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Prison de Kakwangura : Les matières fécales coulent jusqu’à la mairie de Butembo, le député Jules Mathe exige une intervention urgente
La situation sanitaire autour de la prison centrale de Butembo-Kakwangura, au Nord-Kivu, suscite une vive inquiétude. Le député national Jules Mathe a, ce lundi 10 août 2026, alerté sur le déversement des matières fécales provenant de cet établissement pénitentiaire, qui s’écoulent dans les rigoles en direction des quartiers riverains, jusqu’aux abords de l’hôtel de ville. Une situation qu’il qualifie de « danger permanent » pour la population.
En visite dans cette zone, l’élu du territoire de Beni dit avoir constaté de visu l’ampleur du problème. Selon lui, les conditions sanitaires dans lesquelles vivent les détenus de la prison de Kakwangura, mais également celles imposées aux habitants des environs, sont devenues préoccupantes.
« Tout ce que nous avons constaté n’est pas normal. Les conditions dans lesquelles sont gardés nos frères ne sont pas normales. Même à l’extérieur de la prison de Kakwangura, il y a la matière fécale qui coule dans les rigoles jusque même à la mairie et qui dégage une odeur nauséabonde », a-t-il déploré.

« Les habitants autour de la prison sont aussi des prisonniers »
Pour Jules Mathe, le problème dépasse désormais les seuls murs de la prison. Les habitants des quartiers environnants seraient directement exposés aux nuisances et aux risques sanitaires liés à l’écoulement permanent des eaux usées.
« Ceux qui vivent autour de cette prison sont aussi des prisonniers, les prisonniers de cette odeur », a-t-il lancé, déplorant particulièrement le fait que les nuisances atteignent même les installations de l’administration municipale.
L’élu estime que cette situation pourrait favoriser l’apparition ou la propagation de maladies au sein de la population riveraine. Il appelle ainsi les autorités locales à considérer la gestion des eaux usées autour de Kakwangura comme une urgence sanitaire.
Un appel à des mesures d’urgence
Jules Mathe exhorte les autorités compétentes à ne pas attendre la survenue d’une crise sanitaire pour agir. Il préconise des solutions immédiates permettant de contenir les matières fécales et d’éviter leur écoulement dans les espaces fréquentés par la population.
« Les autorités doivent trouver des solutions à ça, qu’elles laissent d’autres priorités et trouvent une solution palliative à ce problème dans le plus vite possible », a-t-il insisté.
Selon lui, le traitement de cette question devrait désormais figurer parmi les priorités de la ville de Butembo, au regard des risques encourus par les habitants.
Creuser une fosse ou recourir à un camion vidangeur
Face à ce qu’il considère comme un « danger permanent », le député propose notamment de creuser, dans l’immédiat, une fosse aménagée dans un endroit approprié afin d’y recueillir les excréments. Il suggère également le recours à un camion vidangeur pour assurer régulièrement la vidange des fosses septiques et l’évacuation des déchets loin des zones habitées.
Pour Jules Mathe, il s’agit avant tout de protéger la population et de préserver la salubrité publique.
« La santé en dépend et on a besoin de personnes vivantes en ville de Butembo et autour de cette maison de correction, car la seule richesse d’un milieu, c’est sa population », a-t-il souligné.
Plus de 1.440 détenus pour une capacité de 250
À cette crise sanitaire extérieure s’ajoute une autre préoccupation majeure à l’intérieur de la prison de Kakwangura : la surpopulation carcérale.
Construite pour accueillir environ 250 personnes, la maison carcérale compterait actuellement plus de 1.440 pensionnaires, soit plusieurs fois sa capacité théorique. Cette situation accentue la précarité des conditions de détention et complique davantage la gestion sanitaire de l’établissement.
Les détenus dépendraient en grande partie de la solidarité des personnes de bonne volonté ainsi que de l’appui de certaines confessions religieuses pour leur alimentation et d’autres besoins essentiels.
Pour Jules Mathe, la situation de Kakwangura appelle donc une réponse urgente et globale, aussi bien pour améliorer les conditions de détention que pour protéger les milliers de personnes vivant aux alentours de la prison.
Dalmond Ndungo / CONGOPROFOND.NET