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Sécurité

Haut-Uele : la Synergie des sociétés civiles de Watsa donne une semaine au gouverneur Bakomito pour agir face à l’insécurité

La Synergie des sociétés civiles du territoire de Watsa hausse le ton face à la dégradation persistante de la situation sécuritaire. Réunie ce jeudi 20 août 2026 en assemblée générale extraordinaire, avec la participation de plusieurs couches de la population, elle accorde un ultimatum d’une semaine au gouverneur du Haut-Uele, Jean Bakomito Gambu, pour venir à Watsa rencontrer la population et apporter des réponses concrètes à ses préoccupations sécuritaires.

À l’issue de cette assemblée, Jean-Pierre Atsidri, porte-parole circonstanciel de la Synergie des sociétés civiles de Watsa, a déclaré dans une interview exclusive accordée à Congo Profond.net que les autorités provinciales disposent désormais d’un délai d’une semaine pour engager un dialogue direct avec la population et prendre des mesures susceptibles de restaurer la paix dans le territoire. « Dans une semaine, nous aurons besoin du gouverneur Jean Bakomito Gambu ou de son équipe pour venir nous faire la paix dans ce territoire, ou pour tabler avec la population », a-t-il fait savoir.

Selon Jean-Pierre Atsidri, cette décision fait suite à plusieurs démarches déjà entreprises par la société civile auprès des autorités, sans réponses jugées satisfaisantes. Il affirme que les acteurs de la société civile ont, à plusieurs reprises, adressé des correspondances, formulé des dénonciations et alerté sur la situation sécuritaire, mais que ces démarches auraient été suivies de peu de réactions. « On a écrit, on a dénoncé, mais il y a toujours eu du silence », déplore-t-il, estimant que la situation ne peut plus rester sans réponse.

La Synergie s’en prend également à la gestion de certains services de sécurité dans le territoire. Les acteurs de la société civile dénoncent la présence prolongée de certains responsables sécuritaires qui, selon eux, ont passé plusieurs années à Watsa sans parvenir à produire des résultats suffisamment visibles en matière de sécurisation de la population. Jean-Pierre Atsidri estime que certains responsables semblent désormais s’être installés durablement dans le territoire, allant jusqu’à les comparer à des « chefs coutumiers ». Il appelle ainsi l’État congolais à prendre ses responsabilités et à procéder aux ajustements nécessaires afin de garantir efficacement la sécurité des personnes et de leurs biens.

L’assemblée générale a réuni plusieurs composantes de la population, notamment des représentants des structures de la société civile, des jeunes, des femmes, des confessions religieuses, des opérateurs économiques et différents leaders communautaires. Les participants ont notamment échangé sur la situation sécuritaire, ses conséquences sur la vie de la population et les réponses attendues des autorités. À travers cette mobilisation, la Synergie entend également renforcer l’unité des forces vives de Watsa autour de la recherche de solutions à la crise sécuritaire.

La Synergie des sociétés civiles fixe donc au jeudi 27 août 2026 l’échéance de son ultimatum. Si, au terme de ce délai, aucune réponse concrète n’est apportée ou si aucune solution satisfaisante n’est trouvée, elle menace de décréter un « incivisme fiscal » sur toute l’étendue du territoire de Watsa. Cette mesure, présentée comme une action de pression citoyenne, vise à contraindre les autorités à prendre des mesures urgentes pour améliorer la sécurité. La Synergie appelle ainsi le gouvernement provincial et les autorités nationales à prendre la mesure de la gravité de la situation et à privilégier le dialogue avec la population avant toute nouvelle escalade de la contestation.

Junior Kasamba / CongoProfond.net