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Actualité

UPN–Ngaliema : Une station-service au cœur du triangle Masikita déjà asphyxié par les embouteillages !

Le croisement des avenues Haut-Congo et Masikita, dans la zone UPN à Ngaliema, est en train de devenir l’un des nouveaux points noirs de la circulation à Kinshasa. À longueur de journée, automobilistes, taxis, motocyclistes et riverains se retrouvent confrontés à des embouteillages qui peuvent transformer un simple passage en véritable parcours du combattant.

C’est dans ce contexte déjà particulièrement tendu qu’une station-service est actuellement en construction sur ce qui s’apparente à un triangle stratégique de circulation. Une implantation qui suscite des interrogations chez les usagers de cette voie, au regard de la configuration actuelle des lieux et de la pression déjà exercée sur le trafic.

La question mérite donc d’être posée publiquement : ce site est-il réellement approprié pour accueillir une station-service, alors que la zone peine déjà à absorber le flux quotidien de véhicules et de motos ?

Un carrefour qui étouffe déjà

Le problème n’est pas nouveau. Le croisement des avenues Haut-Congo et Masikita connaît quotidiennement une forte concentration de véhicules.
Les taxis desservant notamment l’axe de Pompage et Bikela/Marine y stationnent régulièrement, parfois dans des espaces qui ne semblent pas aménagés à cet effet. À cela s’ajoute la présence massive des motocyclistes, communément appelés Wewa, dont certains circulent ou s’arrêtent de manière désordonnée, contribuant davantage à réduire l’espace disponible pour les autres usagers.

Aux heures de pointe comme en dehors de celles-ci, la circulation peut rapidement se retrouver paralysée.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que cet axe joue désormais un rôle important dans la stratégie de déplacement de nombreux automobilistes.

Une voie de délestage face au calvaire de la route de Matadi

Pour de nombreux conducteurs, emprunter les avenues de ce secteur constitue une manière d’éviter, autant que possible, la route de Matadi, devenue l’un des axes les plus congestionnés de Kinshasa.

Des véhicules particuliers utilisent ainsi ces voies secondaires pour contourner les bouchons de la route de Matadi et rejoindre différents quartiers de Ngaliema, Mont-Ngafula ou les zones environnantes.
Autrement dit, le croisement Haut-Congo–Masikita n’est plus un simple carrefour de quartier. Il participe progressivement au fonctionnement du réseau de circulation de cette partie de la capitale.

Toute intervention susceptible de réduire davantage sa capacité de circulation devrait donc être examinée avec une attention particulière.

Une contradiction qui interpelle

La situation apparaît d’autant plus paradoxale que les autorités et les services compétents mènent, dans plusieurs secteurs de Kinshasa, des opérations visant à libérer les emprises publiques, supprimer les constructions anarchiques et améliorer la mobilité urbaine.

Or, alors que certaines constructions sont démolies au nom de la fluidité de la circulation, une nouvelle infrastructure commerciale prend forme sur un espace dont l’importance pour le trafic semble manifeste.

D’où une interrogation légitime : les études de circulation et d’impact nécessaires ont-elles été réalisées avant l’implantation de cette station-service ?
Il ne s’agit pas de contester par principe la construction de stations-service à Kinshasa. La capitale en a besoin, compte tenu de l’augmentation du parc automobile et de l’expansion urbaine.
Mais encore faut-il que leur implantation obéisse à une logique d’aménagement urbain, de sécurité routière et de protection des usagers.

Station-service : au-delà de l’espace occupé, la question de la sécurité

Une station-service ne constitue pas simplement un commerce comme un autre. Son fonctionnement implique l’entrée et la sortie régulières de véhicules, des manœuvres, des files d’attente potentielles, ainsi que la circulation de véhicules de livraison de carburant.
Dans un carrefour déjà saturé, ces mouvements supplémentaires peuvent avoir des conséquences importantes sur la fluidité du trafic.

Il faut également prendre en considération les questions de sécurité incendie, d’accès des véhicules de secours, de visibilité aux intersections, de distances réglementaires et de protection des riverains et des usagers de la route.

Dans un environnement où taxis et motocyclistes occupent déjà une partie de la chaussée ou des espaces de circulation, chaque nouvel obstacle ou mouvement supplémentaire peut rapidement produire un effet domino.

Faut-il suspendre les travaux le temps d’une évaluation ?

Face aux inquiétudes exprimées autour de cette construction, une évaluation technique indépendante du site pourrait permettre de couper court aux spéculations.

Les autorités urbaines et les services compétents pourraient notamment vérifier la conformité du projet aux règles d’urbanisme, les conditions d’accès à la station, son impact prévisible sur le trafic ainsi que les mesures prévues pour éviter une aggravation des embouteillages.

Une telle démarche ne viserait pas nécessairement à empêcher le projet, mais à s’assurer que le développement économique ne se fasse pas au détriment de la mobilité et de la sécurité collective.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET