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𝟭𝟲 𝗝𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗱’𝗮𝗰𝘁𝗶𝘃𝗶𝘀𝗺𝗲 𝟮𝟬𝟮𝟲: Q𝘂𝗮𝗻𝗱 𝗹’𝗮𝗰𝘁𝘂𝗮𝗹𝗶𝘁é 𝗰𝗼𝗻𝗴𝗼𝗹𝗮𝗶𝘀𝗲 𝗱𝗼𝗻𝗻𝗲 𝘂𝗻 é𝗰𝗵𝗼 𝗮𝘂 𝘁𝗵è𝗺𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗰𝗮𝗺𝗽𝗮𝗴𝗻𝗲
ONU Femmes a dévoilé le thème de la campagne des 16 Jours d’activisme 2026 contre les violences faites aux femmes et aux filles : » Garantir la justice. Protéger les survivantes. Mettre fin à l’impunité. »
En République démocratique du Congo, le choix de ce thème intervient dans un contexte où une affaire de violences conjugales présumées impliquant deux figures connues du monde musical fait largement réagir sur les réseaux sociaux.

Depuis quelques jours, des audios attribués à l’ex-danseuse Linda Danse circulent massivement en ligne. Dans ces témoignages, elle affirme notamment avoir été victime de violences physiques, d’insultes et de comportements d’humiliation qu’elle subit de la part de son époux, musicien connu du public congolais. Des photographies présentées sur les réseaux sociaux comme montrant les conséquences de violences circulent également.
Ces accusations, qui doivent naturellement être examinées avec prudence et dans le respect des procédures, ont néanmoins relancé un débat qui dépasse largement la vie privée de deux personnalités publiques. Que se passe-t-il lorsqu’une femme affirme être victime de violences au sein de son couple ? Est-elle crue ? Est-elle protégée ? Vers qui peut-elle se tourner ? Et surtout, quelle réponse la société et les institutions apportent-elles ?
C’est précisément autour de ces questions que s’articulera la campagne des 16 Jours d’activisme 2026.
𝗟𝗮 𝘃𝗶𝗼𝗹𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗳𝗲𝗺𝗺𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗳𝗶𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘂𝗻𝗲 𝗳𝗮𝘁𝗮𝗹𝗶𝘁é
Le message de la campagne est sans ambiguïté : la violence contre les femmes et les filles n’est pas inévitable, pas plus que l’impunité.
Lorsque les survivantes sont crues et protégées, lorsque les institutions répondent efficacement et lorsque les auteurs sont tenus responsables de leurs actes, la justice devient possible.
Le choix du thème invite donc à déplacer le regard. Il ne s’agit plus seulement de parler des violences faites aux femmes, mais de s’intéresser à ce qui se passe après la violence : la survivante a-t-elle accès aux soins ? A un accompagnement psychologique ? A une assistance juridique ? A un lieu sûr ? Peut-elle dénoncer sans craindre des représailles ? Les institutions sont-elles capables de lui apporter une réponse ?
𝗣𝗹𝗮𝗰𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝘀𝘂𝗿𝘃𝗶𝘃𝗮𝗻𝘁𝗲𝘀 𝗮𝘂 𝗰𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗿é𝗽𝗼𝗻𝘀𝗲
L’édition 2026 met l’accent sur une approche centrée sur les survivantes. »Les réponses doivent préserver leur sécurité, leur dignité, leur consentement et leurs choix, avant, pendant et après toute démarche judiciaire », insiste onu femme.
Pour cette campagne, l’accès à la justice ne doit pas se limiter aux procédures judiciaires. Il suppose également que les survivantes puissent bénéficier des services dont elles ont besoin : soins de santé, soutien psychosocial, assistance juridique, hébergement et mesures de protection.
La campagne recommande le respect de leur sécurité, leur dignité, leur consentement et leurs choix avant, pendant et après toute procédure judiciaire.
𝗟𝗮 𝘃𝗶𝗼𝗹𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗻𝘂𝗺é𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗰𝗵𝗮𝗺𝗽 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗷𝘂𝘀𝘁𝗶𝗰𝗲
Le thème des 16 Jours 2026 prend également en compte les violences numériques.
Cette dimension prend une résonance particulière dans les affaires qui deviennent virales sur les réseaux sociaux. La médiatisation peut permettre à une femme de briser le silence et de trouver du soutien. Mais elle peut aussi l’exposer davantage notamment aux commentaires humiliants, à la culpabilisation, aux menaces, à une diffusion incontrôlée de photographies ou d’informations personnelles.
La campagne appelle les gouvernements et les entreprises technologiques à renforcer les mécanismes de signalement et de recours, à retirer rapidement les contenus préjudiciables et à faire évoluer les dispositifs juridiques et institutionnels avec les nouvelles technologies.
L’actualité récente en RDC rappelle à quel point cette question est devenue concrète. Une affaire de violences conjugales peut désormais sortir du cadre familial en quelques heures et devenir un phénomène national sur les réseaux sociaux.
𝗣𝗿é𝘃𝗲𝗻𝗶𝗿 𝗲𝘁 𝗮𝗴𝗶𝗿 𝗮𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗾𝘂’𝗶𝗹 𝗻𝗲 𝘀𝗼𝗶𝘁 𝘁𝗿𝗼𝗽 𝘁𝗮𝗿𝗱
La Campagne 2026 appelle également à investir davantage dans la prévention des violences.
Gouvernements, bailleurs et institutions sont invités à soutenir des programmes fondés sur des données probantes, l’éducation juridique et numérique ainsi que les initiatives qui remettent en question la misogynie, les stéréotypes et les comportements qui banalisent les violences.
ONU Femmes souligne également le rôle essentiel des organisations de défense des droits des femmes et des mouvements féministes, notamment dans l’accompagnement des survivantes, le suivi des systèmes judiciaires et le plaidoyer pour des changements durables.
𝗨𝗻 𝘁𝗵è𝗺𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗱𝗼𝗻𝗻𝗲 𝗱é𝗷à 𝗹𝗲 𝘁𝗼𝗻
Comme chaque année, les 16 Jours d’activisme se dérouleront du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, au 10 décembre, Journée des droits de l’homme.
La campagne n’a pas encore commencé, pourtant le thème donne déjà une orientation claire à la prochaine mobilisation mondiale : il ne suffit plus de dénoncer les violences, il faut garantir une réponse efficace. En RDC comme ailleurs, les débats suscités par des témoignages de femmes victimes ou présumées victimes de violences mettent l’accent sur l’importance de cette réponse.
Le choix du thème 2026 place donc la responsabilité institutionnelle et l’accès à la justice au centre du débat.
Il invite à regarder au-delà des campagnes de sensibilisation pour s’interroger sur ce qui arrive concrètement aux femmes , comme Linda danse, et aux filles qui dénoncent avoir subi une violence : sont-elles protégées ? Sont-elles entendues ? Ont-elles accès aux services dont elles ont besoin ? Les auteurs sont-ils poursuivis et sanctionnés ?
Autant de questions auxquelles les prochaines semaines de mobilisation devront apporter des réponses.
Bibiche MBETE