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Haut-Uele : Vox Pueri Afrika alerte sur des allégations de discriminations et d’extorsion à Logo-Bagela
Des allégations de discriminations visant des personnes non originaires du territoire, d’extorsion de parcelles, d’amendes jugées exorbitantes et de restrictions liées à l’élevage bovin sont dénoncées dans la chefferie de Logo-Bagela, en territoire de Faradje, dans le Haut-Uele.
Le président national de l’ONG Vox Pueri Afrika, Maître Azangamoke Bakote Didace Emanuel, affirme avoir recueilli plusieurs témoignages lors de sa récente tournée dans cette partie de la province.
Dans une interview exclusive accordée à Congo Profond.net ce samedi 8 août 2026, le responsable de cette organisation dit avoir fait un constat qu’il qualifie d’« amer » au terme d’une mission l’ayant conduit notamment à Aru, dans la province de l’Ituri, en Ouganda ainsi que dans le territoire de Faradje, à proximité de la frontière entre la République démocratique du Congo et le Soudan du Sud.
Selon Maître Azangamoke, plusieurs habitants qui ne seraient pas originaires de Faradje, notamment ceux venus de l’Ituri, se sentiraient particulièrement exposés à des pratiques qu’il qualifie de discriminatoires. Il évoque notamment des arrestations qu’il estime arbitraires, accompagnées, selon lui, d’amendes importantes.
Le président de Vox Pueri Afrika affirme également que, dans certains cas rapportés lors de sa mission, les personnes incapables de payer les sommes exigées verraient leurs produits agricoles emportés. Il dénonce par ailleurs des pratiques qu’il présente comme une forme d’extorsion liée à l’accès ou à la possession de certaines parcelles.
L’élevage bovin au cœur des préoccupations
Autre point soulevé : l’élevage des bovins. Maître Azangamoke affirme que des restrictions seraient imposées aux éleveurs dans la chefferie de Logo-Bagela. Selon son récit, les personnes souhaitant pratiquer l’élevage devraient effectuer des paiements liés à la durée de l’activité et au nombre de bovins détenus.
Il cite également le cas d’amendes qu’il juge « illicites » et « exorbitantes », estimant que ces pratiques, si elles étaient confirmées, pourraient fragiliser les activités économiques des populations concernées et alimenter les tensions communautaires.
Dans ses déclarations, le président national de Vox Pueri Afrika met en cause le chef de localité de Malvoko 2, Atama Muganda, auquel il attribue certaines des pratiques dénoncées. Il évoque également la responsabilité présumée de l’autorité coutumière de la chefferie de Logo-Bagela, dirigée par Sa Majesté Ibrahim Tati.
Appel à l’intervention des autorités
Face à cette situation, Maître Azangamoke sollicite l’intervention du gouverneur du Haut-Uele, Jean Bakomito Gambu, afin que les autorités provinciales s’intéressent à ces allégations et veillent au respect des droits de tous les habitants.
Il appelle également l’administrateur du territoire de Faradje, Emmanuel Madrandele Mandabha, à diligenter les vérifications nécessaires et à prendre les mesures appropriées si les faits dénoncés venaient à être établis.
Le responsable de Vox Pueri Afrika affirme avoir reçu plusieurs doléances lors de sa descente sur le terrain. Il estime que ces plaintes traduisent une demande de la population pour une gouvernance locale plus équitable, particulièrement à l’égard des personnes venues d’autres territoires ou provinces.
Des accusations qui nécessitent des vérifications
Ces déclarations constituent, à ce stade, les allégations et le témoignage du président de Vox Pueri Afrika. Elles ne sauraient être considérées comme des faits définitivement établis sans vérifications indépendantes.
Les autorités administratives et coutumières citées sont invitées à apporter leur version des faits, notamment sur le cadre légal des amendes, la gestion foncière, les conditions d’exercice de l’élevage bovin et les éventuelles mesures prises à l’encontre des personnes concernées.
Au-delà des accusations, cette affaire soulève une question plus large sur la nécessité de préserver la cohabitation pacifique entre les communautés, la sécurité des personnes et des biens ainsi que le respect des règles administratives et coutumières dans la chefferie de Logo-Bagela.
Pour Maître Azangamoke, une clarification de la situation par les autorités compétentes permettrait d’éviter que les tensions dénoncées ne s’enracinent davantage et ne portent atteinte à l’image des institutions publiques dans le territoire de Faradje.
Junior kasamba/Congoprofond.net