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Révision constitutionnelle en RDC : L’activiste Fukieno Sala Patrick appelle Félix Tshisekedi à renoncer au référendum

Le débat autour d’une éventuelle modification de la Constitution de la République démocratique du Congo continue de susciter des réactions au sein de la société civile. Dans une note ouverte adressée au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Fukieno Sala Patrick, membre de la société civile, activiste politique et défenseur des droits humains, appelle le chef de l’État à renoncer à la démarche visant à modifier la Constitution.

Une inquiétude face à l’avenir institutionnel du pays

Dans cette correspondance, Fukieno Sala Patrick dit exprimer son inquiétude face à la situation politique actuelle et aux incertitudes que pourrait, selon lui, entraîner un changement de la Constitution.

L’activiste estime que la démarche portée notamment par la famille politique du chef de l’État et l’Union sacrée pour la nation soulève « beaucoup d’interrogations » au sein de la population. Il rappelle que la Constitution constitue, à ses yeux, le socle juridique destiné à garantir l’unité nationale et à organiser le fonctionnement des institutions ainsi que l’exercice de la démocratie.

Pour lui, toute modification de la Loi fondamentale devrait être justifiée par des arguments solides et convaincants, et non répondre aux intérêts d’un groupe ou à une volonté de prolonger l’exercice du pouvoir.

« Ne pas réduire la confiance du peuple »

Fukieno Sala Patrick met également en garde contre les conséquences politiques d’une révision constitutionnelle qui serait perçue comme motivée par des considérations de pouvoir.

Il estime qu’un changement de la Constitution sans justification suffisamment convaincante pourrait contribuer à réduire la confiance de la population envers les institutions et le chef de l’État. L’activiste rappelle ainsi la responsabilité historique qui incombe au président de la République dans les choix engageant l’avenir du pays.

Sa correspondance intervient également dans un contexte où la confiance d’une partie de la population envers les institutions parlementaires est, selon lui, fragilisée par des comportements qu’il qualifie d’abusifs et par des accusations de corruption visant certains élus.

La crainte d’une fragmentation du pays

L’auteur de la note établit par ailleurs un lien entre la question constitutionnelle et la situation sécuritaire que traverse la RDC. Alors qu’une partie du territoire national est affectée par les conflits armés et les rébellions, il estime que le contexte actuel ne serait pas propice à une modification de la Constitution.

Selon lui, une telle démarche pourrait, dans certaines régions, favoriser des revendications d’autonomie ou accentuer les risques de fragmentation du pays, une perspective qu’il affirme rejeter au nom de l’unité nationale.

Cette position est formulée alors que la question de l’intégrité territoriale demeure au cœur des préoccupations politiques et sécuritaires en République démocratique du Congo.

Des éloges au bilan de Tshisekedi

Malgré son opposition à la modification de la Constitution, Fukieno Sala Patrick se montre plutôt élogieux à l’égard du bilan du président Félix Tshisekedi.

Il reconnaît plusieurs réalisations qu’il attribue au chef de l’État et estime que son passage à la tête du pays peut encore permettre de poser des bases solides pour l’avenir de la RDC.

L’activiste cite notamment la stabilisation de l’économie, le renforcement de la sécurité nationale à travers la formation des policiers et des militaires, l’amélioration de l’éducation de base sur l’ensemble du territoire ainsi que la réforme de la justice.

Un appel à la responsabilité présidentielle

En conclusion, Fukieno Sala Patrick demande au président de la République de renoncer à la promulgation de la loi référendaire relative au changement de la Constitution.

Tout en reconnaissant que la Cour constitutionnelle a validé la démarche évoquée dans sa correspondance, il en appelle à la « sagesse » et à la responsabilité constitutionnelle du chef de l’État.

« Je crois en votre sagesse et à la responsabilité que l’article 69 de notre Constitution vous a donnée », écrit-il dans cette note ouverte.

À travers cette prise de position, le membre de la société civile entend ainsi placer le débat sur la réforme constitutionnelle sur le terrain de la préservation de l’unité nationale, de la stabilité institutionnelle et de la confiance entre les dirigeants et la population.

Tchèques Bukasa/CONGOPROFOND.NET