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RDC : Christian Moleka juge mitigé le bilan de l’effort de guerre malgré les 4,5 milliards USD engagés
Le politologue Christian Moleka, président de la Dynamique des politologues de la République démocratique du Congo (RDC), estime que le bilan de l’effort de guerre mené dans l’est du pays reste « mitigé » au regard des importantes ressources financières mobilisées par l’État. Il s’est exprimé le 13 juillet lors d’un Space organisé sur le réseau social X par le journaliste Stanys Bujakera, consacré à l’analyse de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC.
Au cours de son intervention, Christian Moleka a rappelé que la Loi de programmation militaire adoptée en 2022 prévoyait une enveloppe globale de 4,5 milliards de dollars américains pour la période 2022-2025. Selon lui, ces fonds devaient permettre de moderniser les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), de renforcer leurs capacités opérationnelles et d’améliorer leur efficacité dans la lutte contre les groupes armés actifs dans l’est du pays.
Cependant, le politologue estime que les résultats enregistrés sur le terrain ne sont pas à la hauteur des moyens financiers engagés. Il a notamment souligné que depuis la prise de Bunagana en juin 2022 par les rebelles de l’AFC/M23, les FARDC n’ont pas réussi à reprendre durablement l’initiative militaire ni à reconquérir les principales zones passées sous contrôle des rebelles.
Pour Christian Moleka, cette évolution traduit un changement de posture de l’État congolais, passé d’une stratégie de reconquête à une « logique de résistance ». Il considère que cette situation interroge l’efficacité de la gouvernance du secteur de la défense ainsi que l’utilisation des ressources consacrées à l’effort de guerre, alors que les défis sécuritaires persistent dans plusieurs territoires de l’Est.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où la situation sécuritaire demeure préoccupante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, malgré les initiatives diplomatiques et les opérations militaires en cours. Elles relancent le débat sur l’évaluation des investissements réalisés dans le secteur de la défense et sur les stratégies à mettre en œuvre pour restaurer durablement l’autorité de l’État dans les zones affectées par les conflits armés.
Exaucé Kaya