielle dans la province, le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, s’est rendu à la prison centrale de Mbanza-Ngungu afin de constater directement les conditions dans lesquelles vivent les personnes privées de liberté.
427 détenus dans une prison prévue pour 150 personnes
Le constat est saisissant. Conçue pour accueillir 150 détenus, la prison centrale de Mbanza-Ngungu en compte actuellement 427, soit près de trois fois sa capacité d’accueil.
Selon le directeur de l’établissement, Trésor Malonda Nsanga, la population carcérale est composée de 191 prévenus et de 236 condamnés. Parmi les pensionnaires figurent également sept femmes et deux mineurs.
Installée dans une ancienne maternité, la prison ne dispose pas des infrastructures nécessaires pour accueillir une telle population carcérale dans des conditions adaptées.
La séparation entre les différentes catégories de détenus demeure difficile. Si les femmes bénéficient d’un espace distinct, les prévenus et les condamnés cohabitent dans le même environnement, tandis que les mineurs ne disposent pas d’un quartier spécialement aménagé.
Dormir à même le sol et survivre avec un repas par jour
Les difficultés liées à la surpopulation se répercutent directement sur les conditions de détention.
Le manque de couchettes oblige plusieurs détenus à dormir à même le sol. Les installations sanitaires sont insuffisantes et la direction de la prison affirme que les pensionnaires ne bénéficient actuellement que d’un seul repas par jour.
La situation sanitaire constitue également une préoccupation majeure. Des cas de tuberculose et de choléra ont été signalés au sein de l’établissement.
Le poste de santé de la prison, confronté à des moyens limités, assure essentiellement les premiers soins. Les cas nécessitant une prise en charge médicale plus importante sont transférés vers l’Hôpital général de référence de Mbanza-Ngungu.
À cette situation s’ajoute un autre défi : selon la direction, la prison n’a plus reçu de subventions depuis cinq mois.
Guillaume Ngefa à l’écoute des détenus
Face à cette situation, le Ministre d’État a tenu à échanger directement avec plusieurs détenus.
Au cours de ces échanges, les pensionnaires ont exprimé leurs préoccupations concernant leurs conditions de vie, l’alimentation, l’accès aux soins médicaux ainsi que le suivi de leurs procédures judiciaires.
Cette approche traduit la volonté du Ministère de la Justice de partir des réalités vécues sur le terrain, au-delà des rapports administratifs, afin de mieux identifier les difficultés et les réponses à apporter.
Un Parquet toujours installé dans une structure de 1956
La visite du Ministre d’État à Mbanza-Ngungu ne s’est pas limitée à la prison.
Au Parquet de grande instance, Guillaume Ngefa a également constaté l’état des infrastructures judiciaires. Cette institution fonctionne toujours dans une structure en bois datant de 1956, aujourd’hui fortement dégradée.
Une situation qui témoigne des difficultés auxquelles sont confrontés les services judiciaires dans plusieurs provinces du pays.
Pour fonctionner efficacement, une justice moderne ne peut se limiter aux réformes institutionnelles et à la disponibilité des magistrats. Elle nécessite également des infrastructures adaptées, capables d’offrir des conditions de travail dignes au personnel judiciaire et un accès convenable aux citoyens en quête de justice.
Du constat à l’action
La visite de Mbanza-Ngungu constitue la deuxième étape de la mission officielle du Ministre d’État dans le Kongo Central.
À travers cette tournée, Guillaume Ngefa entend établir un état des lieux des services judiciaires et pénitentiaires, des infrastructures, des équipements ainsi que du patrimoine foncier et immobilier relevant du Ministère de la Justice.
L’objectif est désormais de transformer les constats effectués sur le terrain en priorités concrètes.
Le désengorgement des prisons, l’amélioration des conditions de détention, la protection des personnes vulnérables ainsi que la réhabilitation des infrastructures judiciaires et pénitentiaires figurent parmi les principaux défis mis en évidence.
À Mbanza-Ngungu, les chiffres résument à eux seuls l’urgence : 427 détenus dans une prison prévue pour seulement 150 personnes.
Après cette étape, le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux poursuivra sa mission dans le Kongo Central, avec des visites prévues notamment à Matadi, Boma et Muanda.
Glody Bukasa