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RDC : L’interpellation de Paul Malo Alezebu provoque un tollé, Me Serge Linzabe dénonce une arrestation « arbitraire »
Le jeune leader politique originaire du Sud-Ubangi, Paul Malo Alezebu, connu pour ses prises de position critiques à l’égard du pouvoir en place, a été interpellé dans des circonstances qui suscitent une vive indignation à Kinshasa.
Maître Serge Linzabe, avocat, activiste des droits humains et président du groupe socioculturel Linzabe pour la Mobilisation Culturelle, a dénoncé, ce jeudi 30 juillet 2026, une procédure qu’il qualifie d’« arbitraire » et de « manifestement contraire aux principes élémentaires de l’État de droit ». Il exige, à cet effet, le strict respect des garanties juridictionnelles.

Une arrestation en pleine journée, dans l’opacité
Selon les proches de Paul Malo, celui-ci a été interpellé le mercredi 29 juillet, vers 8 h 30, devant son lieu de travail situé sur l’avenue Province, dans la commune de la Gombe. Il aurait été appréhendé par six hommes armés, qui se seraient présentés comme des agents des services spéciaux, avant d’être conduit vers une destination inconnue.
À ce jour, ni les motifs de son arrestation ni son lieu de détention n’ont été officiellement communiqués par les autorités compétentes.
« Cette interpellation est arbitraire dans la mesure où les faits qui lui sont reprochés n’ont pas été identifiés. Nous sollicitons l’implication des personnes de bonne foi afin qu’il bénéficie d’un traitement équitable, quelle que soit la gravité des faits qui pourraient lui être imputés. Nous vivons dans un pays qui se réclame de l’État de droit », a déclaré Me Serge Linzabe.
Un appel au calme et au respect des garanties judiciaires
L’avocat affirme poursuivre les démarches afin de localiser le jeune leader politique, tout en appelant la population à la sérénité.
« Alors qu’il exerçait à son bureau, mon frère Paul Malo a été emmené vers une destination non élucidée par des agents en mission. Par souci de réserve, je tais certains détails. Toutefois, avec l’aide de Dieu et le concours de toute personne éprise de justice, je m’emploierai à identifier son lieu de détention. Mon vœu est qu’il soit déféré dans les plus brefs délais devant son juge naturel afin de bénéficier d’un procès juste et équitable, conformément à la vision de l’État de droit prônée par le Président de la République, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. J’exhorte la communauté du Sud-Ubangi à garder son calme. Je suis ce dossier avec la plus grande vigilance pour une issue claire et satisfaisante », a-t-il déclaré.
Des zones d’ombre persistent
Les proches de Paul Malo ont également lancé un appel à témoins afin d’éclairer les circonstances de son interpellation. Ils soutiennent que l’opération a été menée par six hommes armés, dont l’un se serait présenté comme agent de l’Agence nationale de renseignements (ANR), une affirmation qui n’a toutefois pas été confirmée de manière indépendante.
« À ce stade, nous ignorons l’identité et la qualité officielle des personnes qui l’ont emmené. Ces individus ont fait preuve d’une brutalité inouïe au moment de son arrestation », affirment-ils.
Une Jeep noire identifiée
Selon Me Serge Linzabe, des témoins disent avoir identifié un véhicule utilisé lors de l’opération.
« Les témoins affirment avoir aperçu une Jeep noire portant la plaque d’immatriculation 4182 AL 01 », a indiqué l’avocat.
Un nouveau test pour l’État de droit
Figure montante de la jeunesse politique du Sud-Ubangi, Paul Malo Alezebu est connu pour ses critiques de la gouvernance et de l’Union sacrée de la Nation. Son interpellation relance le débat sur le respect des libertés fondamentales et des procédures judiciaires en République démocratique du Congo.
Pour Me Serge Linzabe et les proches du jeune leader, l’enjeu est désormais que Paul Malo soit rapidement présenté devant son juge naturel et que toute la lumière soit faite sur les circonstances de son arrestation.
Dans un contexte marqué par de nombreuses dénonciations relatives au respect des droits et libertés, cette affaire apparaît comme un nouveau test de la crédibilité des engagements des autorités en faveur de l’État de droit.
Blaise Abita / CONGOPROFOND.NET