Sécurité
Nyakunde : retrouve son calme : le CTE épargné, les autorités appellent au retour des déplacés
Deux jours après les affrontements qui ont secoué Nyakunde, le calme est progressivement revenu dans cette localité de la chefferie des Andisoma. Les activités reprennent, les habitants qui avaient fui commencent à regagner leurs villages et les autorités locales multiplient les appels à la sérénité.
Les violences, survenues le 15 juillet, ont opposé des combattants de la Force patriotique et intégrationniste du Congo (FPIC) à des hommes armés dont l’identité n’a pas été officiellement établie. Les combats ont coûté la vie à Hérode, présenté comme le chef de la FPIC dans cette partie de l’Ituri, ainsi qu’à six autres personnes.
Pour consolider le retour au calme, une réunion a réuni vendredi les autorités sécuritaires, des représentants de la FPIC et l’autorité coutumière. À son issue, le chef de la chefferie des Andisoma a invité les habitants ayant quitté la zone à rentrer chez eux, estimant que la situation est redevenue maîtrisable.
Cette accalmie intervient dans une entité qui connaissait une relative stabilité depuis l’adhésion de la FPIC au processus de Nairobi.
Présent à Nyakunde, le député provincial Isaac Lebisabo a lui aussi insisté sur la nécessité de préserver les acquis sécuritaires enregistrés ces dernières années dans le territoire d’Irumu. Selon lui, les efforts engagés pour ramener la paix ne doivent pas être remis en cause par de nouveaux actes de violence.
Au cœur des rumeurs ayant circulé après les affrontements figurait le Centre de traitement Ebola (CTE) de Nyakunde. Contrairement aux informations relayées sur les réseaux sociaux, la structure n’a pas été saccagée.
D’après la direction du centre hospitalier, seuls des dégâts superficiels ont été constatés sur une partie de la clôture métallique, notamment à la suite de jets de pierres. Aucun membre du personnel ni aucun patient n’a été blessé.
Selon le médecin directeur, les tensions sont parties du décès d’une femme admise pour un accouchement. Victime d’une hémorragie, elle n’a pas survécu malgré les soins reçus. Le manque de sang disponible au moment de la prise en charge a compliqué la situation. La procédure de sécurisation du corps, appliquée conformément aux mesures sanitaires, aurait ensuite été mal comprise par les proches de la défunte, qui ont cru que ce décès était lié à la maladie à virus Ebola, alimentant ainsi la colère d’une partie de la population.
La panique qui s’est ensuivie a provoqué la fuite de deux patients du Centre de traitement Ebola. L’un est revenu depuis, tandis que l’autre reste introuvable.
Quarante-huit heures après les événements, les activités ont repris normalement au sein de la structure sanitaire. Le centre assure actuellement la prise en charge de quatre cas d’Ebola dont un cas suspect, tandis que les autorités locales poursuivent leurs efforts pour rassurer la population et éviter toute nouvelle flambée de tension.
Verite Johnson/Congoprofond.net