Culture
« Molière l’Africain » : à l’espace Masolo comme au Théâtre des Intrigants, Hortense Mapera impressionne dans double registre scénique
L’ Espace Masolo, un cadre de haute envergure au coeur du quartier Mpasa dans la commune urbano- rural de la Nsele, accuelli la tourné le samedi 11 juillet, un avant-goût de son spectacle « Molière l’Africain » en présentant deux classiques revisités de Molière, Le Mariage forcé et La Jalousie du Barbouillé .Déjà, le vendredi 10 juillet, la Compagnie Tam Tam, a été reçue en carte blanche au Théâtre des Intrigants à Ndjili.
Cette représentation, mise en scène par Jempy Kafuti et portée par la Compagnie Tam Tam de Valentin Kuamba Kuka, a notamment été marquée par la remarquable prestation de la comédienne Hortense Mapera Mwinja, qui a démontré toute l’étendue de son talent.
Dans une salle de l’ Espace Masolo dans la commune aéroportuaire de la Nsele,le public a découvert une adaptation originale des œuvres de Molière, transposées dans un univers africain où les réalités sociales et les rapports conjugaux sont relus à travers les codes culturels locaux.
Au cœur de cette création, Hortense Mapera Mwinja s’est illustrée dans deux rôles diamétralement opposés. D’abord
Au début du spectacle, elle exploite son talent de la conteuse, où elle Catherine (Catho). Après l’introduction c’est dans la piècr Mariage forcé, elle est Alcidas, le grand frère de la fille qui va se marier au viel homme, enfin elle reviens, toujours catho, cette fois ci comme femme de ménage chez La jalousie du barbouillé et très complice de ma patrone qui est en voie d’entretenir une relation amoureuse avec un jeune homme, son époux étant ivrogne et ne lui accordé aucune attention.
Cette polyvalence confirme la richesse artistique d’une comédienne qui, jusqu’ici, était surtout connue du grand public pour son engagement dans la musique traditionnelle.
« Je suis heureuse des rôles qui m’ont été confiés par le metteur en scène. Pour moi, chaque personnage est une manière de transmettre un message à la société. « Molière l’Africain » nous invite à regarder autrement certaines réalités qui traversent notre quotidien », a-t-elle confié à notre rédaction.
Pour le metteur en scène Jempy Kafuti, l’ambition du projet est de faire dialoguer le patrimoine théâtral universel avec les réalités africaines.
« Nous avons voulu proposer un Molière revisité à travers un regard africain. Cette adaptation permet d’interroger nos habitudes, nos traditions et notre perception du couple avec humour et profondeur », explique-t-il.
Aux côtés d’Hortense Mapera, plusieurs comédiens ont pris part à cette création : Diana Landa Bavon, Mukunga Olangi Jacky, Jovitha Songwa, Mfele Kambamba, Wutuwila Diasuekua Princesse, Kabeya Nunga Emanuel et Samba Mukuyi Achille, sous le régisseur Benjamin Kayeye.
L’ensemble de la distribution a offert une prestation saluée par le public dans une scénographie volontairement sobre et intimiste.
Le directeur de la Compagnie Tam Tam, Valentin Kuamba Kuka, n’a pas caché sa satisfaction.
« La réussite de ce spectacle est une véritable source de fierté. Nous invitons le public à renouer avec le théâtre, un art qui éduque, sensibilise et interpelle la société sur ses propres réalités », souligne-t-il.
C’est passage de l’ Institut Français/ Halle de la Gombe au Théâtre des Intrigants de Ndjili voire à l’ Espace Masolo à Nsele, Hortense Mapera, a été hors norme sur la planche, montrant au moment son talent dans l’art scénique, dans un spectacle théâtral, où les mœurs sociétales sont inversement bouleversées. C’est Spectacle théâtral Molière l’ Africain, est appel sur une nouvelle perception de notre société.
Une artiste aux multiples visages
Si le théâtre révèle aujourd’hui une nouvelle facette de son parcours, Hortense Mapera Mwinja est loin d’être une inconnue dans le paysage culturel congolais.
Surnommée « La Mama du Bushi », elle s’est imposée depuis plusieurs années comme une figure de la musique traditionnelle des communautés Bashi et Bahavu du Sud-Kivu. À travers son travail, elle contribue à la sauvegarde et à la transmission des danses traditionnelles de la République démocratique du Congo, notamment auprès des enfants de militaires et de policiers.
« Beaucoup me connaissent comme chanteuse de musique traditionnelle. Aujourd’hui, certains me découvrent dans le théâtre, le conte ou encore le cinéma. Pourtant, la musique et le théâtre ont toujours coexisté dans mon parcours. J’avais simplement choisi de privilégier la promotion de notre patrimoine culturel, en particulier celui du Bushi-Buhavu », explique-t-elle.
Sur scène comme en musique, Hortense Mapera Mwinja poursuit ainsi un même objectif : mettre son talent au service de la culture congolaise et transmettre, à travers l’art, les valeurs et les identités qui fondent la richesse du pays.
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