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Rentrée scolaire à Butembo : La peur d’un confinement lié à Ebola freine la reprise dans plusieurs écoles primaires

La rentrée scolaire 2026-2027 a été timide, ce mardi 1er septembre 2026, dans plusieurs écoles primaires publiques de la ville de Butembo, au Nord-Kivu.

Ce constat a été fait lors d’une ronde effectuée par le reporter de CONGOPROFOND.NET. Parmi les principales raisons avancées par certains chefs d’établissements figure la crainte d’un éventuel confinement en lien avec la maladie à virus Ebola.

À l’École primaire Matengenezo, située dans le quartier Kambali, en commune de Vulamba, le directeur, Paluku Vahisirya, a déploré une faible affluence des élèves. Sur un effectif d’environ 1 400 écoliers, seuls quelque 400 étaient présents ce mardi.

« Nous sommes déjà là, nous attendons les élèves et nous ne savons pas pourquoi ils ne sont pas encore tous là. Cela peut être dû à plusieurs choses. Il y avait des rumeurs selon lesquelles on pouvait avoir un confinement à cause d’Ebola. Les parents ont peut-être préféré attendre pour voir ce qui allait se passer. Entre-temps, les gens n’ont pas non plus l’habitude de commencer au milieu de la semaine. Cela peut être l’un des facteurs. Chez moi, j’ai un effectif de 1 400 élèves, mais aujourd’hui, j’en ai difficilement 400 », a regretté le directeur.

Même constat du côté des enseignants, qui confirment le caractère timide de cette rentrée. Kaseraka Kitsetsere Etienne, enseignant à l’EP Kyambuli, assure pour sa part que le personnel enseignant est disposé à reprendre pleinement les cours dès que les élèves seront présents.

« La rentrée est timide. Les écoliers se présentent petit à petit. Enseigner, c’est notre métier et nous l’aimons. Nous sommes prêts à enseigner et, dès que les élèves vont arriver, nous allons les encadrer, demain et même après-demain, dans le respect des mesures barrières contre Ebola », a-t-il déclaré.

Des mesures de prévention, mais une distanciation difficile

Concernant les mesures de prévention contre Ebola, les responsables d’établissements visités indiquent que des dispositifs de lavage des mains ont été installés devant les salles de classe. L’accès aux classes est notamment conditionné au lavage correct des mains.

La distanciation physique demeure toutefois un véritable défi, en raison de la capacité d’accueil limitée de certaines salles de classe.

« Nous avions déjà commencé à observer ces mesures avant la fermeture en juillet, avec des lave-mains, et nous avons également deux thermoflashs. Mais la distanciation physique reste difficile, voire impossible. Quand on a, par exemple, 60 élèves dans une classe, si on veut les faire asseoir un à un en respectant la distance, il faut une très grande salle. Deux par deux, cela peut aller, mais il faut également de grandes salles. Si nous devions respecter strictement la distanciation, nous ne pourrions plus accueillir autant d’élèves. Avec un effectif de 1 400, nous risquerions de n’en recevoir que 700. C’est le problème. Nous allons donc les faire asseoir comme à l’ordinaire », a expliqué Paluku Vahisirya.

Les élèves appellent leurs camarades à reprendre le chemin de l’école

Quelques écoliers interrogés par l’ACP ont, de leur côté, exprimé leur joie de retrouver le chemin de l’école. Ils ont néanmoins regretté la faible affluence observée en ce premier jour et appelé leurs camarades à reprendre les cours dès mercredi afin de ne pas accumuler de retard dans les apprentissages.

Ils ont également exhorté leurs enseignants à ne pas les pénaliser en raison des mots d’ordre lancés par certains syndicats appelant au boycott des cours, plaidant pour que l’intérêt des apprenants demeure au centre des préoccupations.

Une reprise plus effective au secondaire

Dans plusieurs écoles secondaires publiques et privées de Butembo, la rentrée a en revanche été plus effective. Dès ce premier jour, quelques cours introductifs ont été dispensés dans des établissements tels que les Instituts Kambali, Butembo, Kalemba, Kavaghendi, Kanyabayonga et Kivako.

Dans certaines écoles primaires, notamment Matengenezo, Kyambuli, Nyamusigha et Kavaghendi, où les effectifs étaient encore faibles, les élèves présents ont été, dans plusieurs cas, soumis à des travaux d’assainissement des salles de classe.

Cette rentrée intervient dans un contexte social tendu dans le secteur de l’éducation. La veille, l’Intersyndicale et le Syndicat des enseignants du Congo (SYECO) avaient appelé les professionnels de la craie à observer un mouvement de grève jusqu’à la satisfaction de leurs revendications, notamment le paiement des enseignants nouvelles unités (NU) et non payés (NP), l’effectivité de la mutuelle de santé ainsi que la suppression des zones salariales.

Dalmond Ndungo / CONGOPROFOND.NET