Education
UNIKIN : à travers sa thèse, Darwin Kambale dénonce les intérêts économiques des États comme un frein à l’action climatique en Afrique
À l’occasion de sa soutenance de thèse en Droit international public et africain, ce jeudi 27 août au Chapiteau de l’Université de Kinshasa (UNIKIN), Kambale Isemughole Darwin a mis en lumière les difficultés du droit international face au changement climatique. Son travail, consacré aux « Défis du cadre normatif et institutionnel de la régulation du climat mondial face à la souveraineté étatique », montre notamment que les intérêts économiques des États peuvent constituer un obstacle à l’adoption de mesures climatiques plus contraignantes.
Selon le nouveau docteur, la souveraineté des États reste au cœur de cette difficulté. Lorsque les gouvernements privilégient leurs intérêts économiques et la compétitivité de leurs entreprises, ils peuvent être moins disposés à accepter des normes environnementales strictes. Il cite notamment l’exemple de l’Union européenne, qui a instauré depuis 2005 un marché d’échange d’émissions de carbone imposant aux entreprises des quotas et les poussant vers une production plus durable, notamment grâce aux énergies renouvelables, dont le coût reste important.
Cette différence de contraintes peut, selon lui, créer une distorsion de concurrence entre les entreprises soumises à des normes environnementales strictes et celles provenant de pays où les exigences sont moins élevées. C’est dans ce contexte que l’Union européenne a mis en place des mécanismes d’ajustement carbone aux frontières, afin de rechercher une certaine égalité entre les produits importés et ceux fabriqués sur son marché dans des conditions environnementales plus réglementées.
Pour Kambale Isemughole Darwin, cette situation révèle les limites du cadre international de lutte contre le dérèglement climatique. Malgré les différentes COP et les avancées enregistrées avec l’Accord de Paris de 2015, le droit international demeure, selon son analyse, « mou » et flexible. L’absence de règles suffisamment contraignantes s’explique notamment par la place centrale des États et par la volonté persistante de préserver leurs intérêts nationaux et économiques.
Le doctorant en déduit que le réchauffement climatique constitue non seulement une menace pour les États, mais également pour l’exercice de leur souveraineté. Il plaide notamment pour un cadre international plus ambitieux en matière de protection de l’environnement, ainsi que pour une mobilisation accrue du financement climatique et du crédit carbone. À l’issue de sa soutenance, Kambale Isemughole Darwin a obtenu le titre de docteur en Droit avec la plus grande distinction.
Exaucé Kaya